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  • Naissance de la Caisse d’Alimentation du Lézignanais | Le Clairon de l'Atax

    Naissance de la Caisse d’Alimentation du Lézignanais C’est devant une assistance fournie que la création de la Caisse d’Alimentation du Lézignanais a été annoncée le vendredi 27 juin dernier, salle Pelloutier à Lézignan. Il ne s’agit pas d’une initiative isolée, elle bénéficie d’une quarantaine d’années d’expériences. Ainsi, il existe en France une centaine d’initiatives de ⁿsécurité sociale de l’alimentationⁿ qui s’apparentent à cette expérience audoise et visent à proposer une alternative au modèle agro-industriel dominant. Une salle bien remplie (Photo HR) Un projet construit patiemment et démocratiquement Le projet Lez’Alim est le résultat d’une réflexion qui a muri depuis 2019. Différentes organisations qui agissent dans le milieu rural, ont entrepris une réflexion commune visant à la production d’une alimentation de qualité, accessible à tous, produite par une agriculture non industrialisée et écologique, associant les producteurs et les consommateurs d’un même territoire. Cette idée a fait son chemin et se structure : en 2022 elle est lauréate du Budget Participatif de la Région Occitanie. Elle bénéficie alors d’une subvention qui lui permet de s’organiser. Le département de l’Aude suivra avec une subvention de 2000 € /an. Un comité de pilotage est constitué entre la Maison paysanne de l’Aude et l’association ⁿChemin Faisantⁿ. Il s’étoffe progressivement avec la participation de 11 associations et organisations de l’est de l’Aude, mais aussi de simples citoyens et citoyennes. Le souci de ce comité animé par Manon Laurine et Thomas Galland de la Maison paysanne de l’Aude, va être de confier la démarche d’élaboration du projet, ainsi que sa mise en œuvre, à un collectif d’habitants.es, consommateurs, producteurs ou distributeurs, issus du même territoire. C’est ainsi que, d’avril 2024 à juin 2026, un « Parcours d’apprentissage en Commun » a progressivement rassemblé des consommateurs des producteurs ou des distributeurs avec pour mission de définir les principes, les modalités de fonctionnement et la mise en œuvre d’une « Caisse d’Alimentation du Lézignanais » sur un territoire intégrant le bassin de vie Lézignan / Corbières / Minervois. Compte tenu de la diversité des participants et des enjeux en présence, il s’est avéré indispensable de réfléchir aux modalités de gouvernance de la démarche et notamment des formes et conditions de prise de décision. Celles-ci, après des ajustements successifs, sont prises sur consentement des participants , selon le principe -une personne une voix-. Cela implique que celles ou ceux dont les choix ont été contraires à la position majoritaire, soient en mesure d’accepter et d’œuvrer dans le sens des choix retenus. Les principes et objectifs de la Caisse d’Alimentation du Lézignanais - Le champ d’action de Lez’Alim est centré sur la question de l’alimentation des habitants du territoire - L’accès de tous à une alimentation de qualité est considéré comme un droit universel - Cette alimentation de qualité doit être produite par une agriculture paysanne soucieuse du vivant et qui préserve l’environnement - Les paysans producteurs doivent être soutenus par la garantie d’une rémunération juste - Lez’Alim est un projet de territoire, intégrant une démarche permanente d’actions populaires menées par et pour les habitants du territoire qui visent à établir et / ou à conforter leur pouvoir d’agir et de peser ainsi sur l’évolution de leur lieu de vie. Les modalités de fonctionnement de Lez’Alim Ces modalités, définies à l’issue du « Parcours d’apprentissage en commun », sont spécifiques à Lez’Alim : chaque Caisse d’alimentation constituée en France est dotée de règles spécifiques adaptées au territoire d’action. Pour Lez’Alim : - Chaque consommateur s’acquitte d’une cotisation socialisée c’est-à-dire fixée en fonction du revenu du ménage concerné. En retour il perçoit une somme allouée pour ses futurs achats effectués auprès de producteurs conventionnés par Lez’Alim. Cette somme dépend de la composition du ménage par exemple 100 € / mois pour une personne isolée, 150 € pour 2 personnes, 180 € pour 3 personnes, etc… - Les initiatrices et initiateurs du projet choisissent avec les adhérents, les producteurs, transformateurs et distributeurs avec lesquels ils souhaitent travailler. Cette démarche de ⁿconventionnement démocratique ⁿ aboutit à la constitution d’un réseau susceptible de peser sur les habitudes alimentaires des habitants en les orientant vers une culture du bien-manger et réduisant à terme, voire éradiquant, le ⁿJunk Foodⁿ et les produits de l’agro-industrie. - Le développement de Lez’Alim peut être générateur d’un accroissement de l’activité agricole locale. Le projet Lez’Alim s’inspire des idées qui ont abouti en octobre 1945 à la création en France de la Sécurité Sociale. Il s’agit cette fois d’instaurer une Sécurité Sociale de l’Alimentation, établie, elle aussi sur la base d’une « gouvernance démocratique comme finalité et comme moyen » au terme d’une démarche progressive d’expérimentation. La nature de cette démarche implique qu’un soutien financier lui soit assuré pour accompagner son démarrage jusqu’au moment où l’équilibre financier pourra être assuré par ses revenus propres (cf. : cotisations) et par un cadre juridique institué. La réussite de cette démarche implique le renforcement, voire l’instauration, d’un pouvoir d’agir chez les différentes parties prenantes : consommateurs, paysans, commerçants. Ce pouvoir, nouveau ou renforcé, devra trouver sa place dans le jeu des institutions en place. Pour assurer la réussite de cette entreprise complexe et délicate, il s’est avéré nécessaire à ses initiatrices et initiateurs de s’appuyer sur une coopération avec d’autres Caisses d’Alimentation et d’interroger leurs pratiques et expériences, mais aussi d’établir un processus de recherche / action en partenariat avec différents laboratoires, portant sur le pouvoir d’agir des citoyens et l’impact de ces Caisses quant à la transformation des habitudes alimentaires des consommateurs (cf. : part des produits frais dans la consommation des ménages, accès à une alimentation bio). Selon les premières observations (Montpellier alimentation) les résultats sont très encourageants… Il ne reste plus qu’à souhaiter bonne chance à Lez’Alim qui se distingue des organisations classiques d’aide alimentaire par son choix de sortir des pesticides pour les aliments proposés à ses participants. Le démarrage de son activité est prévu pour septembre 2026. Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 12 / 07 / 2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Se loger : l’affaire d’une vie | Le Clairon de l'Atax

