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- Une mise au point de RUBRESUS | Le Clairon de l'Atax
Une mise au point de RUBRESUS Cité indument par un article de l'Indépendant paru le 19 janvier dernier, l'association Rubresus remet les choses en place dans un communiqué. RUBRESUS AB, dimanche 18/01/2026 19h20 Rec du Veyret, Pont avenue Leclerc, Narbonne Au moment de l’annonce de risque de débordement et d’évacuation quartiers La Mayolle Maraussan L’article paru le 20 janvier 2026 dans L’Indépendant intitulé : « Cette crue permet de rappeler que le Rec de Veyret est bien là » appelle de la part de l’association RUBRESUS les réactions et mises au point suivantes. Nous déplorons que cet article implique l’association RUBRESUS en nous prêtant des prises de position alors que nous n’avons pas été sollicités ni contactés par l’auteur. L’article s’appuie exclusivement sur les propos recueillis auprès de responsables des établissements publics doublés de commentaires personnels. Cet article est plus révélateur d’une mise en scène du rare épisode pluvieux intense au bénéfice d’une promotion partiale du projet SMDA-SMMAR-Grand Narbonne-BRL d’aménagement du rec de Veyret fort controversé par la population et les associations environnementales du territoire que d’une analyse indépendante et bien documentée. Afin de rétablir l’impartialité, l’objectivité, la rigueur de l’information, nous présentons ci-après nos éléments réctifiant l’analyse du phénomène et le contexte plus large du projet controversé d’aménagement du Rec de Veyret qui mériteraient d’être portés à la connaissance des lecteurs. En premier lieu, nous souhaitons corriger deux erreurs : L’erreur la plus grossière de l’article est d’inclure la zone d’activité La Coupe à Narbonne dans l’évaluation des dégâts d’une crue centennale du Rec de Veyret. Le secteur de La Coupe ne fait pas partie du bassin versant de Rec de Veyret mais de celui du ruisseau côtier Saint-Hippolyte qui se jette directement dans l’étang de Bages à proximité de La Nautique dans l’anse de Galère, sans relation donc avec le rec de Veyret. Cette erreur manifeste est d’autant plus regrettable car répétée à l’envi par le SMMAR-SMDA alors que RUBRESUS l’a signalée depuis longtemps, et que la zone La Coupe avec le nombre important d’activités qu’elle accueille représente un secteur majeur d’activités ce qui participerait à sur-gonfler le montant des dégâts évités et pourrait permettre de justifier un montant et une nature des travaux d’aménagements surestimés du projet SMMAR-SMDA-BRL. Le Rec de Veyret ne prend pas sa source à Montredon des Corbières mais se forme en amont dans la plaine d’Aussières, Narbonne, où il est rejoint par les ruisseaux de la Combe d’Enfer et de Fonlaurier. En deuxième lieu, il nous paraît important de compléter l’information des lecteurs, notamment à propos du barrage écrêteur du barrage de Cap de Pla lors de cet épisode pluvieux de près de 200 mm. Le niveau NGF du sol du barrage écrêteur étant de 16 m environ, la cote NGF du niveau d’eau atteint au plus fort de l’épisode le 19 janvier en fin de matinée à 17,5 m NGF indique une hauteur d’eau effective d’à peine 1,50 m dans le barrage. L’indication dans l’article d’une hauteur d’eau de 17,5 m sans autre précision, est susceptible de prêter à confusion et inquiéter ou troubler indûment les lecteurs. D’autre part, d’après la cote maximale de rétention d’eau du barrage de 20,65 m NGF, la marge de remplissage du barrage était encore de 3,15 m. Le barrage n’a été en fait rempli qu’à 25-30% de sa capacité maximale de rétention, ce qui laissait une grande marge de sécurité avant surverse. Pour le niveau de remplissage constaté,le débit du Veyret via le pertuis de vidange du barrage était d’environ 10-12 m3/s alors que le débit admissible au pont de l’avenue Leclerc (Espace de Liberté) est établi par les autorités (DDTM) à 40 m3/s, d’où l’absence constatée de débordement du Rec de Veyret dans sa partie narbonnaise ni de menace avec une bonne marge de sécurité durant l’épisode, contrairement aux annonces et mesures des autorités et élus qui ont instrumentalisé le phénomène. L’article tend à minimiser la crue notamment d’après les propos du directeur du SMDA qui la qualifie d’un niveau ridiculement bas (Q2,1 probabilité sur 2 par an). Or, il apparaît que le phénomène a dépassé cette appréciation notamment au vu de l’analyse des données hydrauliques et des informations relatées dans la presse nationale sur l’ampleur du phénomène qui a affecté plus de la moitié du département de l’Aude ainsi que les départements voisins. Avec près de 200 mm de précipitations durant l’épisode du 17 au 19 janvier 2026, la crue du Rec de Veyret a revêtu un caractère beaucoup plus important que l’article le laisser penser et cela mérite d’être explicité. Si les 100 mm durant les premières 24 h peuvent représenter un phénomène habituel, les autres précipitations de 100 mm durant les 24 h suivantes sur les sols du bassin versant déjà gorgés d’eau accroissent nettement l’intensité du phénomène qui s’approcherait en réalité d’une occurrence au moins trentennale. Il serait également judicieux d’observer que ce phénomène pluvieux d’ampleur a été parfaitement maîtrisé sans aucun aménagement nouveau du projet SMMAR-SMDA-Grand Narbonne-BRL. L’importante capacité naturelle de rétention de l’étang de Montredon/Maïre (« champ d’expansion » rive gauche du Veyret, et non rive droite comme mentionné) évaluée par la DDTM à près de 3 millions de m3 a joué son rôle ainsi que le barrage de Cap de Pla. Les nouveaux aménagements prévus dans le premier projet SMMAR-SMDA-BG étudié depuis le début des années 2000 et inscrit au PAPI 2 en 2016 : barrage écrêteur à Bagatelle sur le ruisseau de Las Tinos, barrage écrêteur à Aussières/Les Gourgues, augmentation de la capacité du pont de l’avenue Leclerc par un ponceau latéral supplémentaire, élargissement du chenal canalisé associés au barrage Cap de Pla existant, apportaient une protection centennale comme validé par les autorités (DDTM, préfecture), SMMAR, SMDA et Conseil Départemental. Ce projet « intelligent » associe une rétention des flux des sous-bassins versants en amont de Narbonne à une augmentation de la capacité d’évacuation des crues en aval. Le projet SMMAR-SMDA-Grand Narbonne – BRL présenté au PAPI 3 (2021) mise tout sur la stratégie de rétention maximale des flux en amont avec le super barrage à Montredon La Plaine qui fait exploser le budget de 10 à plus de 30 millions €, sans augmenter la capacité d’évacuation du pont de l’avenue Leclerc, véritable goulot d’étranglement. Sa validité économique est basée sur le critère coût des travaux / estimation des dégâts évités faussé par les dégâts indûment calculés pour le secteur La Coupe, étranger au bassin versant du Rec de Veyret. Par ailleurs, les audits de la Chambre Régionale des Comptes du SMMAR et de BRL ont révélé divers potentiels conflits d’intérêts concernant les présidents respectifs dont les relations familiales proches ont été mises au jour. RUBRESUS a décortiqué les deux projets d’aménagement du Rec de Veyret du SMMAR- SMDA-BG versus BRL à partir des dossiers complets : le projet BRL est 3 à 4 fois plus coûteux (32 millions €) à cause du pharaonique barrage à Montredon La Plaine et apporte une protection centennale comme le projet BG. D’où la revendication pleinement justifiée de RUBRESUS d’une expertise indépendante des projets. L’intervention impartiale et neutre de la Commission Nationale du Débat Public devrait permettre enfin à la population, aux associations et aux représentants du territoire montredonnais d’être enfin entendus et de trancher sur un projet équitable, protecteur des populations et des biens, respectueux de l’environnement et du patrimoine ainsi que des finances publiques c’est à dire de l’argent des contribuables 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... 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- Le cadmium, une menace à prendre au sérieux | Le Clairon de l'Atax
Le cadmium, une menace à prendre au sérieux En fait, les alertes au Cadmium sont une histoire ancienne. Déjà dans les années 1980, la présence du cadmium et sa toxicité font l’objet de signalements et de reportages télévisés relatifs à la pollution industrielle en Méditerranée ou dans l’estuaire de la Seine. Depuis, les choses ne se sont pas arrangées, car son usage industriel et technologique n’a cessé d’augmenter et donc la pollution qui l’accompagne et ses effets sur la santé. Ce qui est récent et singulier, c’est l’alerte lancée en 2025 par des médecins généralistes qui constatent les effets toxiques de ce métal sur leur patientèle. Agro-industrie (Image par succo de Pixabay) Les emplois du cadmium concernent tous les domaines de notre vie quotidienne On retrouve ce métal lourd et toxique dans de multiples emplois industriels : - Il entre dans la composition des batteries rechargeables (Ni-Cd) - Il sert de revêtement anti-corrosion (par ex : les boites de conserve) - Il entre dans la composition de certains pigments (couleur jaune) - Il est utilisé pour stabiliser les plastiques (PVC) - Il est utilisé sous forme de tellure de cadmium dans certains types de panneaux solaires car employé pour ses propriétés de semi-conducteur et de détecteur de rayonnement - Il entre dans la composition de certains alliages (soudure, fusibles) 2025 : Une alerte relance la question de la toxicité du cadmium Depuis 1993 le cadmium était classé par le -Centre international de recherche sur le cancer- ( CIRC) dépendant de l’OMS (Organisation mondiale de Santé) comme cancérogène certain, mutagène et reprotoxique . En juin 2025 un groupe de médecins libéraux réunis lors de la Conférence nationale des unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux (URPS-ML), a alerté les pouvoirs publics par un courrier adressé au premier ministre et aux ministres concernés. Il pointait l’urgence sanitaire à réagir face à cette pollution qui menaçait particulièrement les enfants. Cette alerte a ensuite été soutenue par d’autres membres du corps médical et par la députée Clémentine Autain qui a demandé, sans succès, la création d’une commission parlementaire ″ad hoc″. Pourtant en mars 2026, l’ Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) vient de confirmer la toxicité du cadmium et la surexposition des Français, notamment en raison de leurs pratiques alimentaires. Selon cette agence publique, 100 % des enfants de 2 à 3 ans dépassent les seuils de sécurité, leur contamination étant causée à 98% par leur mode d’alimentation (céréales et pommes de terre) Malgré la reconnaissance officielle du problème, les mesures tardent à venir, lorsqu’elles ne sont pas simplement écartées. Ainsi la proposition de députés (Autain, Biteau) de réglementer l’usage du Cadmium, (notamment les engrais phosphatés qui contiennent naturellement du cadmium