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  • Littérature : TERRE SOMNAMBULE | Le Clairon

    Littérature : TERRE SOMNAMBULE Un vieil homme et un enfant marchent sur une route déserte du Mozambique Editions Métaillié, parution 10/01/2025 : 256 pages Un livre prodigieux ! Gilles Deleuze, à qui on demandait d ‘expliquer la notion de « concept « répondait « quelque chose de neuf ». Eh bien voilà ! « Terre somnambule « instaure une nouvelle façon d’écrire ! Mia Couto invente une langue ; et c ‘est prodigieux. Dès lors, peu m’importe les confusions du récit, en lisant, je deviens « terre somnambule ». Langue hybride, pollinisée par les parlers mozambicains, qui s’épanouit en un français « désidiomisé ». La langue de Mia Couto peut être ainsi considérée comme un véritable hapax. Les ressorts de cette distorsion langagière sont multiples : Jeux sur la polysémie : « Dans ce pays, la guerre avait mort la route » ; jeux avec les préfixes ; ‘ je déréussis à comprendre ». Substantivisation des verbes ou morphologisation des substantifs : « Murdingo s’était enfantiné »… Mia Couto nous replonge dans une langue originelle, langue - d’avant la langue, pré-langage fondateur. Bien sûr, cette langue est aussi celle de l’Afrique. Elle en évoque les sortilèges, les devins, le panthéisme et cette porosité entre la vie et la mort. On songe à Mabankou ; avec une dimension peut être plus épique. Le roman, se faisant, déroule un récit enchâssé. L’histoire du petit Muidingo et du vieil homme Tuahir encadre celle de Kindsu , révélé par ses cahiers, avec un jeu d’échos entre les deux. Certes, le récit est foisonnant, parfois brouillon, mais le livre reste ; à mes yeux, une mirifique découverte. Magali Dellaporta pour le Clairon de l’Atax le 31/01/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan (LNMP) : un projet incomplet. | Le Clairon

    Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan (LNMP) : un projet incomplet. Le dossier de concertation de la phase 2 de la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan est soumis à l'appréciation du public jusqu’au 19 juin. L'impression qui prédomine à sa lecture est celle d'un projet techniquement détaillé, mais dont la vision d'ensemble est enfermée dans un prêt-à-penser technocratique. Interrogeons la robustesse systémique du projet. Présentation schématique des différentes hypothèses de tracés (document issus de la concertattion Ce qui se joue ici dépasse largement le simple gain de quelques minutes sur un temps de parcours entre Béziers et Perpignan. La LNMP n'est pas une infrastructure d'intérêt purement local. Elle constitue la clé de voûte d'un corridor européen majeur reliant Gibraltar à l'Ukraine. I. Le chaînon manquant européen Ce tronçon patiente dans les cartons depuis trente ans. Les logiques d’aménagement parisiennes l'ont systématiquement relégué au profit d'une contraction du réseau national autour de la capitale. Cette vision centralisée a sacrifié les transversalités périphériques. Le retard accumulé par la France sur l'arc méditerranéen a finalement forcé l'intervention de l'Union Européenne. Bruxelles accepte de financer l'infrastructure à hauteur de 50 % au lieu de ses 20 % habituels. Cette décision n’a été connue qu’après la finalisation du dossier. Cette manne financière pallie la défaillance de l'État. Elle oblige surtout à concevoir un outil aux standards continentaux et exclut la logique du projet au rabais. Mais ces considérations sont très éloignées des préoccupations quotidiennes des habitants du territoire. L’argument présenté comme décisif est la continuité du service. Une deuxième infrastructure distincte de la ligne historique permet une meilleure résilience face au changement climatique et aux catastrophes. En effet si une ligne est coupée par un incendie ou la montée des eaux, les trains empruntent l’autre itinéraire. Cet argument rend complètement obsolète le scénario de base, validé par une décision ministérielle. Il justifiait une ligne exclusivement dédiée aux voyageurs par de simples considérations comptables. En s’autorisant des pentes plus importantes, l'objectif avoué consistait à éviter le percement des Corbières. Et de manière moins avouée de s'épargner les bassins de rétention pour matières dangereuses dans les plaines inondables. En effet, la mixité fret-voyageurs permet d’écarter les convois toxiques des centres-villes. Les porteurs du projet semblent désormais favoriser une solution mixte. Un scénario est absent de la concertation. Celui où la ligne existante est renforcée sans nouvelle balafre dans le territoire. Cette absence a ému certains participants aux réunions publiques. II. Le nœud narbonnais et le verrouillage fonctionnel L'architecture proposée pour le nœud de Narbonne acte pourtant un renoncement. Le projet fait l'impasse sur la création d'un triage fret d'envergure au carrefour de la transversale vers l’Atlantique et de l’axe Méditerranéen. Cette omission est expliquée par le modèle du train complet appliqué par la SNCF. La doctrine du point-à-point limite la recomposition des wagons et a des résultats décevants en matière de report modale. Seules les industries lourdes ou les grandes métropoles y trouvent leur place. Elle exclut des tissus à construire comme ceux de l'Aude et de l'Hérault. Sans gare de formation pour massifier le fret diffus local, le territoire sera traversé sans être desservi. Les camions continueront de saturer l'autoroute A9. La LNMP deviendra un simple tuyau de transit pour les marchandises extérieures. Sans outil de tri, l'infrastructure fige le déficit d'ambition industrielle de la région pour les cinquante prochaines années. Il s’agit d’un choix, avec toutes ses conséquences en matière d’artificialisation qui aurait mérité d’être débattu. En ce qui concerne les voyageurs, le dossier milite très ouvertement pour une gare nouvelle à l’ouest de Narbonne sur la commune de Montredon. Le dossier se cantonne à la proposition de référence qui fixe cette infrastructure au croisement exact entre la ligne classique venant de Toulouse et la future ligne à grande vitesse. L'examen des schémas révèle une impasse géométrique. Les trains à grande vitesse de l'axe transversal Toulouse-Marseille ne pourront tout simplement pas s'y arrêter sans une perte de temps rédhibitoire. Avec cette option le territoire renonce à sa connectivité nationale. Une gare excentrée n'a de justification d'aménagement que si elle opère comme un véritable hub régional multidirectionnel. III. L'expertise captive et le renoncement hydraulique Une alternative ferroviaire a été présentée lors d’une réunion à la Chambre de Commerce et d’Industrie. Un emplacement plus près du village de Montredon et plus loin de Narbonne autorise un triangle de raccordement complet. Il garantit la fluidité des circulations et des arrêts vers l'Espagne, la vallée du Rhône et la façade atlantique. Ce site est en zone inondable, comme la solution de référence d’ailleurs. Le porteur du projet ferroviaire a fait appel à l’expertise hydraulique de la société BRL. Ce prestataire historique promeut localement un barrage de rétention sur le Rec de Veyret qui protège la solution de référence et pas l’alternative. Il s’agit d’une occasion manquée pour le territoire. Une expertise indépendante aurait peut être dessiné d’autres solutions. Une concertation presque simultanée est lancée sur les plans de protection contre les inondations du Rec de Veyret qui concerne les deux sites. Mais l’action publique est cloisonnée. Les terrassements massifs exigés par une ligne nouvelle offrent l'opportunité industrielle de redessiner la transparence hydraulique d'un bassin versant. Cette option n’est absolument pas prise en compte dans le projet hydraulique. Une protection rationnelle des populations et l'efficacité logistique de l'Occitanie sont sacrifiées sur l'autel des cloisonnements administratifs. IV. Le besoin d'ingénierie d'État La juxtaposition de ces compromis aboutit à une infrastructure de cinq milliards d'euros qui ne répond pas à tous les défis du siècle. L'abandon de tout espoir de fret massifié pour les entreprises du territoire et l'amputation de la connectivité transversale deviendront des faits structurants. L'État doit reprendre son rôle de planificateur stratégique et briser les logiques qui paralysent l'action publique. Valider le dossier en l'état figerait l'Aude et l'Hérault dans un simple rôle de couloir de transit. Le territoire mérite mieux qu'une gare sur échasses et des trains de marchandises impossibles à traiter. Le succès de la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan nécessite davantage de hauteur de vue. Laurent Fabas pour le Clairon de l’Atax le 21/05/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Communiqué de presse : le 1er mai 2026 à Narbonne | Le Clairon