    Se loger : l’affaire d’une vie Fin 2025 2,9 millions de ménages (personnes seules ou familles) étaient en attente d’un logement social en France. A ce chiffre s’ajoutent ceux dont les revenus excèdent le plafond d’accès aux HLM, mais qui peinent à trouver un logement en rapport avec leur revenu. Le logement est en crise depuis un demi-siècle et cette crise ne cesse de s’aggraver. Alors que depuis le fin-fond de la préhistoire la recherche d’un abri adéquat est une question essentielle, au 21èmesiècle, dans notre société réputée avancée, le problème demeure et s’amplifie. Le logement : bien plus qu’un stockage d’individus entre des murs Un logement s’habite : son cadre physique influe sur notre bien-être, voire sur notre santé (cf. : luminosité, température, humidité, etc.). Il implique des relations sociales, (voisinage, réputation du logement, du quartier, etc…). Il conditionne notre rythme de vie (accès au travail, à l’école, aux commerces, à la culture, aux loisirs, etc.). En résumé, le logement est un déterminant essentiel des conditions de vie, ou comme le résumait le philosophe Heidegger : « Habiter c’est être ». Et par extension, la qualité de son habitat est un facteur déterminant pour le développement d’une société. Se loger : une aventure souvent hasardeuse En dépit du caractère essentiel du besoin de se loger, notre société soumise aux lois du marché fait de l’accès au logement une entreprise complexe, semée d’embuches. La recherche d’un cadre physique adéquat se heurte des obstacles juridiques, règlementaires, économiques, techniques, etc. Il est difficile, parfois impossible, lorsqu’on aspire à un logement collectif ou individuel, de disposer de toutes les informations susceptibles d’éclairer son choix. D’autant plus que l’immobilier et le BTP ne sont pas exempts de margoulins et/ou d’incompétents. Le guide ″Se loger accessible & durable″ (*) ou comment s’orienter dans la jungle de l’immobilier Ce guide, paru en avril 2026, a pour projet de répondre aux questions que se pose tout aspirant à un logement, mais aussi aux questions qu’il ne se pose pas, parce qu’il n’a pas suffisamment d’expérience de l’immobilier. Cela signifie qu’il faut l’aider très en amont à définir d’abord ce dont il a réellement besoin et envie, avant de l’éclairer sur la démarche à suivre pour mener à bonne fin son projet. Le monde de l’immobilier pullule de propositions séductrices mais inhabitables ou ruineuses. Ce guide très complet constitue à ma connaissance une initiative inédite, dont les 2 auteurs témoignent d’une longue expérience et d’une réflexion aboutie sur la question du logement. Cet ouvrage est d’intérêt public. Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 19/09/ 2026 (*) - Se loger accessible et durable – Laurent Fabas & Jérôme Robertix ; éditions Eyrolles avril 2026 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Breve (List) | Le Clairon de l'Atax

    Breve 2 List Se loger : l’affaire d’une vie 2609 Lire la suite... Semences et pesticides : un communiqué des faucheuses et faucheurs volontaires d’OGM 2607 Lire la suite... L’eau, le changement climatique et le nucléaire 2607 Lire la suite... Fontfroide, le concert "Femmes d’Orient" : un moment de grâce ! 2606 Lire la suite... Narbonne : la lutte contre les violences faites aux femmes et aux jeunes ne s’épuise pas 2606 Lire la suite... Port la Nouvelle, développement du port : tout est relatif... 2606 Lire la suite... Formidable surprise musicale à Cuxac d’Aude 2605 Lire la suite... Portrait d’une contributrice au Clairon de l’Atax 2605 Lire la suite... Corbières : le Théâtre de Ségure fait sa tournée de printemps 2604 Lire la suite... La relance du nucléaire français est-elle pertinente ? 2604 Lire la suite... Un communiqué de presse de la Confédération paysanne 2603 Lire la suite... Un atelier "mobilités" de "Nous sommes Narbonne" 2602 Lire la suite... Un communiqué de vélocité Narbonne 2601 Lire la suite... Municipales Narbonne : l’atelier logement de la liste « Nous sommes Narbonne » 2601 Lire la suite... « Nous sommes Narbonne » rencontre des animateurs du Collectif citoyen santé de Narbonne 2601 Lire la suite... Plan de relance du nucléaire : le devis des futurs 6 nouveaux EPR 2 a de nouveau augmenté 2512 Lire la suite...

  • Y a-t-il une alternative ? | Le Clairon de l'Atax

    Y a-t-il une alternative ? Que dire d’un Etat qui se veut l’héritier des Lumières et qui en l’espace d’une vingtaine d’années s’incarne dans un premier président repris de justice, un second qui fait le contraire de ce qu’il a promis et d’un troisième qui méprise le peuple ? Que dire de cette candidate aux présidentielles de 2027, fraichement condamnée par la justice, qui ne fait même pas scandale chez ses opposants politiques ? Que dire en cette fin de mandat, à près de 9 mois des prochaines élections présidentielles, de ces partis qui passent leur temps à négocier des places ou de fumeuses coalitions ? Que dire de ces partis politiques qui, à une exception près, s’avèrent incapables de présenter aux électeurs un projet et encore moins un programme, susceptibles d’animer un débat national ? (Image par John Hain de Pixabay) A 9 mois des prochaines élections présidentielles, on en est au débat d’idées, certes atténuées par la torpeur des vacances. Les uns et les autres agitent comme des hochets à diable (*) : la dette, la politique de l’offre, le moins d’Etat, la relance de la demande, le « retour aux vraies valeurs françaises », mais s’avèrent incapables au-delà des slogans, à une exception près, de produire une description structurée de l’action politique qu’ils envisagent de mener à court, moyen et long terme. Dans ces conditions, le lien qui unit les Françaises et les Français à leur classe politique (c’est-à-dire à ceux qui sont censés les représenter ou aspirent à le faire) est un lien d’opinion, fondé sur la stimulation d’affects au détriment d’une réflexion partagée. C’est à ce jeu-là, que le Rassemblement national et ses succursales, amis et alliés doivent leur succès. Ils avancent masqués derrière un nuage de xénophobie, sans dévoiler à leurs groupies la politique qu’ils comptent mener, pour peu qu’ils en aient une qui se démarquerait du marécage actuel. Et puis il y a la France Insoumise, cette LFI à la consonance proche de FFI ; ce mouvement qui fait si peur aux autres organisations politiques. LFI dispose depuis plusieurs années d’un programme structuré et sans cesse retravaillé, d’un institut de recherche et de formation ouvert à tous, l’institut La Boétie, d’élus qui connaissent le programme de leur mouvement, qui sont capables de l’expliquer et de le défendre, de militants et de sympathisants enclins au prosélytisme, bref d’une armée en état de marche… Face à ce mouvement difficile à combattre sur le fond des idées, d’autant plus que l’on sait les siennes fumeuses ou éculées, la cible sera donc le chef de file de ce mouvement, comme le veulent les mœurs du temps, où les idées politiques sont censées s’incarner nécessairement dans des personnages publics. Alors, les faiseurs d’opinion et les aboyeurs de télé, grassement rétribués, instillent à leurs ″Faux lovers″ des contre-vérités répétées comme des mantras. Il est vrai que certains aspects de la personnalité de Jean Luc Mélenchon se prêtent à ce jeu-là : ses talents de tribun l’exposent à des gaffes, voire des bévues, exploitables par ses adversaires qui ne s’en privent pas. Il est facile, en portant le scandale sur la forme, d’occulter le fond. Alors, le message construit par les influenceurs qui tablent sur le morcellement de la gauche, est de faire douter de la capacité de Mélenchon à exercer le pouvoir sur un mode non autoritaire, vu son caractère. Mais en démocratie, le problème ce n’est pas le chef qui gouverne, c’est le pouvoir que le peuple lui laisse. En la matière, la Vème République française constitue un véritable festival de pouvoir autocratique qui ne cesse de se renforcer. Les sociétés humaines connaissent des hauts, des bas et des déclins : peut-être faut-il s’y résoudre et ne pas s‘accrocher à des rêves que nous n’avons plus les moyens de réaliser. Les cafouillages de la macronie toujours en place illustrent le déclin de nos institutions. Saurons-nous chasser en 2027 tous ces bricoleurs du néolibéralisme et construire de nouvelles institutions solides et résilientes ? La question est vitale : face à nous se dresse un monstre ; les scientifiques nous avaient prévenus, il arrive plus vite que prévu. Il ne s’agit plus de faire de jolies phrases genre : « La planète brûle et nous regardons ailleurs… » et de sortir un « Plan National de Canicule » éculé datant de 2003. Déjà la hausse sous-estimée des températures nous perturbe physiologiquement, fait dysfonctionner des systèmes nécessaires à nos modes de vie, comme les transports ou l’habitat, l’éducation, catalyse des situations de conflits sociétaux et internationaux. Allons-nous affronter ces défis qui engagent notre survie avec la même classe politique à la gouvernance mortifère ? Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 24 / 07 / 2026 (*) Les hochets à diable étaient des sortes de marionnettes, utilisées au 19ème siècle pour effrayer et/ou amuser les enfants comments debug Commentaires (1) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Vince 16 août Noté 5 étoiles sur 5. Bravo et merci pour cette synthese clairevoyante. J'aime Répondre