et qui sont largement utilisés dans la culture des céréales) a été rejetée par le gouvernement….Si le dépistage du cadmium par la médecine de ville est désormais remboursé, ce qui ne résout pas le problème, les retards à son traitement, au plan technique et industriel, semblent relever principalement d’enjeux économiques et commerciaux, largement défendus par les lobbies de l’agro-industrie. Alors que faire ? Comment réduire les sources de contamination que constituent : - L’alimentation où le cadmium est présent dans les aliments de base (pain, pâtes, riz, pommes de terre, céréales, chocolat, etc.) - Le tabagisme (exposition par inhalation du tabac) - Les rejets de cadmium dans l’environnement par les activités industrielles Pour l’Anses, il y a urgence, car près de la moitié des adultes français dépasseraient les valeurs toxicologiques de référence. La solution du bio Selon l’Anses l’agriculture bio n’est pas épargnée par la présence de cadmium. Ainsi les roches phosphatées broyées, autorisées comme engrais en agriculture bio, peuvent contenir du cadmium, mais leur emploi serait marginal selon les agriculteurs bio qui préfèrent les engrais organiques, ce que confirme l’INRAE (l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). Le problème c’est la présence préexistante du cadmium, qui imprègne durablement les sols avant leur mise en agriculture bio… Pourtant, selon diverses études, le bio serait relativement moins contaminé que l’alimentation traditionnelle. Une méta-analyse, effectuée en 2014 sur 343 études, conclut que la teneur en cadmium du bio serait en moyenne de 48% inférieure au traditionnel. Selon les chercheurs de l’INRA, ces résultats sont à prendre avec des pincettes, car certains aliments bio peuvent selon leur origine être plus ou moins exposés à la présence de cadmium naturel dans les sols… Pour l’Anses ce sont les produits à base de céréales qui restent les premiers responsables de notre exposition au cadmium. Alors que faire ? Peut être commencer à se souvenir des hésitations et retards de réactions de nos gouvernants lors des prochaines échéances électorales… Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 22/04/2026 Clairon.jfif Clairon.jfif 1/1 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Narbonne sous la chape sécuritaire | Le Clairon de l'Atax
Narbonne sous la chape sécuritaire La municipalité de Narbonne entame la saison estivale 2026 sous le signe d'une surenchère sécuritaire inédite. À travers une batterie d'arrêtés restrictifs ciblant les regroupements, la mendicité ou même les tenues vestimentaires, l'équipe de Bertrand Malquier dessine les contours d'une ville aseptisée. Cette politique d'hygiénisme social repousse la précarité et la jeunesse hors des regards pour transformer l'espace partagé en une simple galerie marchande. Plongée dans les coulisses d'une dérive réglementaire qui sacrifie la convivialité méditerranéenne sur l'autel de l’illusion sécuritaire… Clochard sur banc (Image par Vladvalkonen de Pixabay) Juin 2026 marque le début de la première saison estivale de la nouvelle équipe municipale de Narbonne. Il amène avec lui une vague d'interdictions sans précédent. En l'espace de quelques jours, l'équipe municipale de Bertrand Malquier a déployé un arsenal répressif spectaculaire. Les nouvelles règles pleuvent sans discontinuer sur les administrés. Ces mesures ne sont pas sans rappeler des mesures très symboliques prises à Carcassonne, Béziers ou Perpignan après leur basculement à l’extrême-droite. L'adjointe à la sécurité et ancienne magistrate Sylvie Duez dégaine ainsi l'artillerie lourde du droit administratif. L'argument officiel invoque inlassablement la protection de la tranquillité ou la lutte contre les nuisances. Pourtant, cette surenchère sécuritaire maquille un véritable nettoyage social. Ces arrêtés ne profitent nullement à la ville dans sa diversité. Ils privatisent purement et simplement l'espace partagé pour satisfaire un électorat aisé et souvent âgé et rassurer les commerçants de l'hypercentre. La mairie instaure de fait un délit d'apparence. Radiographie de l'arsenal réglementaire de l'été 2026 Pour mesurer l'ampleur de cette offensive contre l'usage libre de la rue, il faut plonger dans la froideur chirurgicale de ces décisions prises en rafale. La plus significative, et pourtant le moins médiatisée date du 4 juin. Sylvie Duez arrête que désormais du 1er juin au 31 octobre, de midi à minuit, tout regroupement supérieur à trois personnes devient suspect et passible d'une contravention de deuxième classe dans un vaste périmètre de la ville. Le flou de la formulation donne une large latitude à l’agent verbalisateur pour juger si un groupe a sa place ou pas dans l’espace public. Le même jour, l'adjointe dégaine un second couperet réglementaire visant à purger les quais du canal de la Robine et l'hypercentre de toute « occupation abusive » ou de « quête d'argent agressive » de 8h à minuit. Il s’agirait là d’un arrêté anti-mendicité presque banal s’il ne prévoyait pas l'effrayante automatisation d'un signalement au Procureur pour toute personne tendant la main en compagnie d'un enfant. Les peines brandies allant jusqu'à six mois de prison. À cela s'ajoute, dès le 10 juin, la traque hygiéniste des corps indisciplinés, interdisant de déambuler pieds nus ou torse nu sous peine d'amende. Enfin, le 16 juin, le dispositif se referme sur la jeunesse avec l'instauration d'un couvre-feu pour les moins de seize ans non accompagnés, bannis de l'hypercentre de 23h à 5h du matin sous prétexte de ferveur footballistique liée au Mondial. C'est un véritable quadrillage méthodique, une grille de lecture pénale qui s'abat sur le centre-ville. Le cache-misère estival ou la politique du balai La municipalité narbonnaise ne sanctionne plus des actes délictueux déjà réprimés par le code pénal. Elle s'attaque désormais à des situations personnelles et à des modes de vie. Être précaire, avoir un mode de vie attribué à la communauté gitane, paraître désœuvré ou traverser l'adolescence expose immédiatement à la suspicion policière. Un simple regard sur la géographie des arrêtés lève le voile sur les véritables intentions de la mairie. Les places centrales, les berges prisées de la Robine et les grandes artères commerçantes concentrent toute l'attention des forces de l'ordre. Le message politique brille par sa violence symbolique. La misère a le droit de subsister à Narbonne à la stricte condition de rester invisible aux yeux des visiteurs de passage. La relégation spatiale fonctionne alors comme un paravent esthétique. Chasser les populations indésirables, selon la terminologie policière ″hors du périmètre patrimonial″,ne résout aucune crise profonde. Harceler un individu sans abri ou verbaliser des jeunes installés sur un muret, ne fera jamais reculer la grande précarité. Une telle méthode ne compense pas non plus le manque criant d'infrastructures dédiées à la jeunesse locale. La stratégie du balai repousse simplement la poussière sous le tapis des quartiers périphériques. L'exécutif local choisit la cosmétique au détriment du traitement réel des fractures urbaines. L'espace public transformé en galerie marchande L'espace public appartient par définition à l'ensemble de la collectivité. Il incarne le lieu de la gratuité, de la rencontre imprévue et de la mixité sociale. Pourtant, les mesures prises par la mairie de Narbonne piétinent joyeusement ce principe démocratique fondamental. L'arrêté limitant les rassemblements à trois personnes restreint drastiquement la liberté d'occupation des places communes. La rue subit une mutation profonde pour ressembler de plus en plus à un centre commercial à ciel ouvert où seuls les clients disposent d'un droit de cité légitime. Une véritable hiérarchie s'instaure ainsi entre les usagers de la ville. Le consommateur installé à une terrasse de café bénéficie d'une bienveillance absolue de la part des autorités. En revanche, les citoyens désireux d'occuper gratuitement un banc ou un muret à plusieurs, deviennent des perturbateurs potentiels de l'ordre public. La gratuité devient suspecte. Cette vision marchande transforme la déambulation libre en un acte purement utilitaire. La municipalité privatise symboliquement le domaine public au profit exclusif de l'activité économique et de la tranquillité d'une minorité privilégiée. Les libertés individuelles fondamentales s'effacent ainsi devant les exigences du commerce. L'escalade autoritaire et le crépuscule de la convivialité L'implication directe de Sylvie Duez dans la rédaction de ces arrêtés révèle une dérive préoccupante de la gouvernance locale. L'ancienne magistrate utilise son expertise technique pour contourner les protections juridiques ordinaires et verrouiller des décisions hautement liberticides. La technicité du droit sert ici d'armure à une idéologie répressive. En appliquant aveuglément une doctrine sécuritaire, l'exécutif municipal s'enfonce dans une spirale d'interdictions sans fin. Chaque vitre brisée devenant le prétexte pour une nouvelle interdiction qui n’éradiquera jamais la peur qu’elle prétend combattre. Une telle rigueur administrative signe également le déclin de la convivialité typiquement méditerranéenne. Une ville du Sud vit dehors, s'anime tard le soir et s'épanouit dans un désordre parfois bruyant mais ô combien humain. Vouloir imposer un silence absolu, une propreté clinique et une discipline de fer dénature profondément l'identité narbonnaise. Les rues se vident de leur substance populaire pour offrir l'illusion rassurante d'un musée aseptisé. Une municipalité véritablement forte et juste ne gouverne pas par la peur ou par le décret d'exclusion. Elle s'attache plutôt à construire des ponts entre les générations et les classes sociales. En préférant la mise sous cloche policière à la cohésion sociale, l'équipe municipale de Narbonne affaiblit la ville au lieu de la protéger. L'ordre factice ainsi obtenu ne résistera pas longtemps aux réalités d'une société fracturée. Inventer la cohabitation plutôt que l'exclusion Face à cette dérive qui fracture et assombrit la cité, un autre chemin est pourtant possible. Relever le défi de la cohabitation exige de substituer à la matraque administrative, l'intelligence de la médiation sociale. Au lieu de mobiliser des forces de police pour chasser des regards la détresse humaine ou la jeunesse, la municipalité s'honorerait à déployer des médiateurs de nuit et des éducateurs de rue. Ces artisans du lien, non armés, sont les seuls capables de désamorcer les tensions par le dialogue et de recoudre un tissu social déchiré. De même, interdire la rue aux adolescents est un aveu d'impuissance. Il conviendrait plutôt de leur ouvrir la ville en grand par des initiatives nocturnes gratuites, des gymnases accessibles tard le soir et des scènes artistiques ouvertes où leur énergie