    Communiqué de presse : le 1er mai 2026 à Narbonne Après le succès historique de l'édition 2025 pour faire barrage à l’extrême droite, le Collectif 1er mai de Narbonne donne un nouveau rendez-vous ce 1er Mai 2026. Au programme, après la manifestation syndicale le matin, des concerts, des conférences et un grand village des luttes associatives et politiques de 12h à 19h au Palais des Sports, des Arts et du Travail et dans les jardins de la Bourse du Travail. Images du Collectif 1er mai Il y a un an, la menace se tenait à nos portes. Le Rassemblement National avait annoncé sa volonté de faire de Narbonne le théâtre de sa démonstration de force, espérant transformer notre ville en une nouvelle vitrine de son idéologie. Nous avons refusé cette fatalité. Sans attendre, habitantes, habitants, syndicats, associations et artistes ont uni leurs forces. Ce sursaut a pris la forme d’un événement inédit. Près de 8000 personnes se sont retrouvées, entre la remarquable manifestation syndicale du matin et le foisonnant village des luttes de l’après-midi. Nous avons opposé à leur meeting national fermé la ferveur d’une place publique ouverte, solidaire et joyeuse. Aujourd'hui, nous constatons avec une profonde satisfaction que le Rassemblement National a échoué à s'ancrer ici. Pourtant, un simple regard sur la carte de notre région interdit tout repos. À Béziers et Perpignan s'ajoutent désormais Carcassonne, Castres, Agde... L’extrême droite tisse sa toile, encerclant notre territoire. Cette géographie politique rappelle une évidence : la bataille culturelle contre les idées de rejet et de haine ne fait que commencer. Si notre 1er Mai 2025 fut une riposte, une réaction d'urgence face à une agression symbolique, notre 1er Mai 2026 sera une affirmation. Nous passons de la résistance à la construction. Pour faire face à une extrême droite qui prospère sur le repli identitaire et le cloisonnement des peuples, le Collectif a choisi de placer cette journée sous le signe de l’Internationalisme. Fidèles à nos pratiques autogérées, nous ne recevons de consignes de personne. Nos décisions naissent de nos assemblées. Le 1er mai prochain, nous retournerons au Palais du Travail. Nous commencerons notre journée dans la rue, aux côtés des syndicats, pour défendre nos conquis sociaux. Puis, le Palais du Travail et ses jardins redeviendra ce carrefour vivant où s'entremêlent débats politiques de fond, cantines solidaires et scènes musicales effervescentes. Le Programme de l'après-midi (12h 19h) : · Un Village des luttes : près de 30 stands réunissant les forces militantes locales, nationales et internationales. · Cantines Solidaires & Buvette locale : espaces de restauration proposant des repas solidaires et des produits locaux. · 6 Tables Rondes et Débats (14h - 19h) : des intervenants venus du monde entier (Syrie, Soudan, Chili, Kurdistan...) pour aborder : L'Internationalisme par le bas, Les actions féministes et de solidarité internationale (Iran, Rojava, Amérique latine...), L'Immigration, Guerre et impérialisme, Le colonialisme à la française, et la Solidarité internationale. · 2 Scènes Musicales (13h - 19h) : Massilia Reggae Club, Laurent Cavalier, Mc du Midi, Le Chiffon rouge, Happy lazy, Pitch Up, Lobo El & Otchei, Rap ABP et Camille en Bal. Nous invitons toutes celles et tous ceux qui refusent l'isolement, qu'ils vivent à Narbonne ou dans les villes voisines aujourd'hui gouvernées par l'extrême droite, à nous rejoindre. Face à leur monde de murs et de peurs, nous continuerons de bâtir le nôtre : un monde de ponts, de solidarité, et de joie tenace. Le collectif 1er mai Clairon.jfif Clairon.jfif 1/1 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Santé publique : est-elle en régression ? | Le Clairon

    Santé publique : est-elle en régression ? Tout le monde n'est pas égal en matière d'espérance de vie Amorcée au milieu du 18ème siècle, la santé publique, la santé publique s’améliore de façon continue au cours du 19ème siècle avec l‘apparition des premières institutions d’ « hygiène publique » qui datent de la Révolution et se développent tout au long du siècle. Portées par un puissant mouvement hygiéniste ces institutions ne sont pas sans arrière-pensées : l’accès à l’eau potable, la création d’égouts, la lutte contre l’habitat insalubre (cf. Rapport Villermé 1840), mélangent attentions philanthropiques et souci de disposer d’une main d’œuvre efficace et rentable dans une France en plein essor industriel. Des statistiques sur la mortalité accompagnent le développement, dès 1850 d’une législation centrée sur l’habitat insalubre. Entre 1810 et 1900 l’espérance de vie, marqueur de l’amélioration de la santé publique, passe de 37 à 45 ans, malgré les guerres et les bouleversements sociaux, notamment en raison de la baisse de la mortalité infantile et juvénile. Depuis lors, l’espérance de vie ne cesse de progresser et on a l’habitude d’associer cette amélioration au développement de la société industrielle, puis post industrielle, liées au développement des connaissances scientifiques dont la médecine… Cette représentation d’un progrès de l’espérance de vie, corollaire du progrès économique et social, semble actuellement nuancée par une étude de l’INSEE publiée le 15 décembre dernier. Tout le monde n’est pas égal en matière d’espérance de vie L’étude de l’Insee montre que l’espérance de vie varie selon les catégories sociales et le sexe et que l’écart se creuse entre les 5% ayant le niveau de vie le plus élevé, soit > à 6 247 / mois et les 5% ayant le niveau de vie le plus faible soit < 497 / mois. En huit ans, l’écart a augmenté de 8,3 ans à 8,7 ans pour les femmes et de 12,7 à 13 ans pour les hommes. Traduits en espérance de vie, ces chiffres indiquent qu’en moyenne les femmes qui naissent en 2025 ont statistiquement une espérance de vie de 80,1 ans pour les plus pauvres et de 88,7 ans pour les plus riches, tandis que pour les hommes elle est de 85 ans pour les plus riches et de 72 ans pour les plus pauvres… A titre de comparaison aux Etats Unis, considérés comme un pays avancé et souvent cité en exemple en matière de développement, l’espérance de vie moyenne est en 2025 de 80,9 ans pour les femmes et de 75,9 ans pour les hommes. Les statistiques établies reposent sur un autre découpage de la population. Elles sont réalisées sur la base de quintiles qui représentent 20% de la population. Ce classement de la population par niveaux sociaux économiques, fait ressortir des écarts pouvant aller jusqu’à 15 ans entre les 20 % les plus défavorisés et les 20 % les plus aisés. Ainsi l’espérance de vie US est inférieure à celle de beaucoup de pays européens, dont la France. Cet écart s’explique par : - La différence entre les systèmes de santé français et US. Le système français est universel et couvre 100% de la population, il est financé par des cotisations sociales obligatoires et des impôts. Il est censé garantir un accès égal aux soins pour tous. Le système US repose essentiellement sur des assurances privées, complétées par des programmes publics comme Medicare et Medicaid qui ciblent une part limitée de la population. Mais l’accès aux soins reste inégal : 8 à 10 % de la population n’est pas assuré. - Des modes de vie sensiblement différents entre la France et les Etats-Unis, mais qui tendent à se rapprocher. Les Françaises et les Français consomment moins de « Junk food » (appelée « malbouffe » en Français ). Il s’agit d’aliments industriels et ultra transformés, riches en sucre et en graisse saturée. Ces pratiques alimentaires qui touchent particulièrement aux Etats-Unis les classent moyennes et pauvres, impacte leur espérance de vie. A cela s’ajoute la consommation des opioïdes stimulée par des conditions de vie plus frénétiques. Mais en France l’écart se creuse aussi en intégrant aux 5 % les plus pauvres la partie la moins aisée des couches moyennes, en cours de déclassement économique et social. Ainsi pour les 25% de la population dont le niveau de vie se situe entre les 497 € / mois mais qui reste inférieur à 1350 € par mois [[chiffre qui se situe légèrement au-dessus du seuil actuel de pauvreté et qui définit la catégorie des 30% des français les plus modestes ]], l’espérance de vie baisse aussi de 0,51 année pour les femmes et de 0,53 année chez les hommes pour la période considérée, soit une espérance de vie diminuée d’un peu plus de 6 mois… Ces résultats battent en brèche un certain nombre d’idées reçues : théoriquement l’espérance de vie est censée augmenter moins vite à mesure que le niveau de vie augmente ; or ce qui est mesuré c’est qu’au contraire l’écart se creuse en faveur des plus riches. D’autre part les Français ont été bercés depuis plus de 3/4 de siècle par la croyance en un progrès continu de l’espérance de vie : la tendance semble s’inverser actuellement. Où trouver les causes de la dégradation de l’espérance de vie On a voulu tout d’abord attribuer l’augmentation des écarts entre espérance de vie des plus riches et des plus pauvres à un « effet Covid ». Les catégories sociales les plus pauvres n’auraient pas eu les mêmes possibilités de se confiner que les plus riches et de plus ces catégories « pauvres » auraient du fait de leur travail fait partie des « personnes en première ligne », donc plus exposées à la contagion… Mais l’explication ne tient pas puisque les inégalités d’espérance de vie ne cessent de croitre après la pandémie. Par ailleurs, il est scientifiquement prouvé que le niveau de vie a une incidence directe sur l’espérance de vie. Lorsque le niveau de vie se dégrade, l’espérance de vie suit, ce qui a pour corollaire qu’à l’augmentation des inégalités financières correspond celle de l’augmentation des inégalités d’espérance de vie. Ce constat renvoie aux choix politiques effectués depuis plus d’une vingtaine d’années. Ils se traduisent par un démontage continu de l’Etat providence, au nom d’un ″réalisme″ justifiant des choix politiques néolibéraux. Ces choix, qui tendent à se délester d’un social trop couteux, en réduisant les charges contributives des entreprises, au prétexte qu’elles pèseraient excessivement sur leur compétitivité, ont rendu notre système de santé moins efficace et contribué ainsi à l’augmentation de la morbidité de la population française. Alors que l’accès aux soins devenait de plus en plus difficile, du fait de l’attrition continue du système de santé qui se conjuguait avec une baisse des -salaires réels- des catégories sociales les moins favorisés, une partie significative de la population s’est trouvée en situation de renoncer ou d’être privée de son droit à la santé, donc à la vie. La bataille est rude, les gouvernements de droite qui se succèdent tentent de maintenir leur projet néolibéral. Pourtant le démontage de l’Etat providence, n’a pas eu jusqu’à présent d’effet positif sur le redémarrage de l’économie française. Selon nos gouvernants, ce démontage ne serait pas allé assez loin…Faut-il le poursuivre au prix d’une augmentation de la morbidité, voire de la mortalité, chez tous ces « gens qui ne sont rien » ? Le modèle américain qui fascine tant nos gouvernants ″macronoïdes″ devrait nous en dissuader. Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 20/11/2025 1/0 comments debug Commentaires (1) Noté 3 étoiles sur 5. 3.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Vincent Witz 30 nov. 2025 Noté 3 étoiles sur 5. Superbe J'aime Répondre

