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Y a-t-il une alternative ?

  Que dire d’un Etat qui se veut l’héritier des Lumières et qui en l’espace d’une vingtaine d’années s’incarne dans un premier président repris de justice, un second qui fait le contraire de ce qu’il a promis et d’un troisième qui méprise le peuple ?

   Que dire de cette candidate aux présidentielles de 2027, fraichement condamnée par la justice, qui ne fait même pas scandale chez ses opposants politiques ?

  Que dire en cette fin de mandat, à près de 9 mois des prochaines élections présidentielles, de ces partis qui passent leur temps à négocier des places ou de fumeuses coalitions ?

   Que dire de ces partis politiques qui, à une exception près, s’avèrent incapables de présenter aux électeurs un projet et encore moins un programme, susceptibles d’animer un débat national ?   

(Image par John Hain de Pixabay)

 A 9 mois des prochaines élections présidentielles, on en est au débat d’idées, certes atténuées par la torpeur des vacances. Les uns et les autres agitent comme des hochets à diable (*) : la dette, la politique de l’offre, le moins d’Etat, la relance de la demande, le « retour aux vraies valeurs françaises », mais s’avèrent incapables au-delà des slogans, à une exception près, de produire une description structurée de l’action politique qu’ils envisagent de mener à court, moyen et long terme.


   Dans ces conditions, le lien qui unit les Françaises et les Français à leur classe politique (c’est-à-dire à ceux qui sont censés les représenter ou aspirent à le faire) est un lien d’opinion, fondé sur la stimulation d’affects au détriment d’une réflexion partagée.


   C’est à ce jeu-là, que le Rassemblement national et ses succursales, amis et alliés doivent leur succès. Ils avancent masqués derrière un nuage de xénophobie, sans dévoiler à leurs groupies la politique qu’ils comptent mener, pour peu qu’ils en aient une qui se démarquerait du marécage actuel.


   Et puis il y a la France Insoumise, cette LFI à la consonance proche de FFI ; ce mouvement qui fait si peur aux autres organisations politiques. LFI dispose depuis plusieurs années d’un programme structuré et sans cesse retravaillé, d’un institut de recherche et de formation ouvert à tous, l’institut La Boétie, d’élus qui connaissent le programme de leur mouvement, qui sont capables de l’expliquer et de le défendre, de militants et de sympathisants enclins au prosélytisme, bref d’une armée en état de marche…


   Face à ce mouvement difficile à combattre sur le fond des idées, d’autant plus que l’on sait les siennes fumeuses ou éculées, la cible sera donc le chef de file de ce mouvement, comme le veulent les mœurs du temps, où les idées politiques sont censées s’incarner nécessairement dans des personnages publics. Alors, les faiseurs d’opinion et les aboyeurs de télé, grassement rétribués, instillent à leurs ″Faux lovers″ des contre-vérités répétées comme des mantras.


   Il est vrai que certains aspects de la personnalité de Jean Luc Mélenchon se prêtent à ce jeu-là : ses talents de tribun l’exposent à des gaffes, voire des bévues, exploitables par ses adversaires qui ne s’en privent pas. Il est facile, en portant le scandale sur la forme, d’occulter le fond. Alors, le message construit par les influenceurs qui tablent sur le morcellement de la gauche, est de faire douter de la capacité de Mélenchon à exercer le pouvoir sur un mode non autoritaire, vu son caractère.


   Mais en démocratie, le problème ce n’est pas le chef qui gouverne, c’est le pouvoir que le peuple lui laisse. En la matière, la Vème République française constitue un véritable festival de pouvoir autocratique qui ne cesse de se renforcer.


   Les sociétés humaines connaissent des hauts, des bas et des déclins : peut-être faut-il s’y résoudre et ne pas s‘accrocher à des rêves que nous n’avons plus les moyens de réaliser. Les cafouillages de la macronie toujours en place illustrent le déclin de nos institutions. Saurons-nous chasser en 2027 tous ces bricoleurs du néolibéralisme et construire de nouvelles institutions solides et résilientes ?


   La question est vitale : face à nous se dresse un monstre ; les scientifiques nous avaient prévenus, il arrive plus vite que prévu. Il ne s’agit plus de faire de jolies phrases genre : « La planète brûle et nous regardons ailleurs… » et de sortir un « Plans National de Canicule » éculé datant de 2003.


   Déjà la hausse sous-estimée des températures nous perturbe physiologiquement, fait dysfonctionner des systèmes nécessaires à nos modes de vie, comme les transports ou l’habitat, l’éducation, catalyse des situations de conflits sociétaux et internationaux. Allons-nous affronter ces défis qui engagent notre survie avec la même classe politique à la gouvernance mortifère ?


Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 24 / 07 / 2026


(*) Les hochets à diable étaient des sortes de marionnettes, utilisées au 19ème siècle pour effrayer et/ou amuser les enfants

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