trouverait à s'exprimer plutôt qu'à s'étouffer. Quant à la grande précarité, elle ne s'effacera pas sous les décrets d'exclusion. C’est avec l’'investissement massif dans le logement d'urgence, l'accompagnement social renforcé et la création de haltes de répit, que l'on soigne la détresse, non en la verbalisant. Enfin, plutôt que de légiférer unilatéralement depuis le confort du Palais des Archevêques, l'exécutif devrait co-construire une véritable ″Charte de la vie nocturne“, associant jeunes, riverains et commerçants. En faisant le pari de la responsabilité collective et de la solidarité, Narbonne trouvera sa grandeur, car une ville forte ne se mesure pas au silence de ses rues pavées, mais à sa capacité à faire de la différence une fête commune. Laurent Fabas pour le Clairon de l’Atax le 20/06/2026 1/0 comments debug Commentaires (3) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 3 notes Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents BURGER Catherine 30 juin Noté 5 étoiles sur 5. Tout est dit et brillamment. En effet on est consterné, révolté à la lecture de cet article et on s'interroge sur l'évolution de cette ville moyenne du sud qui traditionnellement représente une forme de qualité de vie, de douceur et convivialité. J'aime Répondre Nadine Sanchez 25 juin Noté 5 étoiles sur 5. La rieuse Narbonne que je connais prend de nombreuses rides. Comment le sud peut accepter ces modes de vie ? Les jeunes sont notre avenir, chouchoutons les, au lieu de les réprimander. Notre jeunesse est belle pour qui veut l'écouter ! J'aime Répondre Martine Rouch 24 juin Noté 5 étoiles sur 5. Très choquants, en effet, ces arrêtés en rafale... Comme des pets nauséabonds qui viennent empuantir l'atmosphère de Narbonne. Les prémices de la vague brune qui approche ???...🤔 J'aime Répondre
- Nucléaire : la France casse sa tirelire ? | Le Clairon de l'Atax
Nucléaire : la France casse sa tirelire ? Où trouver l'argent pour financer les coûts pharamineux de la relance du nucléaire français ? Image réalisée par Iphigénie Atrides (avec le concours de raphael.app) Le 12 mars dernier, pour la première fois depuis son élection en 2017, le président de la République E. Macron, est allé visiter une centrale nucléaire. Il s’agissait du site EDF de Penly en Seine Maritime, où il est projeté de construire 2 des 6 nouveaux EPR2, prévus dans le cadre du plan de relance du nucléaire qu’il avait annoncé en février 2022. A cette occasion, le président avait convoqué sur place le cinquième conseil de politique nucléaire : à la fois pour célébrer la relance de l’atome, mais aussi pour préciser les modalités de financement des 6 futurs EPR2. Des effets d’annonce à la réalité Le plan de relance du nucléaire annoncé dans l’effervescence de la campagne des présidentielles 2022, devait être selon E. Macron le ″chantier du siècle″ et renforcer la place de l’atome, déjà première source d’électricité en France. Mais le passage du discours aux actes a fait surgir de nombreux problèmes concrets, à commencer par la question du financement de ce plan. Nous avons montré dans notre article du mois de février dernier, intitulé « La décision de relance du nucléaire a-t-elle été suffisamment réfléchie ? » (*) que le coût de construction des 6 premiers EPR2, annoncé à 72,8 milliards €, semblait déjà largement sous-évalué, alors que certains experts estimaient un coût final avoisinant les 250 milliards €… Ce gap phénoménal s’expliquerait à la fois par une sous-évaluation du coût des travaux, par la non prise en compte de certaines procédures et surtout par la difficulté à trouver sur les marchés financiers des conditions de prêts compatibles avec la rentabilité de ces nouveaux équipements. Selon de nombreux experts, les taux d’intérêts demandés, compte tenu des incertitudes liées à ce type de chantier, seraient trop élevés et donc le montant des remboursements trop important, pour parvenir à un prix de vente de l’électricité produite compatible avec les prix du marché. Dans une telle situation, il ne resterait alors que 2 solutions : renoncer au plan de relance, ce qui est ″macroniquement impossible″ ou apporter un soutien financier de l’Etat, (par ailleurs réputé fortement endetté), au maître d’ouvrage EDF, lui-même endetté à hauteur de 51,5 milliards € fin 2025 (**). Mais un tel soutien, risquerait de contrevenir aux règles de libéralisation du marché de l’énergie, édictées par l’Union Européenne. La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) tire-lire des citoyens et vache à lait de l’Etat ? Cela faisait un an que le président Macron évoquait la possibilité de recourir, pour financer les 6 futurs EPR2, au Fonds d’Epargne de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) qui est un établissement public, . Le 10 mars dernier, lors de son discours d’ouverture du Sommet mondial sur le nucléaire civil qui réunissait à Billancourt une quarantaine de dirigeants mondiaux, politiques et financiers, il s’est adressé au public sur le mode « comediante ! tragediante ! » qu’il semble affectionner : « J’appelle chaque acteur public et privé à prendre sa part » (ndlr : dans le financement des nouveaux projets du plan de relance) « Nous devrions nous réveiller pour que les banques et les assurances aillent plus vers le nucléaire ». Encore faut-il que les projets soient crédibles ! Il est vrai que le contexte mondial actuel, notamment la situation de guerre au Moyen-Orient, met en lumière la fragilité des approvisionnements en pétrole et en gaz et joue en faveur du nucléaire. Déjà des institutions financières comme la Banque Mondiale avaient établi en juin 2025 un partenariat avec l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) pour soutenir l’utilisation responsable d‘une énergie sûre et sécurisée dans les pays en développement. De son côté la BEI (Banque Européenne d’Investissement) a accordé en mars 2025 un prêt de 400 millions € sur 25 ans au groupe français ORANO, dans le cadre de ses activités d’enrichissement d’uranium. De son côté l’Union Européenne a toujours financé le nucléaire dans le cadre du traité Euratom signé en 1957. Pour l’avenir, la Commission européenne estime le besoin de financement du nucléaire à 241 milliards € : quelle serait la part du gâteau pour la France et pour financer quoi ? Malgré ce climat qui semble favorable au foncement d’un « nouveau nucléaire », le plan de relance français a besoin de certitudes, quant à la capacité des projets d’EDF à le réaliser dans les délais annoncés et dans des conditions techniquement satisfaisantes et financièrement équilibrées, ce qui n'est actuellement pas le cas. Alors pourquoi ne pas mobiliser les fonds d’épargne de la CDC ? Compte tenu de son statut d’établissement public, c’est une source de financement qui ne pourra rien refuser au gouvernement, même lorsque les investisseurs traditionnels font la fine bouche. La CDC gère une partie de l’épargne règlementée des Françaises et des Français. Celle-ci est centralisée dans un Fonds d’Epargne qui gère 59,5% des dépôts sur les livrets A, LEP (Livret d’Épargne Populaire) et LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire). L’encours s’élève en mars 2026 entre 400 et 415 milliards €. Cette épargne est transformée en prêts à long terme, actuellement destinés pour la plus grande partie d’entre eux : - Environ 75 % au logement social et à la politique de la ville - Environ 25 % à des projets d’intérêt général ou à la transition écologique et énergétique Les conditions d’emploi du Fonds d’Epargne de la CDC pour le financement du nucléaire restent floues C’est par un communiqué de l’Elysée, concomitant au Vème conseil de politique nucléaire tenu à Penly le 13 mars dernier, que l’annonce de l’emploi du Fonds d’Epargne de la CDC a été faite. Il s’agirait d’utiliser cette ressource pour octroyer des prêts bonifiés de longue durée afin d'atténuer le coût du financement des 6 EPR2 et de ramener ainsi le prix de vente de l’électricité produite à un niveau compatible à celui du marché. Le communiqué indique que ces prêts bonifiés pourraient financer jusqu’à 60% du montant total de l’opération, mais rien n’est dit sur le taux d’intérêt qui leur serait appliqué. Selon diverses estimations, à prendre avec prudence, cette mesure impliquerait un prélèvement sur le Fonds d’Epargne de 3 à 4 milliards € /an pendant une quinzaine d’années. L’épargne règlementée : une source de financement du nucléaire soumise à diverses contraintes Il faut tout d’abord que la Commission européenne autorise cette aide qui tend à contrevenir au principe de la libéralisation du marché de l’énergie. Il faut ensuite disposer de garanties plus sérieuses quant à la bonne fin du plan de relance, que le flou sur les coûts de ce plan (non arrêtés), sur les délais de réalisation des EPR2 (Cf : le précédent des retards des EPR Flamanville, Hinckley Point, Olkiluoto), sur les arbitrages politiques incertains (prolongation du parc existant, réacteurs de 4ème génération, etc.), pour engager des financements garantis par l’Etat. La politique française en matière d’énergie nucléaire nécessite de la stabilité, de la continuité et de la détermination dans les choix engagés. Dans la confusion politique qui règne actuellement, ces conditions ne sont pas réunies. La relance du nucléaire en février 2022 apparait de plus en plus comme un effet d’annonce, sans préparation sérieuse, que la gouvernance actuelle essaye de faire coller à la réalité par toutes sortes d’expédients, dont le recours au Fond d’Epargne de la CDC. Pourtant d’autres emplois de cette ressource semblent plus urgents et indispensables, particulièrement dans le secteur du logement actuellement en crise grave, conformément aux missions traditionnelles du Fonds d’Epargne de la CDC. Curly Mac Toole et Hubert Reys pour le Clairon de l’atx le 18/03/2026 (*) https://4246442.wixsite.com/le-clairon/a-la-une/la-d%C3%A9cision-de-relance-du-nucl%C3%A9aire-a-t-elle-%C3%A9t%C3%A9-suffisamment-r%C3%A9fl%C3%A9chie-%3F (**) À la fin 2025, la dette financière nette d’EDF s’élève à environ 50,5 milliards d’euros, selon les rapports les plus récents de la Cour des comptes . Mais le besoin d’investissement est estimé pour la période 2025 à 2040 à environ 460 milliards € à la fois pour les travaux de prolongation du parc nucléaire existant et pour le plan de relance d’E. Macron. 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Rec de Veyret, les angles morts d’un débat public | Le Clairon de l'Atax