  • Editorial (List) | Le Clairon de l'Atax

    Editorial List Y a-t-il une alternative ? (Image par John Hain de Pixabay) Lire la suite... La perspective inquiétante des présidentielles 2027 Présidents de la République : autoritaire ou démocrate ? (Image Iphigénie Atrides) Lire la suite... Qui gouverne actuellement et qui gouvernera la France en 2027 ? Politicien parisien déclarant sa candidature à la présidence de la République et son amour de la France au fin fond de l’Aveyron (Image Iphigénie Atrides) Lire la suite... Sur les ruines du barrage républicain Barrage qui cède (Image Iphigénie Atridès) Lire la suite... Impressions sur les municipales 2026 à Narbonne Dépouillement (Image par Felipe Blasco de Pixabay) Lire la suite... Municipales : lorsque le national étouffe le local Démagogue ou ami du peuple ? (Image par Gerd Altmann de Pixabay) Lire la suite... Vers la crise ? Financial-crisis (Image by Gerd Altmann from Pixabay) Lire la suite... La guerre ? Pour quoi, pour qui, contre qui, comment ? Fusil Lebel, modèle 1886 en service en 1940 Lire la suite...

  • Chronique d’une émancipation citoyenne | Le Clairon

    Chronique d’une émancipation citoyenne Cinquante-cinq ans après l'irruption novatrice d'Hubert Mouly, la boucle est bouvlée ! "Nouveau Narbonne" est devenue cette baronnie immobile, convaincue d’être dépositaire d’un droit divin et usée par le pouvoir. Image par Alexandra_Koch de Pixabay Il aura fallu dix-huit mois. Dix-huit mois d'un interminable tunnel politique pour qu'émerge enfin une proposition claire à Narbonne. Pour comprendre la naissance de la liste « Nous sommes Narbonne », il ne suffit pas de regarder les événements des dernières semaines. Il faut remonter le fil d'une mécanique de l'échec soigneusement entretenue par ceux qui prétendent aujourd'hui incarner l'union ou la radicalité. Nous avons reconstitué l'histoire souterraine d'une émancipation citoyenne qui s'est construite contre les appareils politiques locaux. Le péché originel de l’été 2024 Tout remonte à la vague d'espoir créée par Nouveau Front Populaire. À l'été 2024, les urnes narbonnaises envoyaient un message sans équivoque. Malgré son échec dans la circonscription, sur la commune de Narbonne, la gauche pouvait encore gagner. L'élan citoyen était là, palpable, prêt à déborder sur le municipal. Mais cet élan se brisa net contre un mur de procédure. La candidate aux législatives, aujourd'hui recasée confortablement au sein de "Narbonne en Grand", imagina une structure censée organiser la suite. Elle imposa la création d'un "bureau politique". Sous ce nom, vite renié, se cachait une machine à broyer les initiatives. Ce cénacle réunissait les chefs locaux des partis, avec pour certains un seul objectif cynique. Ils venaient simuler le dialogue pour mieux acter, semaine après semaine, l’impossibilité de s’entendre.L'énergie citoyenne de l'été 2024 mourut dans ces réunions stériles. Le message envoyé à la population fut désastreux. L’imbroglio de l’automne 2024 Dès l’automne, des partis commencèrent à se rencontrer selon un autre format, calqué sur celui des départementales de 2021. Autour du PS se rassemblèrent le PCF, EELV et le PRG. LFI n’était pas invité, pas plus que le MCN (Mouvement Citoyen Narbonnais), pourtant élu avec eux en 2020 dans l’opposition municipale. En coulisse l’explication de ce format était l’impossibilité de travailler avec un animateur LFI local jugé trop conflictuel. Le MCN constituait un dommage collatéral. Mais le vrai motif était stratégique. En créant un arc politique dont il occupait le centre, le PS étaitmécaniquement positionné en point d’équilibre et son candidat devenait naturel. Au sein du PS, la désignation de Nicolas Sainte-Cluque comme chef de file provoqua des remous. Les démissions se succédèrent au conseil municipal révélant son isolement. Sur les 7 postes obtenus en 2020, seulement 4 seront encore occupés par ses fidèles en fin de mandat. Écartés des tractations, les conseillers municipaux du MCN décidèrent alors de reprendre leur autonomie. L’espoir déçu de mai La riposte au meeting du RN le 1er mai 2025 rassembla 8000 personnes. Comme les appareils échouaient à travailler ensemble, la dynamique fut citoyenne. Des figures émergèrent comme celle de Laurent Fabas qui animait l’organisation. Malgré le soutien national de La France Insoumise, l’animateur local de LFI et son comparse se lancèrent dans une campagne de sabotage et de dénigrement. En parallèle, le PS tenta de préempter l’évènement en lançant sa plateforme « Narbonne en Grand ». En réponse, un appel pour le rassemblement d’« Une Seule Gauche » fut lancé par la base. Les protagonistes politiques, pour préserver les chances d’une hypothétique union, restèrent muets dans la presse face à la manœuvre. Une omerta médiatique s'installa pour ne pas insulter l'avenir, laissant le champ libre au narratif du PS. Le piège d'octobre À la rentrée 2025, le collectif « Une Seule Gauche » décida, après des mois de réunions discrètes, de mettre la question de l’union sur la place publique. Il proposait que la méthode change. Il avait identifié un prérequis pour que l’union soit possible : il fallait que personne ne soit exclu des prises de décision. Les postures de LFI et du PS formèrent une sorte de ″miroir bloquant″. LFI posait son programme comme un préalable,le reste pourrait être débattu ensuite. Le PS voulait une tête de liste vite, le reste serait pour plus tard. « Une seule Gauche » organisaune réunion publique le 7 octobre pour montrer que ces positions n’étaient pas incompatibles. Le collectif choisit d’envoyer un communiqué et de ne pas avoir de porte-parole. Le journaliste de l’Indépendant contacta alors Nicolas Sainte-Cluque et le 30 septembre celui-ci tira une première salve dans la presse locale. Il afficha son scepticisme face à l’initiative qui contestait de facto son leadership, attaqua sur la laïcité du collectif et évoqua la probabilité d’un pugilat dans l’article qui annonçait la tenue de la réunion. Lors des séances préparatoires à cette réunion publique se produisit alors un moment lunaire. « Narbonne en Grand » demanda à « Une Seule Gauche » s’ils avaient une candidature à proposer pour la tête de liste. La réponse fut claire : même Nicolas Sainte-Cluque pouvait être tête de liste, si cette décision était prise en commun. La semaine suivante, son camp annonçait « Puisqu'il vous convient, nous l’avons désigné ». La réunion publique du 7 octobre scella en réalité le divorce. Quatre-vingts personnes votèrent à l'unanimité pour poursuivre la démarche engagée par le collectif « Une seule gauche ». L'image était belle : la réalité était plus sombre. Le secrétaire de section du Parti Socialiste prit la parole pour expliquer calmement qu'une stratégie à deux listes au premier tour constituerait une option viable. Le masque tomba. : plus question d’une seule liste… Il fut alors clair pour le Mouvement Citoyen