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Et si on reparlait cadmium ?

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   Les scientifiques expliquent à présent que les évènements climatiques extrêmes censés se produire environ tous les 10 ans deviennent de plus en plus fréquents. Cela signifie que la santé des populations exposées à ces événements sera confrontée à des agressions de plus en plus fortes et fréquentes. Et il ne s’agit pas seulement de la santé des personnes âgées actuellement ciblées par quelques mesures gouvernementales, mais de la santé de l’ensemble de la population. Or l’état de santé de la population française s’avère mis à mal par toutes sortes de polluants révélés au fur et à mesure des découvertes des chercheurs.


Le Cadmium, un métal lourd devenu un enjeu majeur de santé publique


   Tout est une question de quantité. Au départ le cadmium, classé cancérogène par le CIRC (*), est présent en petites quantités dans notre environnement (air, sol, eau) mais nos modes de production de produits agricoles tirés par et vers l’agro-industrie, impliquent la stimulation des plantes par divers engrais et notamment des engrais phosphatés. Ainsi en 2025 ce sont 352 200 tonnes d’engrais phosphatés qui ont été déversé sur nos sols. (Ndlr : ils sont largement dépassés par les engrais azotés qui représentent 80% des ventes mais leur quantité croit régulièrement)

Ces engrais phosphatés contiennent du cadmium qui s’accumule dans les sols et renforce leur dose ″naturelle″. Les plantes absorbent ce cadmium en quantités variables selon les espèces et des plantes transformées sont destinées à l’alimentation humaine (ndlr / par ex. les céréales). Le cadmium ainsi transporté s’accumule dans l’organisme.


Les Français en tête des populations contaminées en Europe.


   L’ANSES (**) confirme une exposition particulièrement marquée chez les enfants et préoccupante chez les adultes. Pourquoi cette exposition varie selon les pays ? Elle serait due à des différences de pratiques dans la consommation des aliments. Les niveaux de concentration de cadmium observés dans l’organisme des Français serait 4 fois supérieur à ceux d’autres pays européens selon -Santé Publique France-.


   Une analyse de l’ANSES des aliments au moment de leur consommation montre que le cadmium est présent à des degrés divers dans 89% des aliments. Les plus fortes concentrations se retrouvent dans les crustacés et les mollusques, les confiseries, les abats, le chocolat, tandis que la concentration est faible dans les produits laitiers.

Les modes de consommation influent sur l’imprégnation des sujets. Ainsi selon l’ANSES 100% des enfants dépassent les valeurs admises et passé un certain âge leur alimentation a base de pommes de terre et de légumes contribue à ce dépassement. Les fumeurs inhalent aussi du Cadmium qui s’accumule dans leur organisme. Selon l’ANSES la tranche d’Age de fumeurs entre 45-64 ans concentre en moyenne 2 fois plus de cadmium dans son organisme que les non-fumeurs.


Le Cadmium, un impact sérieux sur la santé publique, difficile à réduire


   Outre ses propriétés cancérogènes le cadmium peut aussi à long terme affecter les reins, fragiliser les os et être reprotoxique. Face à ce facteur de fragilisation de la santé de la population l’ANSES recommande de varier son alimentation de manger Bio dans la mesure du possible (Ndlr. : moins d’engrais) et de diminuer autant de possible la consommation de produits à base de blé.


   La véritable efficacité dans la réduction des teneurs en cadmium chez les humains, réside dans la diminution, voire la suppression du cadmium dans les fertilisants. Autrement dit changer les pratiques agricoles…

   Des propositions de loi viseraient à réduire la proportion de cadmium contenue dans les engrais phosphatés, mais l’agro-industrie, proche de nos gouvernants, veille…


Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 20 :09 :2026


(*) Centre International de Recherche sur le Cancer

(**) l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire


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