Rec de Veyret, les angles morts d’un débat public Comment se fabrique une décision publique à 30 millions d’euros ? Lors de la réunion publique de présynthèse sur l’aménagement du Rec de Veyret (destiné à protéger Narbonne et Montredon-des-Corbières des inondations), ce qui devait être un point d’étape du débat public sous l'égide de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) s’est rapidement transformé en un bras de fer démocratique. Derrière les cartes et les modélisations hydrologiques, la réunion a mis en lumière la mécanique complexe de la légitimité de l’expertise. Décryptage d’une concertation sous tension, pour s’exercer à lire entre les lignes du discours public. Participation citoyenne au débat public (Image par Hello Cdd20 de Pixabay) I. La controverse des chiffres Dans tout grand projet d'aménagement, la première étape pour légitimer une dépense massive consiste à qualifier l'ampleur de la menace. L'inaction doit apparaître comme inenvisageable, voire irresponsable. Le SMDA (Syndicat Mixte d’Études du Delta de l’Aude) a adopté cette posture, pour justifier la création d’ouvrages écrêteurs (des barrages secs) en amont. Les chiffres avancés en réunion sont implacables. 8 500 personnes seraient menacées, ainsi que 200 entreprises, pour un total de dégâts potentiels estimé à 58 millions d'euros. Face à un tel bilan théorique, l'investissement de 30 millions d'euros pour les travaux se justifie sur le plan économique et sécuritaire. Cependant, face à la tribune, les riverains et associations locales font de la résistance par les chiffres. Ils ont fouillé dans les documents publiés et pointent des incohérences majeures. Des études précédentes sur le même secteur et financées par la même institution n’évaluaient la population menacée qu'à environ 2 000 personnes. Pour appuyer leur propos, ils égrainent avec précision un grand nombre d’incohérences et d’erreurs manifestes, montrant une connaissance extrêmement précise des dossiers. Pour certains participants, l'équation est simple, le SMDA aurait artificiellement "gonflé" la vulnérabilité de la zone. Pourquoi ? Pour s'assurer que le ratio "coût/bénéfice" du projet soit suffisamment rentable sur le papier pour obtenir les indispensables subventions de l'État. S'exercer à réfléchir / L'asymétrie de l'information Comment un citoyen peut-il s'assurer de l'objectivité des statistiques présentées lors d'une réunion publique ? Lorsque les institutions commandent les études, produisent les données et en maîtrisent le calendrier de publication, elles disposent d'un monopole de l'information. La question démocratique qui se pose est celle du "tiers de confiance". Sur quelles données neutres et incontestables le public et les décideurs peuvent-ils s'accorder avant même de commencer à débattre des solutions ? II. Le débat technique Une fois le risque défini, vient le choix de la solution. Et c'est là que le rapport à "l'expertise" se fragilise de manière spectaculaire. Le public, soucieux de préserver les terres agricoles et le paysage vallonné de Montredon-des-Corbières, pousse pour une alternative : plutôt que de bloquer l'eau en amont avec de gigantesques digues, pourquoi ne pas recalibrer, élargir et curer les canaux en aval pour évacuer l'eau plus vite vers la mer ? Il ne faut pas y voir l'opposition classique du bon sens paysan face à l'ingénierie lourde. La question est sérieuse, il y a des arguments techniques en faveur des deux options, et le bon sens hésite . Par exemple, pour disqualifier l'option du recalibrage aval, un élu utilise l'appel au bon sens. Son argumentaire est d’apparence technique. Il soutient que creuser et élargir les cours d'eau augmenterait la vitesse du courant et drainerait les nappes phréatiques, asséchant les sols en été. Pour lui, l'argument de la protection des ressources en eau, très sensible actuellement, clôt le débat. Il s’en va de la salle d’ailleurs juste après. Pourtant, un détail vient fissurer ce discours d'autorité. En préambule de sa démonstration, l'élu lâche une phrase lourde de sens : « Je n'ai pas lu le dossier ». Cet aveu transforme radicalement la nature de son intervention. L'argument de l'assèchement des nappes n'est plus le résultat d'une étude d'impact précise et localisée sur le sol du Rec de Veyret. Il devient une généralité scientifique, un concept théorique global appliqué "à l'aveugle" pour justifier la doctrine du SMDA et écarter la suggestion des riverains. Un aménageur prend les récentes inondations de janvier comme preuve du besoin de protection. Mais il se trompe de cours d’eau et prend comme exemple un affluent auquel le projet du SMDA ne prévoit d’apporter aucune protection. S'exercer à réfléchir / Déconstruire l'argument d'autorité Dans un débat public, la technique est souvent utilisée par les institutions comme un bouclier pour clore la discussion politique. Comment déceler la différence entre une véritable expertise (sourcée, localisée, chiffrée) et un "prêt-à-penser" généraliste ? Lorsqu'un décideur admet ne pas connaître les spécificités d'un dossier tout en usant d'un vocabulaire scientifique pour donner tort aux citoyens, n'assiste-t-on pas à un détournement de la légitimité de la science à des fins de persuasion politique ? III. La gouvernance et le soupçon de conflit d’intérêts Si le débat technique a cristallisé les oppositions, c'est sur le terrain de la gouvernance que la réunion a révélé sa fracture la plus profonde. Au cœur de la cible citoyenne gisait le rôle du cabinet d'ingénierie BRLi, prestataire privé omniprésent dans ce dossier. Pour plusieurs intervenants dans le public, le péché originel du projet réside dans un mélange des genres. BRLi est perçu comme "juge et partie". Le cabinet aurait conçu la solution technique (les ouvrages écrêteurs), réalisé les études censées en démontrer la pertinence, tout en étant pressenti pour en assurer la maîtrise d'œuvre. Pire, c'est ce même prestataire qui est chargé d'animer la présente concertation, pour un budget annoncé de 178 000 euros. Face à cette omniprésence, les citoyens réclament une contre-expertise totalement indépendante et, surtout, exigent une transparence financière totale. Ils demandent à consulter les factures détaillées de BRLi pour comprendre comment l'argent public est dépensé. La réponse de l'administration est strictement procédurale. BRLi a été sélectionné dans le cadre rigoureux des marchés publics, après une mise en concurrence validée par une Commission d'Appel d'Offres (CAO) composée d'élus. En somme, la loi a été respectée, la procédure est irréprochable, il n'y a donc pas de sujet. La suspicion autour de l'omniprésence du cabinet BRLi soulève un problème plus vaste que le seul cas narbonnais. Les syndicats mixtes locaux n'ont aujourd'hui plus les ressources humaines, ni l'ingénierie interne en très haute technicité pour concevoir seuls de tels projets. Ils sont structurellement dépendants de grands bureaux d'études privés, via des contrats d'Assistance à Maîtrise d'Ouvrage (AMO). Justifier de la légalité de la procédure ne répond pas à l’enjeu. Le problème est que l'État et les collectivités aient perdu leur souveraineté technique. Dès lors, aucun argument légal ne peut apporter aux citoyens la garantie que leurs représentants ne se sont pas faits « rouler » par le prestataire privé. S'exercer à réfléchir / Légalité contre légitimité Le respect scrupuleux d'une procédure administrative garantit-il la confiance démocratique ? L'administration a tendance à confondre la "légalité" (le respect du code des marchés publics) avec la "légitimité" (l'assentiment et la confiance des citoyens). Le fait qu'un contrat soit légal n'efface pas, aux yeux du public, le risque de biais lorsqu'un même acteur privé conseille l'élu, évalue le risque et chiffre la solution. L'exigence citoyenne d'une contre-expertise indépendante n'est-elle pas, au fond, une simple mesure d'hygiène démocratique ? IV. La réaction politique Lorsque la question financière devient insistante, la réunion bascule. Face à la demande réitérée d'accès aux factures et aux doutes sur l'indépendance de BRLi, le pouvoir politique change de posture. Il n'oppose plus d'arguments techniques, ni même juridiques, mais opte pour le recadrage autoritaire. Le Président du SMDA, Xavier Bélart, prend la parole pour clore ce chapitre. Il déclare ressentir ces questions comme des attaques personnelles, affirmant que les citoyens remettent en cause « son honnêteté et son intégrité ». Joignant le geste à la parole, il avertit solennellement les intervenants qu'ils s'engagent sur « un terrain glissant » en insinuant l'existence de conflits d'intérêts. En effet, il est fait mention d’un rapport de la Cour régionale des comptes relevant une situation potentiellement génératrice de conflits d’intérêt entre le SMMAR (Syndicat Mixte des Milieux Aquatique et des Rivières) qui apporte un appui technique au SMDA, et BRLi à l’époque précise où BRLi a été choisi. Cette réaction est un cas d'école de communication politique. En transformant une question d'ordre public (comment l'argent des contribuables est-il dépensé et contrôlé ? ) en une offense personnelle (vous m'accusez d'être malhonnête ), l'élu déplace le débat. La demande légitime de redevabilité ("accountability") est soudainement disqualifiée et assimilée à de la diffamation. La menace du "terrain glissant" agit alors comme un puissant inhibiteur pour faire taire la salle. S'exercer à réfléchir / La personnalisation comme arme de dissuasion Pourquoi la demande d'accès à des documents financiers publics (des factures) déclenche-t-elle si souvent une réaction épidermique chez les élus ? En personnalisant le débat, le décideur public esquive l'obligation légale de justifier ses choix institutionnels. Un citoyen qui demande des comptes attaque-t-il vraiment l'homme, ou cherche-t-il simplement à exercer ses droits de citoyen ? La vitalité d'une démocratie locale ne se mesure-t-elle pas, justement, à la capacité de ses dirigeants à fournir ces preuves sans se sentir personnellement outragés ? En conclusion La réunion de concertation sur le Rec de Veyret restera comme un condensé des impasses de la décision publique contemporaine. Ce qui devait être un moment de co-construction a surtout révélé un dialogue de sourds. D'un côté, une institution (le SMDA) qui s'appuie sur des chiffres dramatisés, une expertise théorique et le strict formalisme juridique pour imposer un projet qu'elle présente comme vital. De l'autre, des citoyens toujours mieux informés et même parfois plus pointus et compétents que les reliquats de l’ingénierie publique, qui refusent l'argument d'autorité, pointent les incohérences techniques et exigent une transparence que le pouvoir vit comme une insulte. Dans ce genre de dialogue difficile, le rôle de la CNDP est crucial car elle grave dans le marbre d’un rapport officiel et indépendant les questions des citoyens. Le porteur de projet ne peut alors plus se contenter de l’argument d’autorité pour balayer les questions, il est contraint de démontrer ce qu’il avance. Derrière la question technique des inondations, le fonctionnement de notre démocratie locale qui est mis à nu. Le "terrain glissant" évoqué par le Président du SMDA n'est peut-être pas celui de la diffamation citoyenne, mais plutôt celui d'un système politique qui peine encore à accepter que l'accès à l'information et le droit de douter ne sont pas des freins à l'action publique, mais ses conditions de légitimité. Laurent Fabas pour le Clairon de l'Atax le 22 / 07 / 2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Vers un recul de la règlementation protégeant la santé humaine et animale | Le Clairon de l'Atax