Narbonnais (MCN) que "Narbonne en Grand" ne cherchait pas des partenaires, mais des vassaux. Le 10 octobre, le MCN annonça à Nicolas Sainte-Cluque son refus d'attendre davantage le bon vouloir d'un calendrier socialiste qui jouait la montre. Celui-ci y vit une menace. Des figures de médiation comme Benoît Perez, usées par ce double jeu permanent, jetèrent l'éponge. D’autres comme Laurent Fabas prirent acte de ce naufrage. Celui-ci tenta d'abord de recoller les morceaux, se rendit aux ateliers de "Narbonne en Grand" mais se heurta à un mur. Le refus de travailler avec La France Insoumise était viscéral et définitif. L’idée s’imposa que la seule stratégie pouvant permettre la victoire de la gauche était d’aller renforcer le camp de ceux qu’on n’écoute pas, pour rouvrir les portes qui venaient de se fermer. La guerre d'usure des commissions Une nouvelle dynamique s'enclencha alors. Elle regroupait dans un nouveau collectif réunissant LFI, le MCN, le NPA ainsi que des citoyens non encartés. L'espoir renaissait, vite douché par une nouvelle forme de bureaucratie, plus radicale mais tout aussi bloquante. Le 7 novembre marqua le début d’hostilités internes. Lors de la première réunion publique de ce nouveau collectif, l’animateur local LFI s’empara de la parole en fin de séance. Il annonça unilatéralement la dénonciation des Délégations de Service Public (DSP) sur l’eau comme première mesure phare d’un futur programme. Cette annonce stupéfia les participants. La mesure avait été écartée en réunion préparatoire, compte tenu de son coût et de sa non-conformité au programme nationalde LFI qui aborde cette question avec pragmatisme. Laurent Fabas fut chargé du compte-rendu de cette réunion, mais son texte, fidèle aux débats, fut rejeté par les animateurs LFI qui attendaient un tract politique et non un procès-verbal circonstancié et démocratique. S'ouvrit alors une période surréaliste. Les réunions hebdomadaires du collectif se tenaient dans des cafés. Que ce soit au Théâtre ou aux Quatre Fontaines, le scénario se répétait inlassablement. Les animateurs LFI ouvraient chaque séance en remettant en cause les décisions validées la semaine précédente. La réunion consistait alors à leur réexpliquer des évidences, pour tout recommencer sept jours plus tard. Ils faisaient ainsi subir à leurs plus proches alliés ce qui avait fait exploser le bureau politique du NFP un an auparavant. Le dossier des DSP devint le symbole de cette incompétence dogmatique. Une note technique évalua le coût de la dénonciation brutale des contrats à 34 millions d'euros de pénalités pour l’agglomération. Ce chiffre enterrait le sujet pour toute personne raisonnable. Pourtant, la semaine suivante, le binôme revint à la charge avec le terme "renégociation". Leur seul argument face au risque de faillite municipale tenait en trois mots : "rapport de force". Comme si manifester sous les fenêtres de l'Hôtel de Ville allait effacer les clauses juridiques d'un contrat. Le coup de force raté du 3 décembre La situation devint intenable. Une deuxième réunion publique était programmée pour le 12 décembre. L'ordre du jour prévoyait la désignation démocratique de la tête de liste et le choix du nom du mouvement par un vote public. Conscients de leur position ultra-minoritaireet du fait que l'assemblée ne suivrait pas leurs directives, les animateurs LFI tentèrent un coup de force. Ils annoncèrent qu'il n'était pas question de laisser l'assemblée décider, car elle risquerait de prendre une décision qui ne leur conviendrait pas. Au-delà de cet aveu de faiblesse, ils s’opposaient ouvertement au premier point du programme de LFI : la révolution citoyenne. Ils révélaient ainsi que leur conception de la démocratie participative se limitait à faire valider par la foule leurs propres décisions. Le 3 décembre, la réunion de travail tourna à la dispute. Acculés, l’animateur problématique et ses suivants décidèrent de faire scission. L’autre animateur LFI démissionna sur le champ. Ils partirent seuls. Les habitants de quartier restèrent à la réunion ! la plupart des militants insoumis resta aussi ainsi que les écologistes présentset les autres participants à titre personnel. L'ambiance changea instantanément. Le départ des saboteurs agit comme une libération. Le travail reprit, allégé, efficace, joyeux. La naissance d'une force adulte Ce que les Narbonnais découvrent aujourd'hui sous le nom "Nous sommes Narbonne" est le fruit de cette sélection radicale. Cette liste rassemble ceux qui ont tenu jusqu’au bout dans leur projet d’une candidature démocratiquement désignée, ceux qui ont refusé la tutelle anesthésiante des appareils et le caporalisme inefficace de petits chefs insoumis. Ces mois de lutte n'auront pas été inutiles : ils ont forgé un collectif immunisé contre le leurre dess éléments de langage et se sont rodés à l'exercice de la contradiction. Jean-Luc Maury et Nicolas Sainte-Cluque ont rendu, bien malgré eux, un fier service à cette liste citoyenne. En essayant de l'étouffer, ils l'ont obligée à devenir adulte, compétente et totalement indépendante. Il y a une ironie féroce à regarder la situation politique à Narbonne aujourd’hui. Pour comprendre ce qui se joue avec « Nous sommes Narbonne », il faut ouvrir les livres d’histoire. Lors des élections municipales de 1971, un avocat nommé Hubert Mouly faisait irruption dans une ville verrouillée depuis des lustres par la gauche traditionnelle. Face à l'hégémonie des appareils et des candidats « sortants », il avait refusé les étiquettes. Il avait rassemblé la société civile et les compétences localement disponibles sous une bannière inédite, « Nouveau Narbonne ». Son credo était simple : la ville avant les partis. A l’issue du scrutin, il avait balayé le vieux monde. Cinquante-cinq ans plus tard, la boucle est bouclée. "Nouveau Narbonne" est devenue cette baronnie immobile, convaincue d’être dépositaire d’un droit divin et usée par le pouvoir. Et face à elle, que voyons-nous ? Une liste citoyenne, menée non plus par un avocat, mais cette fois par un ingénieur, qui refuse d’être mise sous tutelle et qui prétend rassembler toutes lescompétences locales pour "réparer" la ville. En forçant le verrou des appareils de gauche et en s'adressant directement aux Narbonnais, « Nous sommes Narbonne » ne fait rien d'autre que réactiver la méthode gagnante d'Hubert Mouly. La différence est cependant cruciale, « Nous sommes Narbonne » veillera dans son projet à ne pas installer au pouvoir un nouveau clan de notables. La rédaction le 20 /12/2025 1/0 comments debug Commentaires (3) Noté 3,5 étoiles sur 5. 3.5 | 2 notes Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents hubert reys Admin 30 nov. 2025 Noté 4 étoiles sur 5. oh on y est arrivés J'aime Répondre Vincent Witz 30 nov. 2025 En réponse à hubert reys t'es fort ! J'aime Répondre Vincent Witz 30 nov. 2025 Noté 3 étoiles sur 5. tres bon article J'aime Répondre