  • Pour la seconde année une marche des fiertés est organisée à Narbonne | Le Clairon

    Pour la seconde année une marche des fiertés est organisée à Narbonne Cela s’appelle ″Marche des Fiertés″, mais ça ne se limite pas à cela. Il s’agit d’une fête pour se rencontrer, mais aussi pour se faire connaître et défendre ses droits. Batucada (photo HR) Un peu d’histoire L’idée est ancienne : elle serait née après une rafle particulièrement violente de la police dans un bar gay de New York en 1969. Cette époque n’est pas révolue : la tentation de se construire dans le rejet de l’autre perdure encore aujourd’hui. Mais à l’époque, 1968 était passé par là et le « vieil ordre des choses » avait été bousculé un peu partout dans le monde. Alors, en réaction à ces violences policières, des émeutes se sont produites à Greenwich Village et se sont généralisées en une révolte spontanée de la communauté LGBTQIA+ (*). A partir de cette révolte, des mouvements de défense s’organisèrent, entrant ainsi dans le champ du politique, grâce notamment à l’engagement militant de certaines des personnes raflées. Un an plus tard, ces mouvements ont lancé à New York, Los Angelès et Chicago des marches commémoratives de cette rafle. Les « Pride Parades » et les « Marches des Fiertés » y trouvent leur origine. 10 ans plus tard la première marche était organisée en France. Une journée festive mais aussi démonstrative et de revendication Le collectif « Fiertés Narbonne » avait bien fait les choses. Il y avait tout d’abord le village associatif et ses stands sur le parvis du Théâtre-Scène nationale de Narbonne. Diverses associations et ONG y avaient installé leurs stands, mais on y trouvait aussi de quoi manger et boire, des ateliers créatifs (Maquillage, décoration de chars, création de pancartes, etc.) ainsi que des artisans locaux. Au sous-sol du Théâtre-Cinéma, dans les nouvelles installations, une projection de courts métrages était proposée au public Tandis qu’une foule de plus en plus nombreuse s’assemblait en joyeuses retrouvailles sur le parvis, circulant entre les stands et les activités, ou s’installant sur les gradins pour discuter ou simplement écouter la sono des GJ, une dernière touche était apportée aux chars et aux tenues… Comme annoncé, à 12h30, avec une ponctualité à rendre jalouse la SNCF, le signal de rassemblement du cortège a été donné par une batucada, tandis que les chars se mettaient place. Et c’est dans un joyeux charivari que la marche des fiertés, scandée par la batucada et les sonos des DJ, perchés sur les chars, a fait le tour du cœur de Narbonne, propageant une ambiance de fête et de gaité sous un soleil ardent. Mais cette fête et la marche qui l’a prolongée ne peuvent se réduire à un moment superficiel. Les pancartes et les slogans qui accompagnaient le défilé en témoignent : les objectifs étaient multiples. - Il s’agissait d’abord d’exister, de se reconnaitre ensemble, nombreux, dans un espace-temps de célébration et de solidarité et d’affirmer que l’identité de genre ou l’orientation sexuelle ne sont pas des sujets de honte - Il s’agissait ensuite de mener une action politique : à la fois en luttant contre toutes les formes de discrimination (lois, usages coutumes, violence.) et en faisant avancer les droits des personnes LGBTQIA+ ; mais aussi en informant le grand public des enjeux et réalités qui les concernent. Car il reste encore beaucoup à faire, tant en termes de droits qu’en termes de reconnaissance sociale, à une époque où l’extrême droite semble se rapprocher du pouvoir. La journée s’est prolongée par une soirée festive à la Bergerie de Complazens à Armissan. Cette deuxième « Marche des Fiertés » a été incontestablement un succès, s’il faut en croire l’accueil fait par le public à ce défilé bigarré et souriant. Il semble aussi que les participants à ce rassemblement LGBTQIA+ ont été plus nombreux qu’en 2025. En dehors du plaisir de se retrouver ensemble, l’opération de communication a été incontestablement réussie. Certains politiciens locaux en recherche d’audience ne s’y sont pas trompé, en se faisant voir dans le défilé et en le faisant savoir… Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 31/05/2026 (*) LGBTQIA+ = Lesbienne, Gay, Bisexuel·le, Transgenre, Queer, Intersexe, Asexuel·le, + (Inclut toutes les autres identités de genre et orientations sexuelles non représentées explicitement ) Char défilé et concert sur le parvis du théâtre (photo HR) Concert Pride 3 26.jpg Char défilé et concert sur le parvis du théâtre (photo HR) 1/2 comments debug Commentaires (1) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents BURGER Catherine 30 juin Noté 5 étoiles sur 5. On est fier (e) que cette marche des fiertés ait pu se dérouler à Narbonne comme dans beaucoup d'autres villes ; on ne pourra jamais revenir en arrière malgré les grincheux, les opposants. RV en 2027 !!! J'aime Répondre