Vers un recul de la règlementation protégeant la santé humaine et animale Après la France qui a réduit les capacités d’action de l’ANSES, autorité initialement indépendante chargée de contrôler la toxicité des produits et d’autoriser leur mise en vente c’est au tour de l’union Européenne de revenir sur des règlementations de protection de la santé humaine et animale pourtant âprement acquises. Photo CQDE.org C’est dans une grande discrétion que la Commission européenne s’apprête à faire voter une loi dénommée « Omnibus » (sic,) qui consacre un retour en arrière de la règlementation et qui détricote certaines dispositions du Pacte Vert européen. Le Pacte Vert européen Le Pacte Vert européen, aussi appelé European Green Deal, est un plan d'action de l'Union européenne lancé en 2019. Son objectif est de faire de l'Europe le premier continent climatiquement neutre d'ici 2050. Il s’agit de mettre en œuvre un programme multisectoriel de transformation écologique et économique à l’échelle de l’Europe, pour limiter les effets du changement climatique tout en améliorant la qualité de vie dans le cadre d’un développement durable. Il vise à articuler la préservation des ressources naturelles avec la croissance économique dans le respect de la justice sociale. De nombreux domaines sont concernés par le Pacte Vert : l'énergie, les transports, l'agriculture, les bâtiments, l'industrie, la protection de la diversité…Il implique notamment l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix électrique, la réduction de l’emploi des pesticides, la promotion de l’agriculture Bio et la transition vers une économie circulaire. Les mesures règlementaires en application du pacte vert ont rencontré une forte opposition de la part de divers groupes d’intérêts qui rassemblent des grandes entreprises, des lobbys industriels, des fédérations professionnelles (Ainsi, notamment, les industries pétrolières et gazières, qui s’opposent à l’objectif de réduction de 55% des émissions de GES d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990). Ces groupes d’intérêt ont fait pression sur la Commission européenne afin de limiter les effets du Pacte sur le fonctionnement de leurs entreprises et c’est dans ce contexte que la Commission a préparé le projet de loi intitulé « Omnibus » qu’elle a présenté officiellement le 25 février 2025. Le projet de loi Omnibus : ses effets La proposition de loi « Omnibus », après avoir été examinée par la commission des affaires juridiques du Parlement européen, a été votée le 13 novembre 2025 après un premier rejet par une majorité comprenant notamment la droite et l’extrême droite... Au prétexte de simplification de procédure portant atteinte au fonctionnement et à la compétitivité des entreprises, les mesures de la directive « Omnibus » constituent une régression grave portant atteinte à la lutte contre le changement climatique et à la préservation de l’environnement. Leurs principaux effets : Les obligations des entreprises en matière de devoir de vigilance et de transparence environnementale sont assouplies et ne sont plus applicable qu’aux très grandes entreprises de plus de 5000 salariés et 1,5 Mds € de chiffre d’affaire L’obligation pour les entreprise d’établir des plans de transition climatique contraignants d’ici 2050 est supprimée, affaiblissant ainsi les effets du Pacte Vert européen Le régime de responsabilité civile européen est supprimé ce qui limite les recours des victimes d’atteintes aux droits humains et environnementaux et les renvoient aux seuls cadres nationaux. La limitation de l’obligation de reporting de durabilité défini par la directive européenne CSRD pour les entreprises moyennes. Il s(agit pour les entreprisesde publier des informations détaillées sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (1) La limitation des demandes d’information des entreprises à leurs partenaires commerciaux à des cas ″strictement nécessaires et raisonnables″ ! L’interdiction aux Etats membres d’avoir des exigences plus strictes (2) que celles de la directive Omnibus. Cette directive a suscité beaucoup de critiques émanant d’ONG et d’associations écologistes ainsi que de parlementaires européens écolos ou ″de gauche″ tandis que les lobbys, la droite et l’extrême droite y voient surtout un assouplissement des charges qui pèsent sur les entreprises. La France avait déjà préalablement intégré les mesures du projet de loi Omnibus via la loi DDADUE d’avril 2025… Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 19 novembre 2025 (1)Le reporting de durabilité des entreprises, encadré par la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), est une obligation pour les entreprises de publier des informations détaillées sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Ce reporting vise à améliorer la transparence sur la performance globale des entreprises en matière de durabilité. (2) C’est-à-dire des exigences qui se rapprocheraient des mesures initiales qui accompagnaient le Plan Vert 1/0 comments debug Commentaires (4) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents hubert reys Admin 30 nov. 2025 Moi y en a content beaucoup appris de boula matari, la magie de l'homme blanc est plus forte que sa moutarde J'aime Répondre Vincent Witz 28 nov. 2025 Noté 5 étoiles sur 5. oh oui trop top J'aime Répondre Vincent Witz 28 nov. 2025 Noté 5 étoiles sur 5. Superbe de clareté et factuel! Merci de nous ouvrir les yeux😍 J'aime Répondre Vincent Witz 28 nov. 2025 En réponse à Vincent Witz c'est bien aimable 😘 J'aime Répondre
- Narbonne, inventer les filières de demain | Le Clairon de l'Atax
Narbonne, inventer les filières de demain Quel avenir économique pour Narbonne ? Narbonne le centre (image Pixabay) Le temps est aux municipales, à Narbonne comme ailleurs. Dans le brouillard grisâtre des promesses convenues qui émanent des diverses candidatures partisanes, il nous semble que les propositions de Laurent Fabas, candidat de la liste « Nous sommes Narbonne, démocratique et populaire », tranchent par la qualité du diagnostic posé sur l’économie narbonnaise, le sérieux et la fiabilité des propositions argumentées faites aux Narbonnais. La rédaction du Clairon Narbonne est une énigme pour qui se contente de regarder les cartes postales ou les rapports de l'INSEE. D’un côté, notre attractivité ne se dément pas. De nouveaux habitants arrivent chaque année, le soleil attire les capitaux, et nos infrastructures de transport nous placent théoriquement au centre de gravité du Sud de la France. De l’autre, la réalité sociale grince. Le taux de pauvreté stagne autour de 20%. Le centre-ville lutte pour sa survie commerciale. La jeunesse diplômée s’exile faute de perspectives. L’attractivité n’est pas un projet politique, il s’agit d’un flux. Narbonne ne sait pas la canaliser. Son économie est une passoire. La valeur ajoutée est captée par des réseaux de rente locaux puis immédiatement évacuée vers l'extérieur. L’économie de la passoire L’économie narbonnaise repose sur un socle de transferts sociaux et de revenus de subsistance qui masque l’absence d’appareil productif propre. La prolifération des services de proximité, des enseignes de restauration rapide et des commerces de confort ne constitue pas un développement, mais une simple redistribution circulaire de richesses exogènes. Les pensions de retraite, les dépenses des touristes, les prestations sociales et les salaires de la fonction publique forment l’essentiel du carburant local. Cet argent circule brièvement entre le résident et le boutiquier avant de quitter définitivement le territoire pour rejoindre les centrales d’achat des grands distributeurs, les sièges sociaux des franchises nationales, ou le compte en banque lointain d’un propriétaire. Dans ce schéma, il y a des gagnants. Les banques, les études notariales et les conseils juridiques ont opéré une mutation stratégique vers la gestion de la rente foncière suite à l’affaiblissement du moteur viticole. Le sol agricole est transformé en actif immobilier. Le Plan Local d'Urbanisme ne sert plus ici une vision de la cité, mais fait office de mécanisme de création de valeur artificielle. L'acte administratif qui rend une parcelle constructible génère une plus-value immédiate, captée par un cercle restreint de promoteurs et d'intermédiaires, avocats et agents immobiliers. Si ces profils sont surreprésentés dans le paysage politique local, c’est parce que cette alliance entre la décision publique et les professions libérales du foncier constitue le véritable projet politique du territoire. L’étalement urbain, présenté comme une réponse à l’attractivité, représente en réalité une subvention déguisée à l'économie de la rente. La collectivité engage ses finances dans l'entretien futur de réseaux et d'équipements pour des lotissements qui ne produiront jamais aucune richesse autre que celle, unique, de leur transaction initiale. Ce modèle de développement par la pierre fige les capitaux locaux dans des actifs improductifs au lieu de les orienter vers la création d’emplois. Les prix de l’immobilier augmentent, les salaires stagnent. Les inégalités explosent. Les jeunes générations sont étouffées. Le secteur touristique illustre parfaitement cette industrie de l’extraction. Les volumes de fréquentation sont impressionnants, alors que le multiplicateur économique local demeure dérisoire. Narbonne offre son cadre de vie et assume la charge des externalités négatives comme l’usure des réseaux, la congestion de la circulation, la gestion des déchets ou les services de sécurité. La valeur ajoutée réelle s’échappe vers des plateformes de réservation américaines et des groupes hôteliers financiarisés. La ville s'appauvrit en réalité à mesure qu’elle reçoit, faute d’outils capables de sédimenter la marge sur son propre sol. Cette dépossession économique se double d'une érosion préoccupante de la compétence technique au sein même de nos institutions. Narbonne est devenue une ville-coquille qui a progressivement délégué sa capacité de penser et de concevoir. Le recours systématique à l’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage pour chaque étude stratégique, chaque grand projet urbain ou chaque réflexion sur les flux, signe un abandon de souveraineté locale. L’Agglomération ou la ville achète à prix d’or une intelligence standardisée auprès de cabinets de conseil lointains qui dupliquent des solutions hors-sols. Cette perte d’ingénierie interne empêche