  • Vers un recul de la règlementation protégeant la santé humaine et animale | Le Clairon

    Vers un recul de la règlementation protégeant la santé humaine et animale Après la France qui a réduit les capacités d’action de l’ANSES, autorité initialement indépendante chargée de contrôler la toxicité des produits et d’autoriser leur mise en vente c’est au tour de l’union Européenne de revenir sur des règlementations de protection de la santé humaine et animale pourtant âprement acquises. Photo CQDE.org C’est dans une grande discrétion que la Commission européenne s’apprête à faire voter une loi dénommée « Omnibus » (sic,) qui consacre un retour en arrière de la règlementation et qui détricote certaines dispositions du Pacte Vert européen. Le Pacte Vert européen Le Pacte Vert européen, aussi appelé European Green Deal, est un plan d'action de l'Union européenne lancé en 2019. Son objectif est de faire de l'Europe le premier continent climatiquement neutre d'ici 2050. Il s’agit de mettre en œuvre un programme multisectoriel de transformation écologique et économique à l’échelle de l’Europe, pour limiter les effets du changement climatique tout en améliorant la qualité de vie dans le cadre d’un développement durable. Il vise à articuler la préservation des ressources naturelles avec la croissance économique dans le respect de la justice sociale. De nombreux domaines sont concernés par le Pacte Vert : l'énergie, les transports, l'agriculture, les bâtiments, l'industrie, la protection de la diversité…Il implique notamment l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix électrique, la réduction de l’emploi des pesticides, la promotion de l’agriculture Bio et la transition vers une économie circulaire. Les mesures règlementaires en application du pacte vert ont rencontré une forte opposition de la part de divers groupes d’intérêts qui rassemblent des grandes entreprises, des lobbys industriels, des fédérations professionnelles (Ainsi, notamment, les industries pétrolières et gazières, qui s’opposent à l’objectif de réduction de 55% des émissions de GES d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990). Ces groupes d’intérêt ont fait pression sur la Commission européenne afin de limiter les effets du Pacte sur le fonctionnement de leurs entreprises et c’est dans ce contexte que la Commission a préparé le projet de loi intitulé « Omnibus » qu’elle a présenté officiellement le 25 février 2025. Le projet de loi Omnibus : ses effets La proposition de loi « Omnibus », après avoir été examinée par la commission des affaires juridiques du Parlement européen, a été votée le 13 novembre 2025 après un premier rejet par une majorité comprenant notamment la droite et l’extrême droite... Au prétexte de simplification de procédure portant atteinte au fonctionnement et à la compétitivité des entreprises, les mesures de la directive « Omnibus » constituent une régression grave portant atteinte à la lutte contre le changement climatique et à la préservation de l’environnement. Leurs principaux effets : Les obligations des entreprises en matière de devoir de vigilance et de transparence environnementale sont assouplies et ne sont plus applicable qu’aux très grandes entreprises de plus de 5000 salariés et 1,5 Mds € de chiffre d’affaire L’obligation pour les entreprise d’établir des plans de transition climatique contraignants d’ici 2050 est supprimée, affaiblissant ainsi les effets du Pacte Vert européen Le régime de responsabilité civile européen est supprimé ce qui limite les recours des victimes d’atteintes aux droits humains et environnementaux et les renvoient aux seuls cadres nationaux. La limitation de l’obligation de reporting de durabilité défini par la directive européenne CSRD pour les entreprises moyennes. Il s(agit pour les entreprisesde publier des informations détaillées sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (1) La limitation des demandes d’information des entreprises à leurs partenaires commerciaux à des cas ″strictement nécessaires et raisonnables″ ! L’interdiction aux Etats membres d’avoir des exigences plus strictes (2) que celles de la directive Omnibus. Cette directive a suscité beaucoup de critiques émanant d’ONG et d’associations écologistes ainsi que de parlementaires européens écolos ou ″de gauche″ tandis que les lobbys, la droite et l’extrême droite y voient surtout un assouplissement des charges qui pèsent sur les entreprises. La France avait déjà préalablement intégré les mesures du projet de loi Omnibus via la loi DDADUE d’avril 2025… Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 19 novembre 2025 (1)Le reporting de durabilité des entreprises, encadré par la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), est une obligation pour les entreprises de publier des informations détaillées sur leurs impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Ce reporting vise à améliorer la transparence sur la performance globale des entreprises en matière de durabilité. (2) C’est-à-dire des exigences qui se rapprocheraient des mesures initiales qui accompagnaient le Plan Vert 1/0 comments debug Commentaires (4) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents hubert reys Admin 30 nov. 2025 Moi y en a content beaucoup appris de boula matari, la magie de l'homme blanc est plus forte que sa moutarde J'aime Répondre Vincent Witz 28 nov. 2025 Noté 5 étoiles sur 5. oh oui trop top J'aime Répondre Vincent Witz 28 nov. 2025 Noté 5 étoiles sur 5. Superbe de clareté et factuel! Merci de nous ouvrir les yeux😍 J'aime Répondre Vincent Witz 28 nov. 2025 En réponse à Vincent Witz c'est bien aimable 😘 J'aime Répondre

  • Changement climatique : la température planétaire augmente à un rythme inattendu | Le Clairon