  • Corbières : Ne choisissons pas le désert | Le Clairon

    Corbières : Ne choisissons pas le désert Le département de l’Aude vient de lancer un appel d’offres pour la maîtrise d’œuvre de l’immense chantier que constitue le traitement des zones brûlées l’incendie des Corbières en août 2025. Il s’agit de la collecte des bois brûles, de leur exploitation, du réaménagement et de la sécurisation des secteurs impactés. Cette opération a été cadrée par un arrêté préfectoral du 9 mars 2026 la déclarant « d’intérêt général et d’urgence » (DIGU). Mais est-ce la bonne méthode qui a été choisie ? Corbières calcinées (IPhoto LF) Huit mois après le brasier, l'odeur âcre de la sève brûlée a fini par quitter les vallées des Corbières. Le vent de Cers a balayé les cendres. Les pouvoirs publics ont spectaculairement accouru au chevet des vignerons sinistrés et ont arrosé les souches calcinées de chèques de secours pour maintenir l'économie locale sous perfusion. La crise structurelle est toujours là. La vigne recule. Les broussailles préparent déjà silencieusement le combustible des futurs enfers estivaux. Loin des grands domaines agricoles, notre massif se caractérise par ses petites unités foncières. Une multitude de parcelles minuscules témoignent du temps où nos ancêtres ont conquis les garrigues à la recherche de subsistance. Ils n’avaient alors que leur dos pour porter les pierres et dessiner notre paysage pour les siècles à venir. Ce foncier rocailleux et pentu ne présente aucune valeur marchande. Leurs héritiers ont souvent quitté les Corbières ou n’ont parfois jamais su où se trouve leur héritage. Pourtant ces lopins de terre incarnent pour beaucoup l'attachement aux racines familiales. Ces petits propriétaires contemplent leurs pins noircis avec angoisse. Ils ignorent totalement comment financer un nettoyage hors de prix. Une bataille feutrée se joue aujourd'hui autour de ces lopins de terre. Le Conseil Départemental a dégainé un outil d’exception, une ″Déclaration d'Intérêt Général d’Urgence″ . Cette procédure autorise l'administration à pénétrer sur une propriété privée sans aucun accord préalable pour y abattre les arbres morts et vendre la biomasse pour financer ses politiques publiques dans un contexte de budget exsangue. Pourtant, certains propriétaires forestiers avaient ébauché une autre option, une ″Association Syndicale Libre de gestion Forestière″. Cette structure vise à rassembler les détenteurs de ces confettis fonciers. Elle permettrait de mutualiser les chantiers forestiers et de conserver le contrôle des coupes et de leurs revenus. Les Corbières ressemblent désormais à un immense gâteau calciné prêt à la découpe. Après le festin, pendant un certain temps, le massif sera sécurisé car un désert ne brûle pas. Puis il sera recolonisé par les pins d’Alep et le cycle recommencera. La Confédération Paysanne plaide pour un autre avenir. Le syndicat agricole supplie les autorités de broyer le bois sur place pour nourrir des sols méditerranéens gravement menacés par l'érosion et dont l'épuisement rend illusoire toute valorisation agricole après la vigne. Car il existe une alternative au désert, la reconquête agricole. Celle-ci nécessite de briser le verrou du morcellement. La coopérative agricole d’intérêt collectif Graines Équitables propose une méthode en s’appuyant sur d’importantes subventions d'État. Cette structure ambitionne d'effacer les friches carbonisées ou carbonisables pour y semer des céréales en gérant collectivement la terre. Les fausses bonnes solutions : lorsque l’illusion comptable cache l’erreur économique et environnementale Le Conseil Départemental affronte une équation budgétaire redoutable. Sécuriser les immenses étendues carbonisées exige des millions introuvables. En réponse, l'administration a conçu une stratégie ingénieuse pour agir tout en allégeant la pression sur les finances publiques. La Déclaration d'Intérêt Général d’Urgence permet d'aller vite. Aucune enquête publique n’est requise, les propriétaires apprennent le projet quand la décision est déjà arrêtée par le préfet. La collectivité rase les versants pour vendre la biomasse et rembourser le coût des travaux. La filière du bois énergie récupère logiquement une matière première abondante et utile. La manœuvre allie une brillante efficacité comptable et une protection immédiate contre les futurs brasiers. Il convient néanmoins de questionner la pensée écologique, au sens scientifique du terme, qui sous-tend cette politique. Le sol dénudé sera la proie de l’érosion alors que la matière organique péniblement produite en quelques décennies sera exportée et ne contribuera donc pas à l’amélioration du potentiel agronomique des Corbières. Le Département choisit la désertification, il choisit d’accompagner le déclin et bientôt l’exode. Le montage en lui-même est juridiquement très fragile. Le Département s’est donc fendu d’une lettre invitant les propriétaires que ce nettoyage gratuit ne satisferaient pas, à prendre leurs dispositions. L'Association Syndicale Libre de Gestion Forestière des Corbières propose un autre modèle de répartition de la richesse. Certains propriétaires fonciers préfèrent encaisser le fruit de la coupe plutôt que de renflouer les caisses du Département. Tel est le cas de communes qui réalisent soudainement la valeur insoupçonnée de leurs propres parcelles ravagées. La loi impose des devoirs stricts d'entretien et de régénération aux détenteurs fonciers, le choc des incendies et parfois la lettre du département a fait prendre conscience à certains de leurs obligations. Ces milliers de citoyens sont incités à trouver des moyens financiers pour assumer une telle charge. Certains héritiers éloignés saisiront fatalement l'opportunité pour empocher un chèque rapide et continueront à se désintéresser de leurs collines. L'appât du gain immédiat déclenche néanmoins un mouvement de collectivisation inespéré et salvateur. Ce rassemblement foncier est de nature à sortir enfin ces minuscules lopins de leur abandon historique. L'outil de gestion collective pourrait ensuite dessiner un véritable avenir sylvicole pour les Corbières. Le projet peut être rejoint et quitté librement. Son horizon est le gain qui trouvent ses sociétaires. Une fois les coupes faites, ce gain s’évanouira pour quelques décennies jusqu’à ce que les forêts régénérées soient en âge d’être exploitées. Le préfet dispose d’un outil pour pérenniser le modèle de gestion collectif. Une Association Syndicale peut être Autorisée. Elle est alors un Établissement Public. Quitte à forcer la main des propriétaires récalcitrants, autant les fédérer obligatoirement pour bâtir une gestion forestière ambitieuse sur le temps long. La politique de gestion des forêts brûlées des Corbières semble ne pas, encore, être allée au bout de sa logique. Une alternative agricole émerge face au seul horizon forestier. La coopérative d'intérêt collectif Graines Équitables déploie un projet très ambitieux baptisé Fantas'Scic. Cette structure rassemble des agriculteurs désireux de reconquérir les espaces abandonnés. Le morcellement foncier constitue l'ennemi principal de toute remise en culture. Les porteurs de cette initiative bénéficient de confortables subventions étatiques issues du plan France 2030 pour structurer des filières locales. Ils ambitionnent d'effacer les buissons inflammables pour y semer du blé ou élever des brebis. La démarche séduit logiquement les petits propriétaires soucieux de redonner une vocation nourricière à leurs terres. Face à cette effervescence, la Confédération Paysanne alerte. Elle défend une idée simple. Les semences germent mal sur un rocher lessivé. La fertilité doit être restaurée et cela exige de conserver la biomasse au sol. Les militants paysans supplient les autorités de broyer les arbres calcinés sur place pour recréer une couche d'humus vitale. Le mur financier brise malheureusement ce noble élan écologique. Un chantier de broyage sans aucune exportation de matière coûte entre 1 500 et 3 000 euros par hectare. La Confédération Paysanne pose un diagnostic difficile à ignorer mais bute sur l’absence de volonté des décideurs publics d’y consacrer des budgets. Une donne climatique inattendue vient pourtant de bouleverser toutes les stratégies établies. Les violentes tempêtes de janvier 2026 ont couché des millions de troncs à travers le pays. Le marché national de la plaquette forestière subit actuellement un effondrement spectaculaire. Le cours du bois énergie s’effondre. Transporter les pins calcinés des Corbières vers de lointaines centrales industrielles a perdu en rentabilité. La conjoncture offre ainsi une opportunité de réconcilier la comptabilité départementale et l'agronomie paysanne. Les décideurs locaux doivent impérativement conserver ce bois dévalorisé sur notre territoire. L'enveloppe budgétaire dédiée à la transition agricole possède la capacité de racheter cette biomasse à très bas prix directement auprès des bûcherons. Cette manne végétale broyée descendra de quelques kilomètres pour amender les terres de la plaine ou les nouvelles parcelles de la coopérative. Une véritable boucle vertueuse s'offre aux élus audois. Les exploitants forestiers couvriront leurs frais de chantier grâce à un rachat garanti. Les agriculteurs en pleine reconversion trouveront un amendement naturel indispensable pour régénérer leurs terres épuisées. Le bois mort de la colline viendra simplement ressusciter la fertilité de nos Corbières. Les décideurs publics font désormais face à un choix crucial. La chute brutale des cours du bois n’est pas une simple péripétie économique, elle est un levier stratégique inattendu. Il est possible d’inventer un autre débouché local et vertueux qui renfloue les caisses du département en mobilisant les aides. La gestion purement extractive laquelle condamne les versants à l'épuisement. Les responsables politiques peuvent bâtir une réelle solidarité entre les hauteurs dévastées et les plaines agricoles. Ignorer la possibilité de réorienter les budgets de transition vers la préservation de la terre constituerait une erreur irrémédiable. La persévérance dans les habitudes administratives ou la rigueur comptable ne doit pas parachever l'œuvre du feu. L'avenir des Corbières repose sur la reconstruction de la fertilité de ses sols. Cette bataille n’est pas, encore, perdue. La survie du massif dépend désormais de la volonté des acteurs locaux à protéger l'épaisseur de cet humus vital. Laurent Fabas pour le Clairon de l’Atax le 19/04/2026 Clairon.jfif Clairon.jfif 1/1 comments debug Commentaires (1) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Burger 25 avr. Noté 5 étoiles sur 5. Excellente analyse prospective pour ce territoire dévasté il y a presque une année. Puissiez-vous vous être entendu par les politiques qui ne brillent guère d'inventivité et de sens du bien public J'aime Répondre