la constitution d’une mémoire administrative et d’une vision technique autonome. Elle place la puissance publique en position de faiblesse structurelle face aux grands concessionnaires de services urbains. Faute de cadres capables de contester les modèles économiques imposés par les géants de l’eau, des déchets ou de l’énergie, la collectivité subit des contrats qui assèchent ses marges de manœuvre. Parallèlement, le territoire exporte ses propres diplômés, faute de structures de haute technicité capables de les absorber. Ce déficit commercial de l’intelligence est sans doute la fuite la plus grave pour l’avenir de la cité. Le constat d'une ville qui se vide de sa substance sous un vernis de croissance démographique impose une remise en question totale de nos outils de gestion. Narbonne ne peut plus se permettre d'être l'hôte passif de flux qui l'appauvrissent. La sortie de l'économie de la passoire exige de briser le cercle de la rente immobilière et de reprendre en main les leviers de l'ingénierie et du droit. Construire une économie circulaire locale Vouloir conserver la valeur sur un territoire n’a rien d’un concept novateur. Il nécessite la création de nouveaux organes économiques, capables d'occuper les espaces délaissés par un marché local prisonnier de ses habitudes. Le premier outil de la collectivité est la commande publique. Il faut commencer par la penser différemment. Elle ne doit plus être une simple dépense de fonctionnement, mais un acte d'investissement dans notre propre souveraineté. Le droit de la commande publique regorge d’outils inexploités pour devenir un levier de structuration industrielle. La clause carbone est la plus connue, elle permet par exemple de sélectionner des entreprises de proximité. Mais il existe aussi des réglages plus subtils, comme le choix d’une taille de marché correspondant aux acteurs locaux. Ce genre de pratiques permet, pour commencer, de ne pas les exclure au profit de grands groupes nationaux. Il est également possible, sous conditions, de réserver certains marchés à des structures de l’économie sociale et solidaire. La Société Coopérative d’Intérêt Collectif représente à cet égard le véhicule juridique le plus abouti, car elle permet d’associer au capital la collectivité les producteurs les salariés et les usagers. Ces structures peuvent capter l'abondance des appels à projets et des financements de l’Europe, de l'État ou de la Région qu'une administration classique ne saurait saisir avec la même réactivité. L’ingénierie réside ici dans la rédaction des statuts qui doivent intégrer des principes de ″sourcing local″ et surtout l'acceptation préférentielle du Cers qui est notre monnaie locale. Ce verrouillage statutaire crée un automate du circuit court qui rend inutile toute intervention politique ultérieure pour garantir le localisme de l'action. Une fois la structure lancée, son objet social lui interdit de céder aux sirènes des fournisseurs lointains ou de la remontée de dividendes financiers. Tous les acteurs de l’économie sociale et solidaire n’agissent pas dans le champ concurrentiel. D’autres doivent être conçues comme des facilitateurs systémiques. Tel est le cas des Entreprises à But d'Emploi qui s’inscrivent dans le cadre de l'expérimentation « territoire zéro chômeur de longue durée » (TZCLD) dont 70 % des salaires sont financés par un programme de l’État. Elles peuvent occuper une fonction de service public industriel et commercial dont la rentabilité ne s’évalue pas à leur propre bilan comptable, mais aux bénéfices qu’elles génèrent pour le reste de l’écosystème territorial. Un tel acteur se positionne hors du champ concurrentiel pur, car il rend des services dont le coût de revient serait prohibitif pour une entreprise isolée, mais dont l’absence paralyse toute une filière. Qu’il s’agisse d’une plateforme logistique ou d’un centre de maintenance partagé, ces structures abaissent les barrières à l’entrée des entrepreneurs locaux. En assumant les investissements lourds que le secteur privé délaisse, la collectivité crée un environnement favorable où les structures du champ concurrentiel peuvent enfin prospérer et se développer sur le territoire. Le réarmement productif ne serait pas complet sans un instrument de protection de la liquidité locale. Le Cers, la monnaie locale complémentaire du Narbonnais, doit sortir de sa dimension militante pour devenir un pilier de notre stratégie de souveraineté. L’idée est simple, lorsqu’un agent économique détient un moyen de paiement, il va se fournir préférentiellement chez des agents qui l’acceptent pour s’épargner les frais de change au taux de : un Cers pour un Euro. Détenir des Cers pousse à consommer local, et cette inclination se transmet avec la monnaie. Le rôle de la collectivité dans une monnaie locale qui réussit, est de mettre ces Cers en circulation. Elle peut verser des primes à ses agents en monnaie locale sur la base du volontariat, ou mettre en place un programme de ″cashback″dans des commerces partenaires, en donnant des Cers pour chaque achat à la manière d’un bon de fidélité territorial. Les résidents, comme les touristes ont alors dans les poches un moyen de paiement qui n’est utilisable que sur le territoire. La collectivité peut aussi favoriser l’acceptation de la monnaie. Lorsque les associations subventionnées et les délégataires de service public acceptent la monnaie locale, un débouché naturel est créé, ancrant cet outil dans le paysage. Le délégataire qui gère l'eau ou les transports doit être contraint d'accepter notre monnaie locale, ce qui force la circulation de la richesse au sein de notre tissu économique. Chaque unité de Cers circule plus fréquemment et plus rapidement au sein du tissu narbonnais qu’un euro classique, ce qui augmente mécaniquement l’activité économique globale sans injection de capital supplémentaire. Cette étanchéité monétaire assure que l’effort consenti par la commande publique pour créer des filières locales ne profite pas à des intérêts financiers extérieurs. Maîtriser le foncier La maîtrise du sol constitue la condition première de toute politique de réarmement industriel et agricole. À Narbonne comme ailleurs, le foncier n’est pas une marchandise neutre mais la matière première de notre autonomie. Créer des outils productifs et des circuits monétaires étanches est inutile, si le Plan Local d’Urbanisme continue de privilégier la rente résidentielle au détriment de l’activité réelle. À Narbonne, le risque d’inondation et le choix de protéger nos espaces naturels ont formé une limite bien avant que la loi n’impose comme objectif la fin de l’artificialisation nette des sols. Jusqu’à présent la croissance narbonnaise s’est faite par la facilité de la consommation d’espaces naturels pour construire des lotissements dont le rendement fiscal est illusoire face aux coûts de gestion des réseaux et des services publics. Chaque hectare encore disponible doit être considéré comme un actif stratégique pour la souveraineté du territoire. Nous ne pouvons plus nous offrir le luxe de gaspiller nos dernières réserves foncières pour de la promotion immobilière de confort, alors que nous manquons de surfaces pour implanter nos ateliers. Le document d'urbanisme, qui doit être révisé doit acter le passage d'une gestion de flux résidentiels à une gestion de stocks productifs. La création des structures de l’économie sociale et solidaire nécessite une protection réglementaire absolue du foncier économique. Le marché, laissé à lui-même, poussera toujours vers l’usage le plus rentable à court terme. Si nous voulons que nos entreprises productives puissent s'installer, elles doivent avoir accès à un foncier dont le prix est déconnecté de la spéculation résidentielle. Cela peut se faire par des servitudes intégrées dans le règlement d’urbanisme, et en transférant la propriété foncière d’actifs stratégiques à des structures dont l’objet est de les protéger de la spéculation immobilière. La mise en œuvre d’un tel urbanisme de production se heurtera inévitablement aux réseaux d'influence qui prospèrent sur le modèle actuel. Le tout résidentiel est une impasse financière pour la collectivité. Les taxes perçues sur les nouveaux habitants ne couvrent jamais les investissements nécessaires en écoles en voiries et en équipements publics. À l’inverse l’implantation d’activités productives sur un foncier maîtrisé, génère une richesse réelle et des emplois stables qui consolident la base économique du territoire. La défense du foncier industriel est donc la véritable politique de défense du pouvoir d'achat des Narbonnais, car elle garantit la pérennité de notre modèle social local. L’urbanisme est la traduction spatiale d’une vision du monde. En laissant le marché dicter l’usage de notre sol, nous acceptons la disparition programmée de notre potentiel d’autonomie au profit d’une fonction de cité dortoir pour touristes et retraités. Notre territoire possède tous les atouts pour redevenir une place forte de la production et de l’échange à condition de cesser de consommer notre avenir pour simplement loger notre présent. Commencer par l’autonomie alimentaire Narbonne ne produit pas ce qu'elle mange. Notre territoire viticole excelle dans la vigne mais a délaissé le reste pendant longtemps. La vigne a reculé. Elle ne reviendra pas. Nous dépendons presque totalement des camions venus d'Espagne ou d'ailleurs pour nos produits frais. Cette dépendance constitue une faiblesse stratégique majeure. Elle nous expose aux fluctuations des prix et à la concurrence brutale du maraîchage intensif espagnol. Il ne s’agit pas de demander aux agriculteurs de se lancer dans le vide face à des marchés mondialisés. La solution est de créer un marché captif et sécurisé. La restauration collective est un puissant levier de commande. Écoles, crèches et foyers représentent un besoin annuel de centaines de tonnes de légumes. Cette demande existe. Elle dépend de la commande publique. La ville peut ainsi garantir aux maraîchers et aux bergers l'achat de leur production à un prix juste et contractuel qui leur permet de se projeter. Pour atteindre la taille critique nécessaire à la viabilité de ces outils de production, l'agglomération doit nouer des partenariats stratégiques avec d'autres institutions du territoire. En associant les besoins du centre hospitalier et ceux des lycées gérés par la Région, le volume de commande sécurise l'investissement. Ce facilitateur ne concurrence pas le monde agricole, mais il lui ouvre les portes d’un marché public, qui lui était jusqu’alors fermé par manque d'infrastructures de conditionnement. La terre agricole en friche et irrigable ne manque pas autour de Narbonne. Elle doit être libérée, pas pour les amis d’un adjoint, mais en direction de l‘utilité publique. La collectivité peut porter le foncier, moderniser les réseaux d’irrigation et