    Changement climatique : la température planétaire augmente à un rythme inattendu Le réchauffement planétaire progresse plus rapidement que prévu, la température de la mer monte et le budget carbone, c’est-à-dire la quantité de CO² qui peut encore être émis par les activités humaines dans le cadre d’un réchauffement planétaire limité à + 1, 5 degrés, est largement dépassé. C’est ce que révèle une méta-analyse publiée début juin par un cartel de 73 scientifiques dans un rapport annuel publié dans la revue ″Earth System Science Data″. Couverture nuageuse (Image par Joe de Pixabay) Un rapport annuel plus qu’alarmant : les émissions de CO² continuent de croître Ce rapport intitulé (IGCC – Indicateurs du changement climatique global) a synthétisé et analysé une quarantaine de collections de données recueillies sur l’ensemble de la planète. Les conclusions sont sans appel : le réchauffement s’accélère tout comme les émissions de gaz à effet de serre. Le premier des indicateurs concerne le budget carbone. Il estime la quantité maximale de gaz à effet de serre que les activités humaines sont censées émettre si nous voulons conserver 50 % de chances de ne pas dépasser + 1,5° C. Cette limite avait été arrêtée en 2015 lors de l’Accord de Paris » à l’issue de la COP 21. Or ce budget fond à vue d’œil, selon le rapport précité, il devrait être épuisé avant 2030 si les émissions de CO² se poursuivent au rythme actuel. Or elles continuent d’augmenter, même si le rythme de cette augmentation tendrait à décroître… L’impact du réchauffement sur la planète est de plus en plus visible C’est particulièrement le cas pour les surfaces marines qui représentent 71% de la surface de la planète : - Le niveau des mers augmente de plus en plus rapidement : en 2018 il avait gagné 20,2 cm depuis 1901. 7 ans plus tard en 2025 cette augmentation était montée à + 23 cm. Les mesures relevées indiquent une augmentation qui s’accélère : entre 2006 et 2025 elle est en moyenne de 2,7 mm / an. - Les vagues de chaleur marine augmentent aussi . Elles touchent la surface de la mer et les couches superficielles de l’océan et sont de durée variable, de quelques jours à quelques mois. Le rapport IGCC 2026 relève un triplement de ces vagues entre 1991 et 2025, année ou 65 jours de vagues de chaleur ont été enregistrés. Ces canicules impactent gravement la biodiversité marine et l’écosystème des océans et semblent inhiber la capacité de l’océan à capter le CO². Selon les scientifiques de l’IGCC la question de la continuité de cette accélération reste posée. Si pour la première fois le réchauffement de l’année 2024 dépassait + 1,5 °, il se situait à + 1,39° un an plus tard. Le temps d’observation des dynamiques climatiques est actuellement trop court pour recenser et analyser tous les facteurs qui les déterminent. D’autres observations, notamment l’étude des échanges entre l’énergie solaire reçue par la terre et l’énergie émise par elle, devraient permette d’affiner les prévisions actuelles. Cette mesure du déséquilibre entre énergie reçue et énergie émise est indispensable pour comprendre l’ensemble du système climatique. Ce déséquilibre augmente lui-aussi : constaté depuis 1970, il a doublé depuis 2000 et augmenté de 40% ces 7 dernières années…Ainsi, la planète accumule plus d’énergie, donc de chaleur, qu’elle en émet et cette accumulation s’accélère. Dans un cercle vicieux les activités humaines (gaz à effet de serre, pollutions diverses, déforestation, etc.) limitent les émissions d’énergie de la planète donc stimulent le réchauffement, ce qui impacte la calotte glacière qui réfléchit le rayonnement solaire et la couverture nuageuse protectrice, etc. Les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas d’anticiper l’évolution de ce déséquilibre énergétique, mais cela n’infirme en rien les préconisations des chercheurs sur la nécessité impérieuse de supprimer le recours aux énergies fossiles, de réduire à minima les émissions de gaz à effet de serre (GES). Selon les auteurs du rapport IGCC 2026, au rythme d’émissions actuelles de GES, nous aurons consommé dans 12 ans le budget carbone qui nous aurait donné 1 chance sur 2 de limiter le réchauffement climatique à + 1,7 °C. Louise B ; Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 18/06/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Au cinéma : "L'Objet du délit " | Le Clairon

    Au cinéma : "L'Objet du délit " France, Belgique – 2h14 – 2026 Ce film est présenté en hors compétition au Festival de Cannes. Un film de Agnès Jaoui avec Daniel Auteuil, Agnès Jaoui, Eye Haïdara. Répétittion à l'opéra (Image par Ana Krach de Pixabay) " Un Vrai Régal " Au cours de la production de l'opéra de Mozart "les Noces de Figaro", le chanteur incarnant le comte Almaviva est accusé d'agression sexuelle. Il n'en faut pas plus pour exacerber les tensions non seulement entre les artistes mais aussi entre les générations. Fallait oser et elle l'a fait !! Oser toucher à la vague #Me Too et le faire avec humour, finesse et intelligence. Agnès Jaoui met les pieds dans le plat en réaffirmant ce qu'elle disait dans une interview “Disons que je suis très #Metoo et pas très “Balance ton porc ”. Elle le fait avec finesse puisqu'elle se sert de Mozart et de l'opéra pour mettre en évidence les points de vue sur la question. Et des points de vue, il y en a et de toutes les formes et de toutes les couleurs politiques. Tous les protagonistes ont droit à la parole et au questionnement. Elle est (la parole), suivant les générations, virulente, mesurée ou fade. Il est vrai qu'on n'aborde pas la question de la même façon suivant qu'on est jeune ou vieux, reconnu ou inconnu, male ou femelle etc… Et Jaoui ne se prive pas d'y mettre une touche d'humour et de distance. Elle nous présente une sorte de western où le présumé innocent est déjà coupable, jugé et condamné par un tribunal populaire, où une photo fait figure de preuve et où celle qui parle le plus fort a surement raison. A l'appel des sacro-saints réseaux sociaux, la chose est déjà jugée, l'individu condamné et mis au ban de la société. Une justice expéditive, bien loin de nos arguties juridiques et de la lenteur de Dame Thémis ! Et tout cela sans que la principale intéressée, la victime ait dit le moindre mot. La voilà au cœur de la polémique, un peu hébétée que le débat enfle au point de crever la bulle de l'absurdité. Mais, c'est une belle et intelligente réflexion qui anime Jaoui, elle nous offre un débat avec toutes les questions, hésitations, atermoiements qui l'anime, elle pointe les contradictions et dit-elle " il suffit de les pointer pour que cela devienne drôle ". Elle nous offre une comédie qui ne laisse pas oublier qu'au-delà de celle-ci, il y a des femmes dont la vie a été brisée. Patricia Renaud pour le Claron de l’Atax le 18/06/2026 1/0 comments debug Commentaires (1) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents BURGER Catherine 30 juin Noté 5 étoiles sur 5. Quel bonheur, ce film ! cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ri !. Quelle intelligence, quelle finesse. Agnès Jaoui nous embarque dans cette démonstration au son de la musique de Mozart. J'aime Répondre

  • Au cinéma : LE GÂTEAU du PRÉSIDENT | Le Clairon

    Au cinéma : LE GÂTEAU du PRÉSIDENT Le poids d'un dictateur Sadam Hussein sur la vie quotidienne d'une petite fille Irak marais de Mésopotamie (Image par florencedidiot de Pixabay) Irak, Qatar,U.S.A – 1h42 – 2025 Un film de Hasan Hadi avec Baneen Ahmad Nayyef, Sajad Mohamad Qasem, Waheed Thabet Khreibat. Nous sommes en 1990, Sadam Hussein est au pouvoir en Irak et pour son 50ème anniversaire, dans chaque école, un enfant est tiré au sort pour confectionner un gâteau d'anniversaire. Ce qui pourrait être un honneur dans un monde "normal" devient "une sacrée galère " dans le monde absurde de Hussein. Lamia, petite écolière de 9ans va en faire la douloureuse expérience. Elle va donc partir à la ville avec sa grand-mère pour chercher ces ingrédients rares que sont œufs, sucre, farine et levure. Elle emmène avec elle, son coq Hindi et son ami Sayeed qui doit apporter des fruits. Lamia va devoir pour remplir son contrat faire preuve de débrouillarde et de ruse. On est confondu de voir ces enfants confrontés à des problématiques d'adultes, il ne s'agit pas simplement d'acheter ces produits, mais de les négocier, de les marchander, de les échanger contre des services et de risquer sa vie et même plus à tout moment. C'est un premier film de Hasan Hadi et c'est une réussite saluée par la Caméra d'Or au festival de Cannes. Hadi a voulu camper une histoire particulière réelle dans l'Irak sous la domination d'un dictateur, le pays est sous le coup de sanctions internationales qui le font basculer dans la misère et la pauvreté aggravées par la corruption. Hadi raconte une partie de sa jeunesse et son pays à cette époque difficile, sous le joug d'un dictateur et soumis à une propagande effrénée. Il tourne avec des acteurs et actrices non-professionnels –elles dont la prestation nous étonne. C'est extrêmement joyeux et en même temps terrifiant, le combat de ces deux enfants qui restent jeunes et joueurs et qui devant l'adversité font face avec courage, nous émeut. Cet Irak, dont on ne connait que peu de choses si ce ne sont les articles dans les journaux , est une découverte. Pour un premier film, c'est un coup de maitre ! Patricia Renaud pour le Clairon de l'Atax le 06/02/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • La chronique des gens qui ne sont rien | Le Clairon