  • Narbonne, projet de barrage sur le rec de Veyret : une nouvelle contribution de Rubresus | Le Clairon

    Narbonne, projet de barrage sur le rec de Veyret : une nouvelle contribution de Rubresus Le projet de construction d’un grand barrage pour protéger l’ouest de Narbonne contre les inondations, a connu plusieurs versions et de nombreuses péripéties. Sa dernière version a rencontré une forte opposition dans la société civile, tant chez les habitants de la commune de Montredon, impactée par le barrage, que par diverses associations de défense de l’environnement. Ces associations mais aussi des particuliers, dotées de capacités d’expertises, lui reprochent à la fois son coût, son caractère inapproprié et son impact sur des éléments patrimoniaux exceptionnels. Pour tenter de dépasser cette situation, le maître d’ouvrage SMDA a fait appel à l’arbitrage de la CNDP (Commission Nationale du Débat Public) réputée impartiale et efficace, tout en déployant sa propre communication. Nous publions ici les réactions de l’association RUBRESUS La rédaction du Clairon Pour information, copie ci-joint d'un nouveau dossier de contribution à la concertation préalable sur le projet SMDA-SMMAR-BRL. Monsieur le président du SMDA, Monsieur le directeur du SMDA, Madame la garante CNDP, La communication véhiculée par le SMDA en appui de l'opération de concertation préalable impliquant la CNDP soulève un certain nombre de questions notamment à propos de la brochure diffusée via le site et distribuée à Narbonne, du document en ligne de présentation de la concertation ainsi que du webinaire du 3 juin (replay sur site). L'objet du présent courrier concerne la mise en avant de l'épisode pluvieux qui s'est déroulé du 17 au 19 janvier 2026 sur le département de l'Aude par le SMDA avec un amalgame entre crue du rec de Veyret et inondation par débordement. L'analyse des éléments de communication du SMDA à ce sujet amène les questions posées dans la note suivante dont nous vous remercions de l'intégrer aux contributions de la concertation préalable. Nous vous remercions, Monsieur le président, Monsieur le directeur, Madame la garante, d'apporter les réponses précises et de procéder aux rectifications des documents qui s'imposent afin de rétablir l'exactitude, la justesse et la sincérité des informations fournies au public pour la concertation préalable. Bien sincèrement André BORIES RUBESUS Pour lire le dossier cliquer ici 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Narbonne : communiqué de presse du Collectif 1er mai | Le Clairon

    Narbonne : communiqué de presse du Collectif 1er mai Appel citoyen à sauver le 1er Mai Narbonne, le 29 avril 2026 La municipalité multiplie les obstacles pour empêcher la tenue de notre rassemblement populaire et pacifique au Palais du Travail. Refus brutal du vin à la buvette, interdiction d'installation de coffrets électriques, injonction d'embaucher une sécurité privée onéreuse. En nous piégeant financièrement à 10 jours de l'échéance, le Maire de Narbonne ne gère pas l'ordre public, il organise l'asphyxie d'un événement gratuit et bénévole. Une censure politique par le sabotage logistique L'an dernier, notre mobilisation a réuni 8 000 personnes dans un climat irréprochable, À cette occasion, les services municipaux avaient eux-mêmes acté la qualité exemplaire du rendu des lieux le soir de l'évènement. Née en riposte au meeting du Rassemblement National à Narbonne, cette fête est devenue un rendez-vous citoyen de conférences et de débats. Incapable d'interdire légalement un rassemblement aussi responsable, et alors même qu'aucun risque de confrontation n'existe cette année, la mairie a choisi d'appliquer un dogme autoritaire pour ruiner l'événement. En nous signifiant le refus de notre buvette à peine dix jours avant l'événement, le Maire nous empêche de nous adapter alors que tous nos frais sont engagés. Le Maire nous interdit de changer de modèle économique. Le 24 avril, il a d'ailleurs justifié ce choix par écrit, assumant de refuser des moyens municipaux à ce qu'il nomme nos « organisations idéologiques ». Si le Maire considère que refuser la banalisation de l'extrême droite est une "idéologie", alors nous la revendiquons. Mais cette formule méprisante vise avant tout à jeter le discrédit sur un rassemblement porté par des associations de solidarité, des acteurs de l'action sociale, des acteurs culturels et des organisations syndicales représentatives. Ces structures accomplissent un travail quotidien d'utilité publique indispensable auprès des Narbonnaises et des Narbonnais. S'attaquer à ce collectif, c'est s'attaquer au tissu associatif qui fait vivre la solidarité dans notre ville. Ruiner un événement sur un simple délit d'opinion affaiblit notre démocratie. Si nous choisissons le silence aucune structure narbonnaise agissant pour l'accès aux droits ou la culture n'est plus à l'abri de coupes de subventions ou de refus de salles. Là même où se dresse le monument en hommage à Léon Blum, le Maire tente d'épuiser les opposants à l'extrême-droite en appliquant des méthodes de harcèlement administratif. Cette dérive locale illustre une tendance nationale alarmante de criminalisation et d'invisibilisation des luttes sociales. L'aveuglement dogmatique face à la crise viticole La violence idéologique de la municipalité atteint son paroxysme avec l'interdiction de notre débit de boissons. Proscrire la vente de vin lors d'une fête populaire dans le berceau français de la vigne et du vin est une première. En pleine crise viticole, le maire, successeur de Ferroul, sacrifie le soutien vital à notre économie locale sur l'autel de sa doctrine sécuritaire. Le mépris affiché pour notre identité et pour la convivialité méridionale est total. Un bouclier face aux mesquineries et aux représailles Cette conception propriétaire de l'espace public menace l'ensemble de la vie démocratique locale. La mairie porte une doctrine redoutable dans laquelle les moyens municipaux seraient réservés aux seules initiatives du pouvoir en place ou aux structures obéissantes. La preuve en est que le Grand Narbonne organise ce même week-end la Foire de Printemps pour 18 000 visiteurs avec de multiples débits d'alcool. Nous offrons pourtant à la ville une animation gratuite d'intérêt public. Notre collectif est large et pluriel. Les logos sur les affiches marquent simplement la participation à l'évènement. Si certains membres assument pleinement une dénonciation ferme des actes du Maire, les associations d'action sociale et culturelle engagées dans le 1er Mai, le font dans un esprit de stricte neutralité, de dialogue et d'apaisement. Elles n'ont pas à être prises en otage de ce bras de fer, ni à en subir les conséquences. En refusant de plier, notre collectif se dresse comme un bouclier pour protéger toutes les associations narbonnaises menacées par cette stérilisation dogmatique de la vie publique. Nous étudierons tous les recours possibles, afin de faire valoir la liberté de l'expression collective des idées et des opinions, liberté fondamentale reconnue par le Conseil constitutionnel. La solidarité financière et l'État de droit contre l'arbitraire L'étranglement économique ne nous empêchera pas de tenir la rue. Le 1er mai aura lieu et nous le financerons par la force de la solidarité. Nous lançons une grande cagnotte en ligne pour compenser notre perte de ressources délibérément provoquée par la mairie et nos frais de justice. Nous appelons toutes les citoyennes et tous les citoyens à nous rejoindre massivement ce vendredi au Palais du Travail pour une riposte festive, unitaire et implacable. Pour nous soutenir, et nous permettre d'honorer l'ensemble de nos frais, dont la majorité sont déjà engagés, des cagnottes seront accessibles à toutes celles et ceux qui souhaitent participer à cet évènement. Il sera également possible de consommer des boissons non alcoolisées à prix "soutien". le lien de la cagnotte : https://www.onparticipe.fr/c/1erMai2026 Contact : collectif1ermai@proton.me 06 73 74 69 94 Clairon.jfif Clairon.jfif 1/1 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Cuisiner un : GÂTEAU AU FROMAGE BLANC D’ALSACE | Le Clairon