déployer l’utilisation des eaux usées traitées. Au lieu de laisser cette ressource précieuse se perdre en mer, elle doit être redirigée par un réseau de canalisations vers nos plaines pour sécuriser l’irrigation du maraîchage et des cultures fourragères, indispensables à notre future filière laitière locale. C'est un projet de génie civil ambitieux, qui place Narbonne à l'avant-garde de l'adaptation climatique, en créant une boucle circulaire de l'eau entre la ville et sa ceinture nourricière. L'ingénierie hydraulique conditionne notre capacité à produire. Un maraicher produit des légumes bruts. Une cantine cuisine des légumes prêts à l'emploi. L’ambition d’une alimentation totalement locale pour les cantines narbonnaises, se heurte à l’absence d’outils de transformation primaire. Le chaînon manquant est ici physique et logistique. La création d’une structure dédiée à cette transformation constitue la réponse opérationnelle pour traiter les légumes, mais aussi pour relancer la filière de l’élevage. La production locale de yaourts et de produits laitiers transformés sur place, permettrait de recréer une économie pastorale dans notre arrière-pays. Ce projet dépasse le cadre du simple jardinage municipal. Il structure une filière économique complète. Il crée des emplois non délocalisables. Il rétablit une boucle vertueuse entre le producteur local et l'assiette de l'écolier. Et cette boucle est disponible pour se développer au-delà : pour répondre à la demande de ceux qui veulent utiliser leurs Cers pour s’alimenter localement. Au-delà de cet exemple alimentaire, la collectivité peut bâtir des filières dans tous les domaines techniques en utilisant ses leviers de commande et de foncier. La position de carrefour de Narbonne est pour cela un atout aujourd’hui sous-exploité qui doit devenir le moteur de notre réindustrialisation. Notre façade maritime et notre port en extension ne doivent plus être regardés comme des infrastructures étrangères ou de simples lieux de transit, mais comme le socle d'une nouvelle ambition productive. Nous pouvons transformer notre nœud logistique en un véritable atelier européen de maintenance et de transformation, pour enfin cesser de regarder passer les richesses sur nos autoroutes et nos rails sans jamais les capter. Laurent Fabas le 19/01/ 2026 1/0 comments debug Commentaires (1) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Jonquay 25 janv. Noté 5 étoiles sur 5. Merci pour cette analyse économique de Narbonne, hyper réaliste et bien articulée. Si bien que les outils à utiliser pour que la population défende sa dignité existent déjà et sont limpides. Il reste à s'en saisir. J'invite la gauche narbonnaise à sortir de ses poncifs, de ses oukases et de son ostracisme. Un vrai programme commun communal et dès le premier tour, les égos après. J'aime Répondre
- Au cinéma : "Les échos du passé" | Le Clairon de l'Atax
Au cinéma : "Les échos du passé" Allemagne – 2h29 – 2025 - film présenté en Compétition au Festival de Cannes 2025. Maison au bord de la Baltique (Image par Peggychoucair de Pixabay) Un film de Mascha Schilinski avec Hanna Heckt, Lena Urzendowsky, Laeni Geiseler. Quatre jeunes filles adolescentes vivent dans une ferme au Nord de l’Allemagne et nous allons suivre leur évolution sur quatre générations. La maison se transforme au fil des siècles mais les événements qui s’y passent trouvent un écho dans ceux qui s’y sont passés. Alma, Erika, Angelika et Lenka semblent avoir chacune les mêmes préoccupations, la vie et la mort. Indubitablement, c’est un film merveilleux MAIS "râpeux" un peu comme on se râpe les mains contre un mur en crépi. Rien n'est facile, tout est lumineux et noir, un jeu de paradoxes. C'est un film macabre avec un personnage de premier plan: "la mort". Elle est partout, elle s'infiltre quand elle ne se manifeste pas, elle est quand même présente, sournoise, discrète, active. Tout au long de ces deux heures et demi, on va assister à la démonstration de toute la noirceur de l'âme humaine, inceste, avortement, suicide avec pour personnage principal, la jeune fille ou femme. Mascha Schilinski nous promène dans ces années sombres (guerres mondiales), passant d'une décennie à l'autre avec brio, à nous de décrypter et de trouver les dates. Ce n'est pas un film facile, il demande beaucoup d'attention pour se repérer dans le temps. Il y a des moments de grande intensité, des moments sensuels, des moments douloureux, toute la panoplie des états émotionnels est représentée; avec en fond, tapi dans l'ombre, Thanatos qui veille. Tout est travaillé avec minutie dans ce film, le cadrage, les lumières, la musique, bref c'est une symphonie mais elle se mérite. Deux heures trente de plongée dans quatre-vingt ans de vie, on en ressort secoué et râpé ! Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 15/01/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Les tribulations d’un Mercosur pas si sûr | Le Clairon de l'Atax
Les tribulations d’un Mercosur pas si sûr Tout comme le marché commun de l’union Européenne, il existe depuis 1991 un marché commun sud-américain. L’idée de base est que le Mercosur peut présenter un débouché commercial intéressant pour l’Union Européenne Drapeau de l'accord Mercosur Tout comme le marché commun de l’union Européenne, il existe depuis 1991un marché commun sud-américain, formé actuellement entre Le Brésil, L’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay, la Bolivie. A coté de ce bloc, à l’intérieur duquel fonctionne le libre-échange, d’autres états sud-américains participent partiellement à ce marché. L’idée de base est que le Mercosur peut présenter un débouché commercial intéressant pour l’Union Européenne d’où l’accord entre ces 2 organismes qui vient d’être signé le 17 janvier au Paraguay. De l’origine du système de libre échange Ce système se fonde sur la théorie des « avantages comparatifs », formulée en 1817 par l’économiste et philosophe britannique David Ricardo . L’idée de départ est que 2 pays qui commercent ensemble, gagnent toujours en se spécialisant selon leurs avantages comparatifs. (Avantage à celui qui arrive à proposer un bien ou un service avec le coût relatif le plus bas). Mais la complexité des accords commerciaux modernes met à mal une partie du mécanisme décrit par Ricardo. Pour Ricardo, il n’y avait que des frontières douanières qui régulaient le libre-échange, alors que dans des accords comme ceux du Mercosur, de nombreuses règles sur l’origine des produits échangés, leurs caractéristiques phytosanitaires et techniques définies par des normes, des clauses juridiques, etc., impactent la spécialisation qui n’est plus seulement basée comme chez Ricardo sur la valeur travail. Contrairement à sa dénomination, le libre-échange ″moderne″ ne constitue pas une relation d’échange simple, mais un rapport complexe qui ne repose pas sur le seul coût de production. La négociation de l’accord Mercosur : une usine à gaz ! A peine le Mercosur fondé en 1991, qu’un an après la Commission européenne est mandatée par les États membres pour structurer un partenariat interrégional avec lui. Il a donc fallu 15 ans de négociations pour aboutir le 9 janvier 2026, malgré l’opposition française, à l’approbation de l’accord d’association Union Européenne-Mercosur. Cette approbation a été votée, à la majorité qualifiée, lors d’une réunion du Coreper II (Comité des représentants permanents). Le 17 janvier 2026, la signature officielle de l’accord a eu lieu à Asunción au Paraguay. Cette signature engage les parties sur le contenu du traité, permettent son application provisoire et la mise en œuvre de sa ratification définitive par le parlement européen. Mais le 21 janvier 2026 les parlementaires européens ont voté, de justesse à 10 voix près, la saisine de la Cour de Justice Européenne, ce qui a pour conséquence de retarder de 12 à 18 mois une éventuelle ratification du traité. Par ce vote, les parlementaires européens demandent à la Cour de se prononcer principalement sur 2 points : La Commission européenne avait elle mandat pour séparer lors des procédures d’accord la partie commerciale de la partie politique de l’accord, ce qui avait comme intérêt d’éviter le vote incertain des parlements nationaux… Une partie de l’accord vise à la création d’un « mécanisme de rééquilibrage ». Celui-ci permettrait à un Etat d’exiger une compensation d’un Etat partenaire dont la règlementation aurait réduit ou stoppé ses exportations. Cette disposition, imaginée pour apaiser l'opposition française à la signature de l'accord étant prteuses de risques de dérapages... La pression des agriculteurs en colère, massés devant le Parlement européen à Strasbourg lors du vote, à probablement contribué à ce vote d’ajournement. Pas si simple au XXIème siècle la mise en œuvre du libre-échange selon la théorie des avantages comparatifs de Ricardo ! Mais que reproche-t ’on à l’accord du Mercosur ? Tout d’abord la dissociation par la Commission européenne, dans les conditions précédemment évoquées, des accords commerciaux dans le cadre d’un « traité intérimaire » et des accords politiques inscrits dans un traité définitif après ratification par le Parlement. Européen. Ces accords aboutissent à la suppression quasi intégrale des droits de douane appliqués aux échanges entre l'UE et Mercosur. Mais ce libre échange ainsi constitué pêche dans la définition des avantages comparatifs qui varie selon les parties. Si les avantages de certains produits agricoles sud-américains résident dans leur tarif, sans prise en compte de leur coût écologique, par contre ce coût écologique est pris en compte dans les produits de l’Union européenne qui se trouvent alors défavorisée dans l’équilibre des échanges. Pour compenser ce déséquilibre, une clause de sauvegarde, en cours de négociation, devrait permettre de suspendre les avantages douaniers en cas de perturbation trop importante du marché communautaire : par exemple si les volumes de produits exportés vers l’Union Européenne dépassaient un seuil de 8% /an . Une telle mesure arrangerait bien la France dont la production agricole est la plus exposée à la concurrence, du Mercosur. Mais il n’en est pas de même pour d’autres pays de l’UE qui exportent surtout leur production industrielle et leurs services (jusqu’alors taxés de 15 à 20% par l’Amérique du sud) et qui ont moins à craindre la concurrence du Mercosur. La question de l’équilibre des échanges en matière agroalimentaire est particulièrement sensible dans le cas de la France. Par exemple : Un quota d’exportations sans droits de ddouane de 45 000 tonnes de produits laitiers européens / an a été concédé par le Mercosur, en plus de la suppression totale des droits sur le vin, le malt, et l’huile d’olive De leur côté les pays du Mercosur pourront exporter chaque année un contingent de 99 .000 tonnes de bœuf, pour lesquels les droits de douane seront