    La chronique des gens qui ne sont rien De quoi on cause au comptoir Le bistrot : un des derniers lieux où on réfléchit (Image Iphigénie Atrides) Le Trump, il n’a pas réussi à être prix Nobel de la paix, par contre chez nous en France, un pote à lui, Bernard Arnaud vient d’être intronisé à l’Académie des sciences morales et politiques : on est quand même fortiches ! Sacré mec le Bernard, patron de LVMH, 7ème des capitalistes les plus riches du monde ! Parce que ce n’est pas rien l’Académie des sciences morales et politiques dont il est devenu membre : ça fonctionne depuis presque 200 ans, c’est du sérieux ! D’abord avec un tel titre, cette académie montre qu’il peut y avoir de la morale en politique, ensuite ça veut dire que si un bonhomme est choisi comme membre, c’est forcément parce que sa vie est un exemple de moralité. Du coup, il y avait tout le gratin à la cérémonie : 2 prix Nobel d’économie :Tirole et Agion ; Pébereau un ancien PDG de la banque BNP Paris Bas ; Trichet l’ex patron de la BCE la Banque Centrale Européenne... Il y avait aussi Barnier, le 1er ministre plus rapide que son ombre et Cazeneuve le socialiste de droite ; Baladur : un autre ex premier ministre libéral et privatiseur ; Hidalgo la future ex-maire de Paris et Dati candidate à sa succession, copines d’un jour. Et pour couronner le tout : Alain Duhamel, la star des éditorialistes politiques, celui qui ne se trompe jamais, ou presque…. Une révélation cette séance ! On ne savait pas que tous ces gens étaient potes avec Arnault ! Et puis, cerise sur le gâteau, la présence engagée l’ancien ministre de l’économie et des finances le plus durable de la Macronie : Bruno Le Maire ! Lui, pendant qu’il gérait les finances de notre pays de 2017 à 2024, on s’est pris 1000 milliards de dette publique en plus, tandis ″qu’en même temps″ les capitalistes les plus riches doublaient leur patrimoine ! Et bien ce Bruno Lemaire là, qui est aussi un type qui écrivait des romans pendant qu’il était ministre (c’est dire si c’est un talent !), a fait un éloge magnifique au Bernard : « vous êtes une lame en à peu près tout, la silhouette, le regard, l’intelligence et l’intuition ». Alors en pensant à tous ces gens réunis, occupés à faire leur cour à ce type en costard brodé d’argent, j’ai compris tout à coup qu’en France, le patron ce n’était pas Macron, le président de la République, mais qu’au-dessus il y avait Arnault, le plus milliardaire des milliardaires. J’ai aussi compris que dans cette affaire, la morale n’avait plus le même sens que ce qu’on m’avait appris à l’école. Le truc, ce n’est plus de respecter les lois de la République qui nous perment de vivre ensemble, aussi bien que possible, mais d’être suffisamment puissant financièrement pour changer ou contourner ces lois quand ses propres intérêts sont en jeu. Gilbert Kwassa, traverseur de rues 1/0 comments debug Commentaires (2) Noté 4,5 étoiles sur 5. 4.5 | 2 notes Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Vincent 10 févr. Noté 4 étoiles sur 5. Faut il en rire ou en pleurer ? J'aime Répondre Jonquay 25 janv. Noté 5 étoiles sur 5. MDR. Et dans les autres Académies, je suppose que c'est du même tonneau ? De quoi se jeter dans le futur grand canal de Narbonne ! 🤣 J'aime Répondre