    Cuisiner un : GÂTEAU AU FROMAGE BLANC D’ALSACE C'est facile à faire, c'est délicieux à goûter et c'est léger à digérer même accompagné d'un petit muscat... Bref une recette sympa proposée par Catherine. Il ne manque que l'alsacienne avec coiffe (photo CB) Temps de préparation : 15 mn + temps de cuisson : 50 mn = total : 1h05 mn Ingrédients : Pour la pâte brisée : 125gr beurre ; 250 gr farine ; 1 œuf ; 1 pincée de sel ; eau ou lait (25 cl) Pour l’appareil : 800 gr de fromage blanc entier et non battu (pas de fromage blanc allégé) 150 gr de sucre semoule ; 4 œufs ; 1 citron non traité ; 40 gr de fécule de maïs Préparation : Mélanger le sucre et le zeste du citron au moins 1 heure avant et préchauffer le four à 180° chaleur tournante Séparer es blancs des jaunes d’œufs et monter les blancs en neige ferme Mélanger e fromage blanc, avec les jaunes d’œufs, le sucre et le zeste de citron et la fécule Incorporer doucement les blancs d’œufs Garnir un moule à charnière de 26 cm déposer la pâte brisée. Piquer le fond de tarte et verser la garniture puis enfourner 50 mn (surveiller la cuisson). A la sortie du four, laisser refroidir complètement, Mettre au réfrigérateur avant dégustation On peut accompagner ce gâteau d’un coulis de fruits rouges Bon appétit ! 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Menaces sur l’électricité solaire ? | Le Clairon

    Menaces sur l’électricité solaire ? 70 % de la production d'électricité solaire dépend de matériel chinois. Le contexte géopolitique actuel semble avoir ouvert les yeux des gouvernants européens sur les limites de l'ouverture des marchés. Celle-ci nous expose à bien des dangers : il faut réagir... Ferme solaire au couchant (Image par haniaipics de Pixabay) Les onduleurs ont un rôle central dans la production d’électricité solaire. Ils permettent de transformer le courant continu produit par les panneaux solaires, en courant alternatif utilisable pour les usages domestiques ou raccordable au réseau électrique général De plus ils stabilisent et optimisent la production et peuvent aider au contrôle du bon fonctionnement des installations. Mais voici que dans le contexte géopolitique actuel, les onduleurs sont considérés par les scientifiques et les politiques comme des points faibles des installations photovoltaïques, cibles potentielles de sabotages ou de piratage, pouvant perturber voire bloquer une partie du système de transport d’électricité à l’image du ″black-out″ espagnol d’avril 2025. Un problème de cybersécurité Diverses recherches ont mis en évidence la fragilité du fonctionnement des onduleurs qui peuvent être perturbés que les onduleurs pouvaient être l’objet d’attaques directes per exposition de leurs capteurs à des champs électriques, magnétiques, ou acoustiques ou de cyberattaques lorsque ces convertisseurs sont connectés à internet. (Des attaques massives par des hackers ont déjà eu lieu privant d’électricité des centaines de milliers de foyer d’électricité (cf. : Hacker ″amical″ hollandais en août 2024, Hacker ″hostile″ russe en décembre 2025 ). Dans un marché en expansion continue, la production solaire d’électricité a plus que doublé dans l’Union européenne. Elle est passée de 145 TWh en 2020 à 369 TWh en 2025 , soit une hausse de 224 TWh , ce qui correspond à une augmentation d’environ 154% , Par ailleurs le prix des installations a baissé de 95 % en 20 ans. Ces performances sont dues en grande partie à l’inondation massive du marché européens par du matériel chinois. Ainsi 70% des onduleurs installés ont été fabriqués par les entreprises chinoises Huawei ou Sungrow. Or les capteurs bon marché des onduleurs chinois, qui servent à réguler la tension et l’intensité de l’électricité produite, s’avèrent peu résistants aux interférences. De plus, des dispositifs euphémiquement qualifiés de ″non documentés″, comme du matériel radio, ont été retrouvés dans des onduleurs de panneaux photovoltaïques par des organismes d’expertise. Par de tels moyens le matériel lié à la production photovoltaïque pourrait être manipulé à distance malgré les systèmes pare feu et provoquer ainsi des arrêts en masse et déstabiliser les réseaux, voire selon certains experts les détruire. Les réactions de l’Union européenne Devant ces menaces de perturbation, voire de destruction, la Commission européenne a réagi en 2 temps : - Dès la fin 2024, une directive NIS2 (Network and Information Security 2) recommande d’augmenter les mesures de sécurité et de cybersécurité dans les installations du secteur de l’énergie - En avril 2026 la Commission européenne a décidé de ne plus financer les onduleurs solaires fabriqués en Chine et désormais considérés comme « à haut risque » Si l’Union européenne a pris conscience, dans le cotexte géopolitique actuel de la nécessité de diminuer sa dépendance à des fournisseurs "hors UE" et d’opérer un retour à une indépendance en matière d’énergies renouvelables, cette transition ne sera pas sans conséquences et sacrifices. Actuellement les alternatives européennes sont entre 20% et 40% plus chères que les matériels chinois. Selon certains experts, ce gap de prix affecterait de 20% le coût des futurs projets d’électricité solaires et impacter la rentabilioté de cette source d’énergie. Pour le Clairon de l’Atax Curly Mac Toole le 20/06/2025 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Au cinéma : HAMNET | Le Clairon

    Au cinéma : HAMNET Prix du Meilleur film dramatique et la Meilleure actrice dans un drame aux Golden Globes 2026. Forêt magique (Image par Gaby Stein de Pixabay) U.K. – U.S.A. – 2h05 – 2025 Un film de Chloé Zhao avec Paul Mescal, Jessie, Buckley, Emily Watson. Un sous-bois en été, lovée dans un creux d'arbre, une silhouette toute de rouge vêtue, c'est Agnès qui tombera amoureuse d'un jeune professeur de latin. Ils vont se marier et auront trois enfants, une fille et des jumeaux (un garçon et une fille). Mais rien n'est simple, Will contre vents et marées et surtout contre son père veut écrire. Il partira tenter sa chance à Londres. Agnès restera seule aves les enfants et assumera seule le quotidien. Mais un drame se produit et le couple déjà éloigné physiquement se déchirera. Toutefois la douleur sera à l'origine d'un grand chef d'œuvre. Un film impressionnant tant par la prestation des acteurs que par le choix des paysages, des décors, des costumes. C'est un film sur l'amour et la mort qui sont parfois tellement liés dans les drames. On es t subjugué, on est emporté du début à la fin. C'est puissant, c'est fort, c'est éblouissant. Il y a des trouvailles dans ce film qui nous sortent des reconstitutions historiques. Nous sommes avec Agnès et ses enfants, nous sommes sur le théâtre avec les spectateurs, nous sommes dans et en-dehors du film. Comment revivre à la mort d'un enfant ? comment survivre au deuil ? comment ne pas en vouloir à la terre entière ? comment regarder l'avenir encore comme un avenir ? C'est tout cela que raconte Chloé Zhao avec finesse et humanité. Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 06/02/2026 1/0 comments debug Commentaires Noté 0 étoile sur 5. Pas encore de note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Partagez vos idées Soyez le premier à rédiger un commentaire.