portés à 7,5 %. Des quotas, sans droits de douane cette fois, sont également prévus pour la volaille (180.000 tonnes), le sucre (180.000 tonnes), ou encore l’éthanol (450.000 tonnes), alors que les conditions de production des pays du Mercosur impliquent des prix concurrentiels. Aux entrées de produits agroalimentaires consécutives à l'ouverture du marché de l'UE au Mercosur, s’ajoutent es quantités provenant d’accords déjà signés par la Commission Européenne, avec près de 80 pays du Monde qui injectent déjà, sans droit de douane, près de 300 000 tonnes de bœuf, 300 000 tonnes de poulet, ou encore 4 millions de tonnes de sucre. Tout n’arrive pas en France mais cela peut quand même perturber les marchés… De plus, le déséquilibre des coûts de production est renforcé par le déséquilibre des mesures environnementales entre les parties de l’accord. C’zst l’un des principaux motifs de colère des agriculteurs : les réglementations européennes en matière de protection de l’environnement n’ont pas leur équivalent dans les pays du Mercosur. Rien ne contraint vraiment les producteurs sud-américains, qu’il s’agisse de déforestation ou de principe de précaution. Des pesticides interdits dans l’UE continuent à être utilisés dans certains pays du Mercosur. Le contrôle des produits importés par l’UE se faisant sur la qualité des produits finis, certains producteurs sud-américains qui emploient des pesticides interdits dissimulent les traces détectables selon différentes méthodes. Par exemple en jouant sur les délais entre la dernière application de pesticides et la récolte : ce qui permet une dégradation naturelle des résidus (par ex : de 21-45 jours pour le glyphosate sur soja), ou en utilisant des molécules à faible persistance, etc. Dans leur état actuel les accords du Mercosur sont très peu contraignants en matière d’environnement et se limitent souvent à des déclarations d’intention plus ou moins vertueuses. Sommes-nous en France dans un rapport gagnant / gagnant avec les pays du Mercosur ? Rien n’est moins sûr actuellement. Certains pays européens sont en situation plus favorable et l’Union Européenne est loin d’une cohérence économique qui aurait amoindri, voire aboli, la concurrence entre ses membres, Dans de telles conditions, les péripéties du processus d’accord avec le Mercosur sont loin d’être finies. Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 21/01/2025 1/0 comments debug Commentaires (1) Noté 1 étoile sur 5. 1.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Jonquay 25 janv. Noté 1 étoile sur 5. La conclusion m'interroge.🙃 Personnellement je pars du principe que mis à part le commerce solidaire, le commerce partout dans le monde c'est du vol (exploitation d'humains jusqu’à l’esclavagisme, appropriation de terres jusqu'à l'assassinat, accaparation de moyens de production, de déforestation, de sols et de nappes phréatiques pollués etc). Conclure qu'avec l'Accord Mercosur des pays européens s'en sortent mieux que d'autres ou n'amènent pas à moins de concurrence entre eux me semble autocentré. Quid des peuples sud américains et de leur environnement sacrifiés pour notre "confort" et l'enrichissement de leurs oligarques ? 🤑 J'aime Répondre
- Au cinéma : HISTOIRES PARALLELES | Le Clairon de l'Atax
Au cinéma : HISTOIRES PARALLELES France, U.S.A., Italie – 2h19 – 2026 – Ce film est présenté en compétition au Festival de Cannes 2026 Thalie et Melpomène muses antiques de la comédie et de la tragédie (Image Iphigénie Atridès) Un film de Asghar Farhadi avec Isabelle Huppert, Virginie Efira, Pierre Niney, Vincent Cassel, Adam Bessa Sylvie, écrivaine en panne d'inspiration, espionne ses voisins dans l'appartement d'en face. Elle va héberger Adam, jeune homme un peu SDF et totalement sans emploi. Celui-ci va se mêler du travail de Sylvie et embrouiller totalement sa vie avec acharnement et inconscience. Je passerai sous silence le nombre de prix et distinctions qu'a reçu Farhadi, cela va de soi que c'est un excellent metteur en scène. Cette introduction étant posée, on peut aussi chuter. Farhadi s'est soi-disant inspiré du 6e épisode du Décalogue de Krzysztof Kieślowski. Il reprend le thème voyeuriste. Sylvie va donc observer avec un télescope les trois personnages de l'appartement voisin. Nita qui fait des bruitages de films, son compagnon et le jeune frère du compagnon. Elle va tirer de ces observations une trame de roman complètement imaginaire. C'est compter sans Adam qui va récupérer le roman, mis à la poubelle, pour le réécrire et l'alimenter à sa sauce. Bref, on nage dans l'imaginaire qui se télescope avec un réel qui devient à son tour imaginaire mais que les personnages vont faire entrer dans le réel !! Vous êtes déjà perdus, mais c'est du cinéma ! Farhadi enfonce des portes ouvertes, l'intrusion du réel dans l'imaginaire ou l'inverse a déjà été à de multiples reprises utilisé. Les dialogues sont convenus, les événements sont attendus. Si l'on se réfère à Watzlawick qui disait dans son livre la Réalité de la Réalité "la réalité est le résultat d'une construction", on pourrait alors en conclure que la réalité n'existe pas et donc que le film de Farhadi n'existe pas et c'est plutôt un bien ! Patricia Renaud pour le Claron de l'Atax le 19/05/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- La recette de la BOUCHÉE à la REINE à l’Alsacienne | Le Clairon de l'Atax
La recette de la BOUCHÉE à la REINE à l’Alsacienne Une recette "secret de famille" transmise de générations en générations, enfin révélée ! Vue de la table avant le repas (photo K. Thy) La célèbre ethnologue K. Thy, spécialiste de l’Alsace, mondialement connue pour ses travaux sur la gastronomie protestante dans le Koschersberg et le pays Welsch, nous a fait parvenir cette recette confidentielle de Bouchée à la Reine, transmise de générations en générations, goutée et recueillie chez madame S, une habitante d’un hameau des contreforts vosgiens, proches de Colmar. Ingrédients pour 4 personnes : 4 feuilletés (achetés en boulangerie) 4 blancs de poulet. Champignons. 40gr de beurre. 40gr de farine. 0,5l de bouillon de volaille. 15cl de vin blanc 350 à 450 gr de spaetzle (nouilles alsaciennes aux œufs) 1 jaune d'œuf et 20cl crème (facultatif) Sel, poivre Préparation : ( 30 mn préparation. 20 mn cuisson) - faire revenir très doucement les blancs de poulet coupés en morceaux et réserver - dans 1 casserole faire un roux avec la farine et le beurre, ajouter le vin blanc et le bouillon de volaille, bien mélanger pour éviter les grumeaux - ajouter la viande et les champignons peles et émincés, ajouter sel, poivre, noix de muscade et laisser mijoter 10 mn - cuite les spaetzle de 3 à 5 minutes selon épaisseur dans de l’eau bouillante salée, puis les passer à l’eau froide pour éviter qu’elles colent, puis les faire revenir rapidement dans du beurre - chauffer au four les feuilletés (en veillant à ne pas les laisser brûler) Disposer chaque feuilleté sur assiette et les garnir de cette sauce Servir avec les spaetzle et un vin d'Alsace bien frais (Riesling, Edelzwicker, Sylvaner...) N.B. on peut enrichir la sauce avec un jaune d'œuf et de la crème, mais pas nécessaire si on veut un plat léger et digeste. Bon appétit ! Nota bene : Dans les restaurants gastronomiques cette recette comporte aussi souvent de la viande de veau, des quenelles, voire du ris de veau, mais son prix de revient n'est plus le même et cela ne correspond plus aux règles locales de frugalité protestante. 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.
- Crise du logement : le Parlement européen a fait fort ! | Le Clairon de l'Atax
Crise du logement : le Parlement européen a fait fort ! En France, environ 2 ,8 millions de ménages attendent un logement. Logement abordable (Image Iphigénie Atridès avec le concours de Raphael-app) La crise du logement n’est pas seulement grave en France elle l’est aussi dans toute l’Europe. Des députés européens français ″de gauche″ pensaient trouver une écoute favorable de la part de leurs collègues européens : les voici déçus. Le parlement européen vient de pondre, au bout d’une année de travail, d’audition d’acteurs du logement, de consultations d’experts, etc., un rapport sur le logement qui fleure bon les recettes de la droite la plus radicale. Il est vrai que le Parlement européen a viré à droite ces derniers temps. Une répétition des mêmes erreurs ? Le vote est sans appel : le rapport a été adopté par 367 voix pour, 166 contre et 83 abstentions, parmi lesquelles les socialistes français. Il propose une kirielle de mesures réactionnaires que l’on peut résumer en trois grandes catégories : · La dérégulation par l’abaissement des normes, au motif que leur « simplification » favorisera la construction de nouveaux logements, notamment en diminuant les contraintes environnementales · L’assouplissement des conditions de crédit qui exposeront aux impayés plus d’accédants à la propriété aux impayés · La titrisation qui transforme les actifs peu liquides que sont les crédits immobiliers en valeurs mobilières aisément négociables (rappelons que la titrisation a été à l’origine de la crise financière des années 2007 / 2008) L’idée qui préside à ces mesures qui n’ont rien d’innovant, c’est de stimuler l’offre de financements, tout en diminuant les coûts de construction, donc la création de logements. On voit mal comment de telles disposition vont résoudre les problèmes de la population éligible aux logements sociaux, voire intermédiaires. Il est vrai que si l’on baisse en même temps les normes et spécifications relatives à la consommation énergique des constructions, on peut baisser les prix de vente jusqu’à retrouver des maisons individuelles, genre les cages à lapin chères à Coluche, qui aboutissent en ruines, une fois les crédits payés. Serait-ce la solution pour produire du logement ″abordable″ conforme aux objectifs de la Commission européenne ? En tout cas, les mesures envisagées par ce rapport ne devraient pas déplaire au secteur du BTP. Les préconisations libérales du rapport ne seraient pas complètes sans un geste visant à améliorer la rente immobilière : il s’agit donc de dénoncer les méfaits de l’encadrement des loyers, une mesure contre performante, puisqu’elle créerait de l’insécurité chez ceux qui investissent dans la pierre, jusqu’à les décourager dans leurs projets et par là, empècher l’élargissement de l’offre de logements ! Le rapport, quoique jugé imparfait, a été adoptées par la grande majorité des députés affiliés au groupe des socialistes et démocrates de l’Assemblés du Parlement européen. Seuls leurs collègues socialistes français, se sont courageusement abstenus. Il est vrai qu’en période électorale, les mesures préconisées ne seraient pas porteuses de succès dans les urnes. Pour le Clairon de l’Atax, Louise B. Velpeau le 15/03/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.