  • Narbonne, municipales 2026 : la question du logement | Le Clairon

    Narbonne, municipales 2026 : la question du logement Le droit au logement est la pierre angulaire de la dignité humaine et le moteur d'un dynamisme économique partagé par tous Narbonne (image Pixabay) Tandis que les lampions des fêtes de fin d’année illuminent les Barques, une réalité glaciale se cache derrière les volets clos des quartiers populaires de notre cité. De nombreuses familles narbonnaises vivent dans des appartements humides ou totalement dépourvus de chauffage. Un marchand de sommeil qui ne loue pas moins de 60 logements vient d’être condamné une semaine avant Noël à 18 mois de prison. Cette détresse humaine rappelle cruellement que le droit au logement demeure une promesse non tenue pour une part croissante de la population locale. Le contraste entre la chaleur des marchés de Noël et la froideur des murs insalubres du centre historique impose une remise en question profonde de nos priorités municipales. Il convient désormais d’agir avec une détermination qui a fait défaut jusqu’ici pour que chaque Narbonnais dispose d’un foyer digne et protecteur. L’impact systémique du logement social Narbonne compte environ 40 000 logements, dont seulement 30 000 sont des résidences principales. La progression du nombre de résidences secondaires a été sur la période 2014-2020 près de trois fois plus rapide que celle des résidences principales. Ce chiffre reflète la prolifération incontrôlée des locations saisonnières de type « AirbnB » qui peut être visualisée par le biais de la multiplication de boîtes à code en centre-ville. L’augmentation constante du nombre de résidences secondaires fausse totalement les indicateurs de tension immobilière. Une part considérable du parc immobilier échappe aux résidents permanents et provoque une inflation artificielle des loyers. Il ne s’agit pas d’un accident de marché. Le renoncement est délibéré. Alors que d'autres villes limitent les changements d'usage ou imposent des quotas stricts, la municipalité narbonnaise laisse faire. Ce laisser-aller s'explique par la nature même de nos décideurs. Par leur métier ou leur patrimoine, ils tirent profit de la tension locative. Cette crise n'est pas une fatalité technique, elle est le fruit d'une endogamie politique qui paralyse toute velléité de réforme. Comment s’étonner de l’inertie municipale quand les instances de décision sont verrouillées par des élus dont le patrimoine ou la profession sont les premiers bénéficiaires de la tension immobilière ? Entre un maire agent immobilier et un député multipropriétaire, le conflit d’intérêts n’est plus une ombre, il est une barrière. La régulation du marché ne pourra jamais être menée par ceux qui profitent de sa surchauffe. La direction de la cité doit être arrachée des mains de ceux qui vivent de la rente pour être rendue aux usagers de la ville. Pour contrebalancer cette pression à la hausse, la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) impose que 25 % des résidences principales soient des logements sociaux. L’idée sous-jacente est de créer une offre suffisamment abondante à prix régulé pour avoir un effet systémique sur l’ensemble du marché immobilier. Le seuil est un compromis sans base scientifique. Certains rechignent à développer ce genre d’offre en raison de la mauvaise presse de l’habitat social et voulaient un seuil plus bas. D’autres veulent s’inspirer d’expériences où le taux de logements sociaux et quasi-sociaux permet une régulation systémique observable des loyers comme la ville de Vienne en Autriche dont le taux est de 43 %. Les 7500 logements sociaux narbonnais sont insuffisants pour atteindre cet effet systémique qui influence l’ensemble des prix du secteur privé. Ils sont même insuffisants pour débloquer les parcours résidentiels dans le parc social. Dans l’agglomération 5600 dossiers de demande d’attribution sont actifs. L’offre annuelle plafonne péniblement à 850 attributions effectives. Un dossier sur sept seulement trouve une issue favorable chaque année. Cette situation de pénurie favorise les abus. Sans un changement radical de braquet budgétaire et foncier pour saturer l’offre publique, les familles narbonnaises resteront captives d’un système de pénurie qui alimente la spéculation et l’insalubrité. La puissance publique doit impérativement intervenir pour rétablir une fluidité minimale car le maintien de tels délais d’attente constitue une rupture d’égalité manifeste devant le droit fondamental au logement. Pour un choc de l’offre non spéculative La gestion actuelle des offices de l’habitat est une insulte quotidienne aux locataires. Le naufrage des bailleurs sociaux n’est pas qu’une affaire de chiffres, il est le produit d’une déconnexion totale. Les décideurs, calfeutrés dans leurs résidences privilégiées, ne subissent jamais l’humidité des murs ni les pannes de chauffage qu’ils imposent aux autres par leur inertie. La transparence retrouvée doit engager une révolution démocratique. Les locataires doivent devenir les gestionnaires directs de leur cadre de vie par le biais de budgets participatifs dédiés à l'entretien. Le contrôle citoyen direct n'est pas un gadget, il est l'unique rempart contre la déchéance du bâti et le clientélisme des attributions. Seuls ceux qui vivent dans les immeubles sont aptes à prioriser l’urgence de la maintenance. La souveraineté des locataires ne peut exister sans briser l'entre-soi des conseils d'administration. La réforme doit être institutionnelle. Il faut réduire la part des élus au sein des instances de décision des offices de l’habitat au profit d'un collège d'experts indépendants et de représentants de locataires tirés au sort. C'est à ce prix, en changeant ceux qui décident avant de changer ceux qui dépensent, que nous mettrons fin au clientélisme des attributions. Viser le simple respect de la loi est une ambition de comptable, pas un projet de ville. Pour briser la spéculation, la municipalité doit viser un volume de logements hors-marché tel que les bailleurs privés indélicats n'auront plus d'autre choix que d'aligner leurs prestations sur la qualité du public ou de disparaître. Ce choc d'offre doit aussi bénéficier à la classe moyenne, dont le pouvoir d'achat est siphonné par des loyers privés excessifs. Pour limiter l'impact sur l'endettement de la ville, le rôle de l'investisseur traditionnel doit être repensé. Le modèle de la défiscalisation spéculative a montré ses limites. Il convient de favoriser l'émergence d'un secteur locatif quasi social. Des capitaux privés s'investiront dans des structures d'utilité publique sorties du champ de la spéculation. Ces investissements sans conventionnement classique mais avec un plafonnement contractuel permettent de mobiliser l'épargne sans alourdir le bilan comptable de la collectivité. Pour les populations les plus fragiles que le parcours résidentiel classique exclut systématiquement et qui sont les cibles des marchands de sommeil, la puissance publique doit agir comme un garant universel. La sortie de la précarité est un parcours qui en plus des structures d'urgence, doit passer par une insertion discrète dans le tissu urbain ordinaire. La mixité sociale est trop souvent un simple slogan ou un artifice statistique. Elle se heurte à une réalité vécue très différente. À Narbonne, lorsqu’un passant est interrogé pour savoir si un bâtiment contient des logement sociaux, il se trompe rarement. Rien n’impose pourtant de construire différemment. La distinction est un choix qui stigmatise. La mixité doit s'opérer au sein même des immeubles et des lotissements où des logements privés côtoient des logements locatifs sociaux derrière des façades identiques. La diversité architecturale ne doit pas traduire une hiérarchisation visible des revenus. La ville gagne alors en harmonie ce qu'elle perd en barrières sociales. La servitude de mixité sociale est un outil juridique simple, précisément conçu dans cet objectif. La mettre en œuvre ne nécessite rien d’autre qu’une évolution du document d’urbanisme. Lorsqu’un logement social devient indistinguable d’un logement privé et que leur nombre tempère les prix du marché entier, les parcours résidentiels deviennent fluides. La reconquête du centre historique par le foncier solidaire La réhabilitation du cœur de Narbonne nécessite un outil juridique puissant comme l'Office Foncier Solidaire (OFS). Sa mise en œuvre doit suivre un plan de montée en puissance raisonné en débutant par des opérations simples sur des fonciers déjà maîtrisés par la ville. Ce dispositif sépare la propriété du terrain qui reste publique de celle des murs qui devient privée ce qui permet de proposer des logements à des prix très inférieurs au marché tout en bloquant toute velléité spéculative lors des reventes futures. Cette politique de l'habitat doit s'accompagner d'une vision claire. Le cœur historique doit cesser de vouloir s'adapter au mode de vie périphérique centré sur l'automobile. Les rues étroites et le bâti dense possèdent des qualités intrinsèques qui conviennent parfaitement à certains segments de la population comme les étudiants ou les jeunes actifs sans voiture. Il ne s'agit pas de ghettoïser le centre mais de reconnaître qu'un appartement médiéval sans garage constitue un habitat idéal pour qui privilégie la proximité des services et de l'animation urbaine. Adapter ces structures anciennes aux exigences de l’automobile coûte une fortune à la collectivité et détruit l'âme de notre patrimoine. Nous devons inviter ceux qui aiment la ville pour ce qu'elle est plutôt que de la défigurer pour satisfaire des exigences de confort standardisé. Le centre-ville doit redevenir un lieu de vie désirable pour toutes les générations prêtes à embrasser une urbanité apaisée et libérée de la domination mécanique. La mutation nécessaire des professions de l'immobilier Une telle réorientation n'est pas une déclaration de guerre aux professionnels du secteur, mais la proposition d'un nouveau contrat social. Le modèle fondé sur la multiplication des transactions spéculatives s'essouffle. La mutation des métiers de l'immobilier n'est pas une invitation au dialogue, mais une nécessité de survie éthique. Les agents immobiliers et les avocats doivent passer d'une économie du flux spéculatif à une économie de la valeur d'usage et de la gestion durable. Les agents immobiliers et les avocats doivent retrouver leur juste place, celle d'exécutants techniques sous la direction d'une volonté politique forte, et non de pilotes de l'urbanisme. Leur expertise doit être mobilisée pour la gestion de la complexité comme la rénovation thermique et les baux solidaires. Elle est inadaptée pour dicter la stratégie municipale. La puissance publique doit reprendre les commandes pour mettre fin à l'ère où le profit privé servait de plan local d'urbanisme. La puissance publique doit accompagner cette transition en ouvrant aux professionnels les marchés de la rénovation urbaine et de la gestion déléguée pour le compte de l'OFS. L'intérêt général exige que tous les talents se conjuguent pour offrir aux habitants des conditions de logement dignes. Le droit au logement est la pierre angulaire de la dignité humaine et le moteur d'un dynamisme économique partagé par tous. Narbonne possède les ressources et l'histoire nécessaires pour devenir ce laboratoire de l'habitat de demain où la beauté architecturale et la justice sociale ne forment plus qu'une seule et même ambition. Laurent Faba pour le Clairon de l'atax le 21/12/2025 1/0 comments debug Commentaires (2) Noté 3 étoiles sur 5. 3.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Vincent Witz 28 nov. 2025 Noté 3 étoiles sur 5. Y A BON BANANIA J'aime Répondre Vincent Witz 30 nov. 2025 En réponse à Vincent Witz 😀hgfhfhgfhgfhgf J'aime Répondre

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