  • Narbonne, inventer les filières de demain | Le Clairon

    Narbonne, inventer les filières de demain Quel avenir économique pour Narbonne ? Narbonne le centre (image Pixabay) Le temps est aux municipales, à Narbonne comme ailleurs. Dans le brouillard grisâtre des promesses convenues qui émanent des diverses candidatures partisanes, il nous semble que les propositions de Laurent Fabas, candidat de la liste « Nous sommes Narbonne, démocratique et populaire », tranchent par la qualité du diagnostic posé sur l’économie narbonnaise, le sérieux et la fiabilité des propositions argumentées faites aux Narbonnais. La rédaction du Clairon Narbonne est une énigme pour qui se contente de regarder les cartes postales ou les rapports de l'INSEE. D’un côté, notre attractivité ne se dément pas. De nouveaux habitants arrivent chaque année, le soleil attire les capitaux, et nos infrastructures de transport nous placent théoriquement au centre de gravité du Sud de la France. De l’autre, la réalité sociale grince. Le taux de pauvreté stagne autour de 20%. Le centre-ville lutte pour sa survie commerciale. La jeunesse diplômée s’exile faute de perspectives. L’attractivité n’est pas un projet politique, il s’agit d’un flux. Narbonne ne sait pas la canaliser. Son économie est une passoire. La valeur ajoutée est captée par des réseaux de rente locaux puis immédiatement évacuée vers l'extérieur. L’économie de la passoire L’économie narbonnaise repose sur un socle de transferts sociaux et de revenus de subsistance qui masque l’absence d’appareil productif propre. La prolifération des services de proximité, des enseignes de restauration rapide et des commerces de confort ne constitue pas un développement, mais une simple redistribution circulaire de richesses exogènes. Les pensions de retraite, les dépenses des touristes, les prestations sociales et les salaires de la fonction publique forment l’essentiel du carburant local. Cet argent circule brièvement entre le résident et le boutiquier avant de quitter définitivement le territoire pour rejoindre les centrales d’achat des grands distributeurs, les sièges sociaux des franchises nationales, ou le compte en banque lointain d’un propriétaire. Dans ce schéma, il y a des gagnants. Les banques, les études notariales et les conseils juridiques ont opéré une mutation stratégique vers la gestion de la rente foncière suite à l’affaiblissement du moteur viticole. Le sol agricole est transformé en actif immobilier. Le Plan Local d'Urbanisme ne sert plus ici une vision de la cité, mais fait office de mécanisme de création de valeur artificielle. L'acte administratif qui rend une parcelle constructible génère une plus-value immédiate, captée par un cercle restreint de promoteurs et d'intermédiaires, avocats et agents immobiliers. Si ces profils sont surreprésentés dans le paysage politique local, c’est parce que cette alliance entre la décision publique et les professions libérales du foncier constitue le véritable projet politique du territoire. L’étalement urbain, présenté comme une réponse à l’attractivité, représente en réalité une subvention déguisée à l'économie de la rente. La collectivité engage ses finances dans l'entretien futur de réseaux et d'équipements pour des lotissements qui ne produiront jamais aucune richesse autre que celle, unique, de leur transaction initiale. Ce modèle de développement par la pierre fige les capitaux locaux dans des actifs improductifs au lieu de les orienter vers la création d’emplois. Les prix de l’immobilier augmentent, les salaires stagnent. Les inégalités explosent. Les jeunes générations sont étouffées. Le secteur touristique illustre parfaitement cette industrie de l’extraction. Les volumes de fréquentation sont impressionnants, alors que le multiplicateur économique local demeure dérisoire. Narbonne offre son cadre de vie et assume la charge des externalités négatives comme l’usure des réseaux, la congestion de la circulation, la gestion des déchets ou les services de sécurité. La valeur ajoutée réelle s’échappe vers des plateformes de réservation américaines et des groupes hôteliers financiarisés. La ville s'appauvrit en réalité à mesure qu’elle reçoit, faute d’outils capables de sédimenter la marge sur son propre sol. Cette dépossession économique se double d'une érosion préoccupante de la compétence technique au sein même de nos institutions. Narbonne est devenue une ville-coquille qui a progressivement délégué sa capacité de penser et de concevoir. Le recours systématique à l’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage pour chaque étude stratégique, chaque grand projet urbain ou chaque réflexion sur les flux, signe un abandon de souveraineté locale. L’Agglomération ou la ville achète à prix d’or une intelligence standardisée auprès de cabinets de conseil lointains qui dupliquent des solutions hors-sols. Cette perte d’ingénierie interne empêche la constitution d’une mémoire administrative et d’une vision technique autonome. Elle place la puissance publique en position de faiblesse structurelle face aux grands concessionnaires de services urbains. Faute de cadres capables de contester les modèles économiques imposés par les géants de l’eau, des déchets ou de l’énergie, la collectivité subit des contrats qui assèchent ses marges de manœuvre. Parallèlement, le territoire exporte ses propres diplômés, faute de structures de haute technicité capables de les absorber. Ce déficit commercial de l’intelligence est sans doute la fuite la plus grave pour l’avenir de la cité. Le constat d'une ville qui se vide de sa substance sous un vernis de croissance démographique impose une remise en question totale de nos outils de gestion. Narbonne ne peut plus se permettre d'être l'hôte passif de flux qui l'appauvrissent. La sortie de l'économie de la passoire exige de briser le cercle de la rente immobilière et de reprendre en main les leviers de l'ingénierie et du droit. Construire une économie circulaire locale Vouloir conserver la valeur sur un territoire n’a rien d’un concept novateur. Il nécessite la création de nouveaux organes économiques, capables d'occuper les espaces délaissés par un marché local prisonnier de ses habitudes. Le premier outil de la collectivité est la commande publique. Il faut commencer par la penser différemment. Elle ne doit plus être une simple dépense de fonctionnement, mais un acte d'investissement dans notre propre souveraineté. Le droit de la commande publique regorge d’outils inexploités pour devenir un levier de structuration industrielle. La clause carbone est la plus connue, elle permet par exemple de sélectionner des entreprises de proximité. Mais il existe aussi des réglages plus subtils, comme le choix d’une taille de marché correspondant aux acteurs locaux. Ce genre de pratiques permet, pour commencer, de ne pas les exclure au profit de grands groupes nationaux. Il est également possible, sous conditions, de réserver certains marchés à des structures de l’économie sociale et solidaire. La Société Coopérative d’Intérêt Collectif représente à cet égard le véhicule juridique le plus abouti, car elle permet d’associer au capital la collectivité les producteurs les salariés et les usagers. Ces structures peuvent capter l'abondance des appels à projets et des financements de l’Europe, de l'État ou de la Région qu'une administration classique ne saurait saisir avec la même réactivité. L’ingénierie réside ici dans la rédaction des statuts qui doivent intégrer des principes de ″sourcing local″ et surtout l'acceptation préférentielle du Cers qui est notre monnaie locale. Ce verrouillage statutaire crée un automate du circuit court qui rend inutile toute intervention politique ultérieure pour garantir le localisme de l'action. Une fois la structure lancée, son objet social lui interdit de céder aux sirènes des fournisseurs lointains ou de la remontée de dividendes financiers. Tous les acteurs de l’économie sociale et solidaire n’agissent pas dans le champ concurrentiel. D’autres doivent être conçues comme des facilitateurs systémiques. Tel est le cas des Entreprises à But d'Emploi qui s’inscrivent dans le cadre de l'expérimentation « territoire zéro chômeur de longue durée » (TZCLD) dont 70 % des salaires sont financés par un programme de l’État. Elles peuvent occuper une fonction de service public industriel et commercial dont la rentabilité ne s’évalue pas à leur propre bilan comptable, mais aux bénéfices qu’elles génèrent pour le reste de l’écosystème territorial. Un tel acteur se positionne hors du champ concurrentiel pur, car il rend des services dont le coût de revient serait prohibitif pour une entreprise isolée, mais dont l’absence paralyse toute une filière. Qu’il s’agisse d’une plateforme logistique ou d’un centre de maintenance partagé, ces structures abaissent les barrières à l’entrée des entrepreneurs locaux. En assumant les investissements lourds que le secteur privé délaisse, la collectivité crée un environnement favorable où les structures du champ concurrentiel peuvent enfin prospérer et se développer sur le territoire. Le réarmement productif ne serait pas complet sans un instrument de protection de la liquidité locale. Le Cers, la monnaie locale complémentaire du Narbonnais, doit sortir de sa dimension militante pour devenir un pilier de notre stratégie de souveraineté. L’idée est simple, lorsqu’un agent économique détient un moyen de paiement, il va se fournir préférentiellement chez des agents qui l’acceptent pour s’épargner les frais de change au taux de : un Cers pour un Euro. Détenir des Cers pousse à consommer local, et cette inclination se transmet avec la monnaie. Le rôle de la collectivité dans une monnaie locale qui réussit, est de mettre ces Cers en circulation. Elle peut verser des primes à ses agents en monnaie locale sur la base du volontariat, ou mettre en place un programme de ″cashback″dans des commerces partenaires, en donnant des Cers pour chaque achat à la manière d’un bon de fidélité territorial. Les résidents, comme les touristes ont alors dans les poches un moyen de paiement qui n’est utilisable que sur le territoire. La collectivité peut aussi favoriser l’acceptation de la monnaie. Lorsque les associations subventionnées et les délégataires de service public acceptent la monnaie locale, un débouché naturel est créé, ancrant cet outil dans le paysage. Le délégataire qui gère l'eau ou les transports doit être contraint d'accepter notre monnaie locale, ce qui force la circulation de la richesse au sein de notre tissu économique. Chaque unité de Cers circule plus fréquemment et plus rapidement au sein du tissu narbonnais qu’un euro classique, ce qui augmente mécaniquement l’activité économique globale sans injection de capital supplémentaire. Cette étanchéité monétaire assure que l’effort consenti par la commande publique pour créer des filières locales ne profite pas à des intérêts financiers extérieurs. Maîtriser le foncier La maîtrise du sol constitue la condition première de toute politique de réarmement industriel et agricole. À Narbonne comme ailleurs, le foncier n’est pas une marchandise neutre mais la matière première de notre autonomie. Créer des outils productifs et des circuits monétaires étanches est inutile, si le Plan Local d’Urbanisme continue de privilégier la rente résidentielle au détriment de l’activité réelle. À Narbonne, le risque d’inondation et le choix de protéger nos espaces naturels ont formé une limite bien avant que la loi n’impose comme objectif la fin de l’artificialisation nette des sols. Jusqu’à présent la croissance narbonnaise s’est faite par la facilité de la consommation d’espaces naturels pour construire des lotissements dont le rendement fiscal est illusoire face aux coûts de gestion des réseaux et des services publics. Chaque hectare encore disponible doit être considéré comme un actif stratégique pour la souveraineté du territoire. Nous ne pouvons plus nous offrir le luxe de gaspiller nos dernières réserves foncières pour de la promotion immobilière de confort, alors que nous manquons de surfaces pour implanter nos ateliers. Le document d'urbanisme, qui doit être révisé doit acter le passage d'une gestion de flux résidentiels à une gestion de stocks productifs. La création des structures de l’économie sociale et solidaire nécessite une protection réglementaire absolue du foncier économique. Le marché, laissé à lui-même, poussera toujours vers l’usage le plus rentable à court terme. Si nous voulons que nos entreprises productives puissent s'installer, elles doivent avoir accès à un foncier dont le prix est déconnecté de la spéculation résidentielle. Cela peut se faire par des servitudes intégrées dans le règlement d’urbanisme, et en transférant la propriété foncière d’actifs stratégiques à des structures dont l’objet est de les protéger de la spéculation immobilière. La mise en œuvre d’un tel urbanisme de production se heurtera inévitablement aux réseaux d'influence qui prospèrent sur le modèle actuel. Le tout résidentiel est une impasse financière pour la collectivité. Les taxes perçues sur les nouveaux habitants ne couvrent jamais les investissements nécessaires en écoles en voiries et en équipements publics. À l’inverse l’implantation d’activités productives sur un foncier maîtrisé, génère une richesse réelle et des emplois stables qui consolident la base économique du territoire. La défense du foncier industriel est donc la véritable politique de défense du pouvoir d'achat des Narbonnais, car elle garantit la pérennité de notre modèle social local. L’urbanisme est la traduction spatiale d’une vision du monde. En laissant le marché dicter l’usage de notre sol, nous acceptons la disparition programmée de notre potentiel d’autonomie au profit d’une fonction de cité dortoir pour touristes et retraités. Notre territoire possède tous les atouts pour redevenir une place forte de la production et de l’échange à condition de cesser de consommer notre avenir pour simplement loger notre présent. Commencer par l’autonomie alimentaire Narbonne ne produit pas ce qu'elle mange. Notre territoire viticole excelle dans la vigne mais a délaissé le reste pendant longtemps. La vigne a reculé. Elle ne reviendra pas. Nous dépendons presque totalement des camions venus d'Espagne ou d'ailleurs pour nos produits frais. Cette dépendance constitue une faiblesse stratégique majeure. Elle nous expose aux fluctuations des prix et à la concurrence brutale du maraîchage intensif espagnol. Il ne s’agit pas de demander aux agriculteurs de se lancer dans le vide face à des marchés mondialisés. La solution est de créer un marché captif et sécurisé. La restauration collective est un puissant levier de commande. Écoles, crèches et foyers représentent un besoin annuel de centaines de tonnes de légumes. Cette demande existe. Elle dépend de la commande publique. La ville peut ainsi garantir aux maraîchers et aux bergers l'achat de leur production à un prix juste et contractuel qui leur permet de se projeter. Pour atteindre la taille critique nécessaire à la viabilité de ces outils de production, l'agglomération doit nouer des partenariats stratégiques avec d'autres institutions du territoire. En associant les besoins du centre hospitalier et ceux des lycées gérés par la Région, le volume de commande sécurise l'investissement. Ce facilitateur ne concurrence pas le monde agricole, mais il lui ouvre les portes d’un marché public, qui lui était jusqu’alors fermé par manque d'infrastructures de conditionnement. La terre agricole en friche et irrigable ne manque pas autour de Narbonne. Elle doit être libérée, pas pour les amis d’un adjoint, mais en direction de l‘utilité publique. La collectivité peut porter le foncier, moderniser les réseaux d’irrigation et déployer l’utilisation des eaux usées traitées. Au lieu de laisser cette ressource précieuse se perdre en mer, elle doit être redirigée par un réseau de canalisations vers nos plaines pour sécuriser l’irrigation du maraîchage et des cultures fourragères, indispensables à notre future filière laitière locale. C'est un projet de génie civil ambitieux, qui place Narbonne à l'avant-garde de l'adaptation climatique, en créant une boucle circulaire de l'eau entre la ville et sa ceinture nourricière. L'ingénierie hydraulique conditionne notre capacité à produire. Un maraicher produit des légumes bruts. Une cantine cuisine des légumes prêts à l'emploi. L’ambition d’une alimentation totalement locale pour les cantines narbonnaises, se heurte à l’absence d’outils de transformation primaire. Le chaînon manquant est ici physique et logistique. La création d’une structure dédiée à cette transformation constitue la réponse opérationnelle pour traiter les légumes, mais aussi pour relancer la filière de l’élevage. La production locale de yaourts et de produits laitiers transformés sur place, permettrait de recréer une économie pastorale dans notre arrière-pays. Ce projet dépasse le cadre du simple jardinage municipal. Il structure une filière économique complète. Il crée des emplois non délocalisables. Il rétablit une boucle vertueuse entre le producteur local et l'assiette de l'écolier. Et cette boucle est disponible pour se développer au-delà : pour répondre à la demande de ceux qui veulent utiliser leurs Cers pour s’alimenter localement. Au-delà de cet exemple alimentaire, la collectivité peut bâtir des filières dans tous les domaines techniques en utilisant ses leviers de commande et de foncier. La position de carrefour de Narbonne est pour cela un atout aujourd’hui sous-exploité qui doit devenir le moteur de notre réindustrialisation. Notre façade maritime et notre port en extension ne doivent plus être regardés comme des infrastructures étrangères ou de simples lieux de transit, mais comme le socle d'une nouvelle ambition productive. Nous pouvons transformer notre nœud logistique en un véritable atelier européen de maintenance et de transformation, pour enfin cesser de regarder passer les richesses sur nos autoroutes et nos rails sans jamais les capter. Laurent Fabas le 19/01/ 2026 1/0 comments debug Commentaires (1) Noté 5 étoiles sur 5. 5.0 | 1 note Ajouter une note* Rédigez un commentaire... Rédigez un commentaire... Trier par : Les plus récents Jonquay 25 janv. Noté 5 étoiles sur 5. Merci pour cette analyse économique de Narbonne, hyper réaliste et bien articulée. Si bien que les outils à utiliser pour que la population défende sa dignité existent déjà et sont limpides. Il reste à s'en saisir. J'invite la gauche narbonnaise à sortir de ses poncifs, de ses oukases et de son ostracisme. Un vrai programme commun communal et dès le premier tour, les égos après. J'aime Répondre

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